[FRENCH] A l’approche des fêtes de fin d’année, les éditeurs nous sortent beaucoup de livres sur l’histoire du genre. Parmi eux, Soleil a la bonne idée de publier en VF ce Stan Lee Présente L’Art de la BD (soit le « Stan Lee’s How to Draw Comics » paru chez Random House). Un bouquin didactique qui permet d’une part aux dessinateurs débutants de formaliser leur approche et aux « simples » lecteurs de mieux comprendre comment ça marche…

Stan Lee Présente L’Art de la BD [Soleil] Scénario de Stan Lee, Dave Campiti
Sorti en France le mercredi 24 novembre 2010

Ce n’est pas le premier bouquin que Stan Lee signe sur le fonctionnement d’un comic-book. Enfin, par « signer » il faut s’entendre sur la définition du terme car si une partie des textes sont effectivement racontés à la première personne et sont indéniablement la représentation du point de vue de ce pionner des comics, il faut aussi faire attention au terme « Stan Lee Présente » et gratter un peu dans les crédits pour voir que Dave Campiti a « participé » aux textes. Est-ce que pour autant je suis en train de vous dire que ce livre est inintéressant ? Non. Il est plutôt sympa même si, au début, il se cherche un peu. On passe de paragraphes qui nous racontent l’histoire des comics (par exemple les déboires avec le Comics Code) à d’autres passages qui cherchent plus à former les jeunes dessinateurs à la pratique du storytelling. Et il est certain que certaines pages qui nous apprennent que pour dessiner il faut des crayons, du papier et une table prêtent plutôt à sourire. Mais d’abord ce genre de pages raz du plancher reste rare dans l’ouvrage et par ailleurs, au moins, ce ton a l’avantage de rendre le texte accessible à la plupart des tranches d’âge. Et dès qu’on commence à parler de storytelling et de la gestion de l’espace, les auteurs énonçent des vérités qu’il est bon de rappeller à toute personnage qui croirait qu’il suffit de remplir des cases avec des super-costumes.

Ce qui risque d’en déstabiliser également plus d’un, c’est l’éventail des dessinateurs et des personnages choisis pour illustrer le propos. On trouve aussi bien des illustrations sortant des Thor ou des Fantastic Four de Kirby que des extraits du Green Lantern de Neal Adams ou encore de splendides couvertures récentes (Jim Lee, Frank Cho) de Red Sonja… En passant par des cases de Project Superpowers dont la pertinence en matière de storytelling me parait plus discutable. Il y a un petit côté « auberge espagnole » mais dans le même temps tout le monde y trouvera à boire et à manger et ce « mélange » permet de démontrer que certaine règles s’appliquent à tous les dessinateurs, même s’ils ont des styles très différents. Même si vous vous êtes déjà lancé à produire vos propres planches, cet ouvrage, à côté de quelques évidences, à l’avantage de mettre en forme le raisonnement du dessinateur et de l’accompagner même dans sa recherche de travail, en lui donnant des conseils de logiciel ou encore sur la présentation de son book. Dans l’hypothèse où, comme beaucoup, vous ne vous destiniez pas à devenir dessinateur, cet ouvrage permet cependant de visiter un peu les coulisses et reste une bonne idée de cadeau (29,90 euros pour un livre grand format, épais et en « hardcover » semble plus qu’honnête) à glisser dans la liste du Père Noël.

[Xavier Fournier]