Mariés depuis quelques mois Ben Grimm et Alicia n’ont pas encore pris le temps d’une vraie lune de miel. Mais ça tombe bien : la journée annuelle où Ben redevient humain se profile à l’horizon. Les deux tourtereaux s’organisent donc des vacances qu’ils espèrent idéales. Il n’y a qu’un problème mais il est gros, il est vert et il n’est pas content.

Fantastic Four #12Fantastic Four #12 (Marvel Comics)
Scénario de Dan Slott, Jeremy Whitley
Dessin de Sean Izaakse, Will Robson
Parution aux USA le mercredi 24 juillet 2019

Les duels entre la Chose et Hulk sont un cas de figure classique, survenu maintes fois depuis les années soixante. Pour convoquer à nouveau ce cas de figure, il faut donc se donner les moyens de faire augmenter les enjeux et Dan Slott s’en tire très bien, en donnant avant tout et surtout une large place aux sentiments qui unissent le couple Grimm et au comment/pourquoi ils gèrent la dualité physique de Ben. Mais il faut aussi installer, dans l’autre sens, une bonne raison pour que Hulk ne débarque pas au hasard et qu’il y ait, derrière les événements, une vraie motivation. Se pose alors non seulement la question de savoir si la Chose peut faire face à Hulk (généralement ça ne tourne pas à l’avantage de Ben), qui plus est cette fois avec un handicap supplémentaire. Pour ce qui est de la mise en place du combat, le boulot est fait, sans problème. Ben est isolé, avec ce qu’il a de plus cher, sans pouvoir compter sur ses petits camarades. Pour le dessin, c’est plus irrégulier, avec un Sean Izaakse qui, par exemple, oublie dans certaines cases le bracelet de Ben, qui a une certaine importance scénaristique. Et d’une manière générale il y a des pages « avec » et des pages « sans », le dessinateur étant plus ou moins inspiré selon les passages. Ce qui fait que l’ambiance ne donne pas l’impression d’être gérée.

« Welcome to… Paradise… Mr. and Mrs. Grimm. »

Si l’histoire principale de ce numéro est inégale, la back-up qui l’accompagne (sorte de « prologue » précédant le retour de la Future Foundation dans sa propre série) ne l’est… même pas. Jeremy Whitley fait des grandes manœuvres pour récupérer un autre membre de la famille Power dans l’équipe et – au moins sur ce plan-là – l’idée ne fonctionne pas trop mal. Cependant s’il s’agit de nous donner l’envie de lire Future Foundation, c’est un peu loupé car le ton général est bien trop caricatural. Au niveau du dessin, surtout, un Will Robson qu’on a connu bien plus inspiré sur d’autres titres semble avoir des problèmes pour représenter les enfants. La plupart des garçons de la fondation ressemble à des athlètes aux muscles hypertrophiés, un peu comme s’ils avaient été élèves de Musclor entretemps. Bentley ou les Moloïds avec des « tablettes de chocolat » sur le ventre, ça fait un peu bizarre et surtout cela force des expressions exagérées pendant toute cette petite histoire. Et comme c’est la même équipe créative annoncée pour le titre régulier à venir, on s’éloigne beaucoup de la fondation telle qu’un Hickman avait pu la mettre en place, en en faisant les jeunes génies de l’univers Marvel. Là, voici des gamins bodybuilders qui se font expliquer la « gravité ». Il y a comme une erreur dans le concept…

[Xavier Fournier]