[FRENCH] De jolies filles, de l’action, le film s’annonçait bien ! Mais malheureusement, la mise en scène de Zack Snyder (réalisateur de 300, Watchmen) gâche un peu le tout ! C’est bien dommage. Le potentiel était là. L’action du film est quelque peu intemporelle. Parfois, on l’a impression d’être dans les années 40 (avec par exemple le doute des médecins de pratiquer des lobotomies) et quelques fois dans un futur proche, quand on voit les armes ou les vaisseaux utilisés par les héroïnes !

 

Tout commence par un frame familiale qui verra la jeune Babydoll se faire interner de force. Dans cet asile pour femmes, seule la psychiatre, le Dr Gorski (Carla Gugino vu en Silk Spectre I dans Watchmen) semble vouloir aider la jeune fille à aller mieux. Pour sortir de cet enfer, Babydoll s’imagine un monde où tout se petit monde travaille dans un bordel, au temps de la prohibition. Elle se découvre quatre alliés : Blondie, Amber, Rocket et sa soeur Sweat Pea. Condamnées à danser pour plaire au patron et aux gros bonnets de la ville, les filles décident de s’évader. Pour se faire, elles partent à la recherche de cinq objets. Babydoll se découvre des talents de danseuse lorsque son esprit divague et qu’elle s’imagine vivre des aventures plein d’action avec ses copines. Mais réussiront-elle à s’enfuir avant l’arrivée du terrible et mystérieux High Roller ?

Sucker Punch, l’Inception pour ado ?

La cible du film est clairement les adolescents, qu’il soit féminin (pour le côté Girl Power) ou qu’il soit masculin (pour les tenues sexy des demoiselles). Le film est ponctué de musique, souvent rock’n roll/techno, et les scènes d’action s’enchaînent sans trop de temps mort. On a parfois l’impression de regarder un clip de Tattoo. Mais là où ça se complique, c’est le niveau de réalité de l’action. Certains découvriront le pot aux roses assez rapidement, mais on espèrerait quand même un petit retournement final plus bouleversant… Trois niveaux de réalité, c’est autant que dans Inception ! Cependant, Zack Snyder, qui signe ici son premier scénario original, ne s’est pas embêté à développer le passage entre ces réalités. Heureusement !

Une mise en scène qui manque de « punch »

Pour les fans de Snyder, ils ne seront pas dépaysés. Les autres lui reprocheront les défauts de réalistation de Watchmen. Quels sont-ils ? Des passages en « slow-motion » toutes les cinq minutes ! Les filles savent se battre, mais les combats durent des plombes ! Certes, j’ai l’habitude de reprocher aux films d’action récents (type La Vengeance dans la peau) de faire des combats trop brouillons, durant lesquels on ne distingue pas les personnages. Ici, on a au moins le temps d’apprécier chaque balle tirée, chaque coup de sabre… Et à la vue des nombreux protagonistes lors des combats, ça a parfois du bon.

Des stars en devenir

Les actrices vedettes de ce long-métrage n’ont pas (à ma connaissance) connu de grand rôle avant Sucker Punch. Emilie Browning joue parfaitement les filles naïves, façon poupée de porcelaine, mais elle sait aussi manier les armes et se déchaîner quand il le faut. La deuxième à se démarquer est Abbie Cornish, australienne d’origine, et qui a des faux-airs de Nicole Kidman. Elle se révèle la plus douée du groupe.

Dire que Sucker Punch est loupé, c’est faux. Snyder a de bonnes idées, mais le défaut, c’est qu’il les recycle trop souvent. Une fois passées les premières minutes, on a reconnu la patte du réalisateur. Et il n’y a plus vraiment de surprise. Quand on sait qu’il prépare une version director’s cut (avec 16 minutes supplémentaires), on se demande s’il ralentira encore plus certaines scènes ou s’il y aura vraiment des passages intéressants…

[Pierre Bisson]