logan001.jpg[FRENCH] Cela faisait longtemps que le projet était dans les cartons. Voilà que nous arrive enfin le « Logan » de Brian K. Vaughan et Eduardo Risso, qui a pour cadre le Japon. Contemporain, mais aussi celui des souvenirs de Wolvie, replongé pour l’occasion à l’époque de la Seconde Guerre Mondiale, où il fait la connaissance d’un G.I. un peu limité intellectuellement et d’une jeune femme locale, annonciatrice d’une veine que le griffu creusera longtemps.

Sortie américaine le 5 mars 2008 

L’éditeur – Axel Alonso – nous avait promis « un méchant, une gentille et une très grosse explosion ». Alors, ce premier numéro tient-il toutes ses promesses ? Oui, et trois fois oui ! En fait, c’est, à mon humble avis, ce qu’aurait du être « Wolverine : Origins ».

Ceux qui me lisent ici savent combien il m’arrive fréquemment de déplorer le manque de renouveau des comics actuels, qui semblent parfois voués à répéter le même schéma toutes les décennies (bien qu’on ne soit jamais à l’abri d’une bonne surprise de type Civil War…) Ce syndrome devenant carrément annuel sur Wolverine, étant donné que, comme le relevait Greg Rucka dans nos colonnes, il n’y a pas beaucoup plus de trois histoires-types applicables au griffu. Alors est-ce à dire que ce « Logan » réussirait à casser le moule ? Non, pas du tout ! Même si la conclusion (que je vous laisse naturellement découvrir dans les pages de la B.D.) laisse présager une certaine ampleur à cette histoire, il est fort possible que ce ne soit qu’une brique de plus à ce large mur qu’est la vie de Logan. Mais cette brique est trop bien ouvragée pour qu’on ne s’y arrête pas…

Le scénariste de « Y : The Last Man » n’a rien perdu de son talent de dialoguiste et son découpage décompressé sert magnifiquement le trait de Risso. Ce dernier, comme à l’accoutumée, possède le don de donner une vraie « gueule » à ses personnages. Et sa gestion des masses de noir confère une élégance immédiate à l’ensemble. Il faut également relever l’excellent travail du coloriste, Dean White, dont les choix harmonieux de teintes et de textures donnent une autre direction au travail de l’argentin. Alors que Risso a un trait qui peut très bien se passer de couleurs, ici le coloriste en rajoute, et travaille comme en peinture traditionnelle. Et, étonnamment, le mélange fonctionne très bien.

L’histoire fonctionne sur deux niveaux chronologiques, même si le flash-back occupe la majeure partie de ce premier numéro, donc on peut logiquement espérer des conséquences sur le personnage actuel. En tout cas, quitte à ce que ce ne soit pas le cas, l’ensemble reste très agréable à lire. Tous les fans du griffu, en particulier les déçus de Wolverine : Origins – dont je fais partie, devraient y trouver leur compte !

[Antoine Maurel]