Agents of S.H.I.E.L.D. S02E10[FRENCH] Les Agents of S.H.I.E.L.D. cherchent à sauver plusieurs des leurs. Une a été enlevée, peut-être pour rencontrer son père. L’autre est devenu une sorte de créature possédée. Autour du groupe les ennemis gravitent, s’approchent, referment l’étau. Mais il y a du changement dans l’air

« This is your destiny ! »

En 2013, lors du lancement de Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D., l’erreur commise par Marvel Television est de ne pas avoir compris ce qui passait du côté de Marvel Studios, quand bien même tout cela appartient au même univers « cinématique ». Dans les films Marvel, on parle régulièrement de nature. Pas le truc en vert avec des animaux mais bien la nature personnelle, qu’il faut apprendre à dompter ou bien à accepter (Hulk, Thor, Tony Stark…). Revenus cette saison avec de meilleures ambitions, les Agents of S.H.I.E.L.D. arrivent cette semaine à leur épisode de « mid-season » et la comparaison avec ce qui se passait l’an dernier est assez saisissante (en 2013, la mid-season s’était négociée sur un plan d’échange d’otages, sur fond d’explosions). Assurément, depuis quelques semaines, la série profite d’un casting élargi (encore que tous les persos ne sont pas forcément appelés à durer), ce qui fait que cela ressemble plus au S.H.I.E.L.D. (quand bien même un S.H.I.E.L.D. en fuite) qu’au Club des Cinq dans un avion. Mais surtout il y a ce virage qui est qu’au lieu de se demander qui elle est, Skye a essentiellement été rebootée en un nouveau personnage joué par la même actrice, qui se demande désormais ce qu’elle est. Et donc on y est, on parle bien de nature à définir. Certes l’épisode a quand même ces petits défauts. Skye elle-même fait remarquer à Ward que son enlèvement c’est du « déjà vu » (Et c’est vrai). Et il y a même une petite forme de régression du personnage à son profil de la saison 1. Mais globalement, l’ex-hackeuse geekette de service est passée à autre chose. D’abord en devenant l’un des tireurs du S.H.I.E.L.D. et puis là, manifestement… Au lieu de geindre sur qui elle est, « Skye » (on verra bien si l’on régresse à son autre nom, connu des fans de comics) va avoir tout le loisir d’explorer CE qu’elle est.

Agents of S.H.I.E.L.D. S02E10

« … I’m your father ! »

Cet épisode est chargé en adrénaline, avec un certain nombre d’affrontements plutôt nerveux. Fut un temps où ce genre d’exercice était limité à Melinda May ou à Ward. Avec l’arrivée récente de Barbara Morse les choses se sont un peu équilibrées mais on voit aussi l’agent Coulson assumer un rôle bien plus physique, « tremper la chemise »… Beaucoup d’action (sans qu’on soit dans Matrix, hein, attention…) mais un défaut déjà noté la saison dernière, quand il s’agissait de cacher la misère : une capacité à surdoser la musique d’ambiance qui est un peu problématique par moments (surtout dans la première partie), dans le sens où on entend à peine ce que les personnages se disent. Surtout que ces temps-ci c’est mieux sur les combats (qu’ils soient aériens ou plus physiques) et que ce soundtrack omniprésent n’a plus de raison d’être. On regrettera un peu que le père de Skye ne tienne pas ses promesses sur ce terrain-là. Même s’il tient tête et se révèle un adversaire redoutable, ses nombreuses allusions à son autre nature restent, à ce stade, sans changement. Kyle MacLachlan commence de manière assez laborieuse un assez long monologue (où l’on ne sait pas trop ce qui est volontaire laborieux ou pas) pour mieux retourner la vapeur et embrouiller les choses. Au final, il se tire très bien de sa prestation, même si, sur le plan scénaristique, j’achète assez peu qu’il ait « oublié » de se venger dans les épisodes précédents de l’homme qu’il voulait détruire et que là, d’un coup, il ne semble plus y avoir que cela qui compte.

Agents of S.H.I.E.L.D. S02E10

« There have been an awakening… » Enfin presque…

Il est difficile de parler de la fin (et de la scène d’épilogue) sans spoiler. On s’en tiendra donc aux grandes lignes. Marvel repositionne Agents of S.H.I.E.L.D. non plus comme un « à côté des films » ni même comme un terrain de retombées (comme cela l’était après Winter Soldier) mais comme une rampe de décollage pour une licence sur laquelle, on le sait, Marvel compte beaucoup dans les années à venir, même si je pense qu’une partie du grand public sera passé à côté de la référence (le web n’est pas fait pour les chiens, c’est certain, mais si vous ne lisez pas la série concernée, l’effet au visionnage n’est sans doute pas le même). La question levée est donc de savoir si, plus encore qu’avec l’introduction de Deathlok l’an dernier, Agents of S.H.I.E.L.D. n’est pas, de plus en plus, une série de super-héros qui ne dit pas son nom. On verra dans la seconde partie de saison si les pouvoirs aperçus ici sont appelés à revenir de manière régulière…

[Xavier Fournier]