Aujourd’hui marque le retour de Umbrella Academy sur Netflix. La série télévisée inspirée du comic-book de Gerad Way et Gabriel Bà avait créé la surprise l’année dernière, avec une première saison explosive. Le rythme ne ralentit pas dans cette seconde saison, tout en laissant le temps aux personnalités des héros de se développer. Prêt ? Bingez !

Apocalypse Now 2.0

La fratrie Hargreeves n’a pas réussi à stopper l’Apocalypse. Grâce à Numéro 5, ils ont pu s’échapper à temps, en glissant vers le passé. Mais voilà, le jeune (en apparence) héros, ne maîtrisant pas bien son pouvoir, a envoyé ses frères et soeurs dans les années 1960, à Dallas. Lui-même arrive en 1963, quelques jours après l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Le monde est à feu et à sang, une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie va détruire la planète. Diego, Klaus, Vanya, Luther, Allison et Numéro 5 pourront-ils se retrouver pour tente de sauver ce nouvel armageddon ?

Loosers au grand coeur ?

Cette seconde saison permet avant-tout d’explorer la famille éclatée et ce qu’elle devient quand chacun vit sa vie. L’année 1963 donne un côté rétro à l’ensemble. Mais les scénaristes abordent aussi des sujets de société qui résonnent encore aujourd’hui : la ségrégation des afro-américains, la liberté sexuelle et ses tabous, les sectes… Tout ça vient se mélanger à une ambiance aussi excentrique que dans la première saison. On passe un peu de temps à explorer la vie des Hargreeves séparés. Numéro 5 est à nouveau le moteur narratif. Son interprète Aida Gallagher s’en donne à coeur joie. Le personnage a tellement de facettes et l’acteur arrive à nous communiquer son énergie et son enthousiasme tout au long des dix épisodes. Les autres personnages/acteurs ne déméritent pas. On les sent plus à l’aise et les scènes de groupe sonnent juste à chaque fois. Ce bond dans le passé les forcent également à réévaluer leur affection pour leur père adoptif. Le connaissent-ils vraiment ?

Un univers impitoyable

Le deuxième tome de la BD s’appelle « Dallas ». On pourrait donc croire que la seconde suit cette trame narrative, mais pas que. Elle lui emprunte notamment son intrigue mêlant les Hargreeves à l’assassinat de JFK. Doivent-ils l’arrêter ou laisser le Président se faire tuer ? Cependant, la série TV ne s’attardent pas sur le présent. Tout est concentré sur l’année 1963 (avec quelques digressions temporelles de part et d’autre). De même, les personnages d’Hazel et Tcha-Tcha qui sont les principaux antagonistes de « Dallas » ont déjà été mis en valeur l’année dernière dans la saison 1. Ici, l’ennemi est à la fois plus intime et surprenant. On retrouve des visages familiers et on découvre des antagonistes plus « normaux », qui rappellent des événements actuels aux USA.

Delirium maximum

Ne vous y méprenez pas, la série est tout aussi déjantée que sa version papier. La scène d’introduction pose les bases d’un spectacle visuel délirant. Du début à la fin, on s’attend à tout, et souvent au plus déjanté ou au plus trash. Attendez de voir l’agent Carmichael et vous aurez compris dans quoi vous vous embarquez ! Bref, avec un casting en pleine forme, des effets spéciaux de folie et une intrigue qu’on ne pourra pas suivre à moitié endormi, il est temps de binger les dix épisodes de cette saison 2… en attendant la saison 3 déjà annoncée !

[Pierre Bisson]

Umbrella Academy – Saison 2, sur Netflix, à partir du 31 juillet 2020.

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