X-Factor #1 marque cette semaine non seulement le retour d’un nom d’équipe qui a un passé certain chez les mutants mais aussi un coup de projecteur bienvenu sur tout un casting de personnages qui sont, pour la plus grosse partie d’entre eux, de fortes têtes, des héros de caractère.

X-Factor #1X-Factor #1 (Marvel Comics)
Scénario de Leah Williams
Dessin de David Baldeon
Parution aux USA le mardi 29 juillet 2020

Aurora, la sœur de Northstar, est morte. Jean-Paul Beaubier l’a senti grâce au lien constant qui les unis. Pas un problème dans une nation mutante qui s’est doté d’un rituel de résurrection, il suffit de la ramener direz-vous ? Oui mais voilà dans les faits c’est moins facile à faire qu’à dire. Il y a à Krakoa une forme de lourdeur bureaucratique qui fait que Northstar est obligé de trouver de l’aide là où il le peut pour savoir ce qu’il est advenu de sa sœur. Si vous pensez que cela ressemble au début d’une quête sur le long cours, détrompez-vous. Il s’agit de réunir des personnages pour la plupart dysfonctionnels et leur donner une nouvelle fonction à Krakoa sans rien renier de leur caractère. Entre Northstar, Polaris, Daken et Prestige (accompagnés des plus tempérés Eye-Boy et Prodigy) on trouve le ton des uns et des autres et aussi une subtile remise en cause du déterminisme. Ce n’est pas parce que deux personnages ont la même orientation qu’ils l’expriment de la même manière où qu’ils sont immédiatement « copains ». Une équipe « policière » au pays où l’on ne meurt plus, cela peut paraître incohérent, contradictoire, mais en l’espace de quelques pages cela fait sens. Ces fortes têtes pas douées pour s’intégrer sont le meilleur choix pour chercher les failles du système.

« If you had to describe my personality, what would you say ? »

Si Northstar a fait quelques apparitions à l’occasion, il n’avait plus vraiment de « pied à terre » régulier depuis la fin de la série Astonishing X-Men de Marjorie Liu. C’était un vrai gâchis car c’est sans doute, avec Quicksilver et Namor, l’un des caractères les plus coriaces de l’univers Marvel. La logique vaut aussi pour une partie du casting. On sent que Leah Williams a « potassé » les dossiers. Elle prend des personnages avec leurs caractéristiques naturelles et les place devant une problématique nouvelle. Elle ne part de la problématique en faisant rentrer au chausse-pied des personnages sans savoir s’ils correspondent ou pas. Les personnages sont fidèles à eux-mêmes mais dans une situation où ils peuvent évoluer, réagir les uns aux autres. Le seul petit reproche qu’on puisse faire à la scénariste c’est que certaines de ses bulles, sur quelques pages, sont un peu verbeuse (mais c’est une tendance générale dans les titres X). David Baldeon est lui aussi un bon choix pour cette série. Il correspond à la fois aux scènes les plus super-héroïques, science-fictionnesques comme aux moments plus urbains. X-Factor, comme Marauders d’une autre façon, arrive a trouver sa place et on est curieux de voir où l’équipe créative va porter ces personnages… Bonne pioche pour l’instant…

[Xavier Fournier]