À l’occasion de la sortie en DVD de la seconde saison de Krypton, revenons sur une série ambitieuse sur la genèse de Superman. Bien avant les capes et les collants, il y avait toute une civilisation à l’origine de Superman. La série n’a pas su trouver son public, faute de moyen. Il faut peut-être lui redonner sa chance…

Krypton met en scene Seyg-El, le grand père de Kal-El, alias Superman. Durant la première saison, on avait appris à connaître le jeune homme, son entourage et ses problèmes. On découvrait aussi Adam Strange, le terrien venu du futur pour prévenir Seyg que sa descendance, le plus grand héros de l’univers, risquait de ne jamais exister.  Les deux compagnons devaient faire en sorte que Krypton ne connaisse pas un fin tragique… enfin pas trop tôt (car dans la mythologie de Superman, la planète explose). Et pour leur mettre des bâtons dans les roues, les scénaristes n’ont rien trouvé de mieux que les confronter au Général Zod, Doomsday et Brainiac. Le premier arrive à réaliser un coup d’état pour diriger la ville de Kandor et par extension Krypton. Le second n’est qu’une menace inanimée pour le moment. Quand au dernier, il Steve le enfin on vrai visage à la fin de cette première saison.

ON PREND LES MÊMES…

C’est donc tous ces personnages que l’on retrouve dans cette seconde saison. Seyg est prisonnier de la Zone Fantôme, cette dimension qui regroupe les pires criminels de la galaxie. S’il arrive à s’en sortir, il n’en est pas moins tiré d’affaire. Il se retrouve face à Brainiac, qui aimerait bien l’utiliser pour arriver à ses fins. Puis, il enchaîne avec Lobo, le chasseur de primes intergalactiques… Bref, le pauvre Seyg-El va devoir s’affirmer un peu s’il veut sauver son peuple. Le héros passe par plusieurs phases (et plusieurs looks) cette saison. Et Cameron Cuffe, son interprète, s’en sort bien mieux. Barbu au début de la saison, il finit par arborer le sigle « S » cher à Superman dans les dernier épisodes. Le reste du casting ne démérite pas. Avec une mention spécial pour Colin Salmon (transfuge de Arrow) dans le rôle du Général Zod.

LES COULOIRS DE LA MORT

Dès le départ, Krypton se lançait beaucoup de défis. Premièrement, la série est développée par David S. Goyer, le scénariste de la trilogie Dark Knight de Christopher Nolan mais aussi de Man Of Steel de Zack Synder. Depuis la sortie de ce film, on a envie d’en voir plus de la société kryptonienne dépeinte par Snyder. L’annonce d’une série TV sur les ancêtres de Superman, sur Kyrpton, donnait donc bien envie. Malheureusement, le budget de la série n’est pas celui du long-métrage. Exit les images de synthèses qui montraient des vues spectaculaires de la planète, des vaisseaux volants et autres architectures futuristes. Ici, les scènes se passent souvent dans les mêmes endroits. Dans cette seconde saison, c’est toujours le même ressort. Les rebelles (menés par Seyg-El et les siens) affrontent les troupes de Zod dans des tunnels, des couloirs, des salles sombres… qui se ressemblent tous ! Dommage car, même s’il est clairement établi que Man of Steel et Krypton ne s’inscrivent pas dans le même univers (notamment à cause des différences entre les deux version de Zod), certains partis pris graphiques et scénaristiques rappellent le film écrit par Goyer, comme les vaisseaux spatiaux qui ressemblent aux terraformeurs du film, la notion de Codex et de conception « in vitro ». 

« BAD BOYS, BAD BOYS… »

S’il y a bien une chose qui sauve cette seconde saison, c’est les trois vilains principaux qui se dévoilent à l’écran. Et les créateurs n’ont pas eu froid aux yeux en choisissant Zod, Doomsday et Brainiac : les trois plus grands ennemis de Superman. Visuellement, ils sont très bien retranscrits. Zod, par exemple, arbore des couleurs noir et rouge sur un uniforme rappelant la version moderne du personnage. Brainiac ressemble à la version de Geoff Johns et Gary Frank dans Action Comics de 2010. C’est-à-dire une version alien, à la peau verte, aux connexions dans le cerveau et contrôlant la technologie. Doomsday, bien qu’il n’apparaisse que dans quelques scènes au cours des derniers épisodes, marquera les esprits. Bien plus menaçant et fidèle à la version papier que dans Smallville ou même Batman v Superman (du même duo Snyder/Goyer), le monstre n’est pas balancé que pour du « fan service ». Un épisode lui est d’ailleurs consacré et on apprend ses origines. On sent qu’une grosse partie du budget est parti dans la création de Brainiac et Doomsday, au détriment du reste des décors et effets. Alors que plusieurs séries TV et films vont emprunter la technologie de  Jon Favreau et son Mandalorian pour créer des faux paysages en images de synthèse dans les futurs projets, Krypton en aurait bien eu besoin. La société extraterrestre n’en aurait été que plus vivante… au moins sur un point de vue visuel !

Si cette deuxième saison rehausse considérablement le niveau de la série, Krypton pâtit d’une écriture un peu redondante et d’un manque de budget certain. Les showrunners n’ont pas peur de surprendre et de passer un peu dans le « gore » (comprenez par là que le sang coule à flot), surtout quand Doomsday s’en mêle. On est même surpris de voir ça dans une série DC Comics. La série finit sur plusieurs cliffhangers, car la chaîne n’a annoncé l’arrêt du show (et l’annulation du spin-off sur Lobo) que quelques semaines après le lancement de la saison 2. Si la série était récupérée par HBO Max, on pourrait peut-être espérer que Krypton se hisse à un niveau à la hauteur de (ses trop grandes) ambitions. 

Krypton – L’intégrale de la saison 2 en DVD – Disponible depuis le 28 octobre – Warner Bros