Diana (Wonder Woman) se retrouve piégée à l’ère de Conan. Mais curieusement celui-ci se souvient d’elle. Il pense qu’elle est son amour de jeunesse. Pourchassés, l’amazone et le Cimmérien ne savent pas trop où ils en sont. Mais la disparition de Diana n’est pas passée inaperçue sur Themischyra, qui monte une expédition pour sauver la princesse. C’est peu de dire que les choses ne vont pas se passer comme prévu, laissant Conan dans une bien étrange situation.

Wonder Woman/Conan #5Wonder Woman/Conan #5 [DC Comics/Dark Horse]
Scénario de Gail Simone
Dessins d’Aaron Lopresti
Parution aux USA le mercredi 17 janvier 2018

Depuis cinq épisodes qu’ils évoluent ensemble, Wonder Woman et Conan ont eu le temps de se faire des ennemis. On a voulu les pousser à se battre l’un contre l’autre mais c’est peine perdue. Dans cet environnement Diana, en grande partie amnésique, ne peut compter que sur Conan. Inversement le colosse devient doux comme un agneau, convaincu d’avoir retrouvé son grand amour, celle qu’il croyait morte. Gail Simone écrit donc les deux personnages un peu « à mi-chemin », comme s’ils faisaient un pas l’un vers l’autre. Ce qui donne maintenant une complicité de plus en plus étroite, comme la scène du feu de camp où les cadeaux qui sont faits dans l’épisode. Mais Conan n’est pas fait comme pour rester comme un agneau et un conflit va finalement apparaître entre les deux amis. Dans le même temps, la scénariste élargit le champ de vision, en donnant un rôle plus actif au reste des Amazones. Et s’il est vrai qu’elles font basculer la situation, on ne peut pas dire que Wonder Woman soit ravie à l’idée de les revoir ou de rentrer. Ce qui nous laisse l’un(e) des deux protagonistes dans un état particulier, équipé comme jamais tout en se posant la question de l’après. Est-ce que l’on ira jusqu’à voir Conan poser le pied sur Themischyra. On en est à un point où la question pourrait se poser.

« I’m going to soil her, how does that sound? »

Aaron Lopresti fait un bon travail pour ménager les deux univers qui se confrontent. De longue date associé avec Wonder Woman, il est à l’aise avec les Amazones. Et si son Conan n’est pas celui de Frazetta ou de Buscema, il pose cependant bien le personnage. Avec Simone, ils s’amusent aussi des contrastes entre les deux visions (par exemple le moment où les guerrières aperçoivent une danseuse dans le « monde des hommes ». Ce n’est pas central au récit mais cela reste efficace. Après quatre premiers épisodes qui s’étalaient un peu trop sur Diana paumée et assistée par le barbare, il semblerait que ce cinquième numéro amorce un virage. Désormais c’est Conan qui est face au folklore de Wonder Woman, largement malgré lui. A partir de là, savoir comment cette histoire se résoudra ? Ça s’appelle le suspense et c’est la preuve que l’idée est bien servie par l’équipe créative.

[Xavier Fournier]