Avant-Première VO: Review The Unstoppable Wasp #1

Quelques mois après avoir débuté dans les rangs des Avengers, la nouvelle Wasp vole de ses propres ailes et plutôt deux fois qu’une puisque la voici qui démarre une toute nouvelle série mensuelle. Que vaut donc la mystérieuse Nadia en solo ?

The Unstoppable Wasp #1 [Marvel Comics]
Scénario de Jeremy Whitley
Dessins d’Elsa Charretier
Parution aux USA le mercredi 4 janvier 2017

Nadia découvre la vie à New York en compagnie de Ms. Marvel. Dès les premières pages le scénario s’efforce donc à jouer sur un effet de gamme, à établir une forme de connexion entre le succès de Kamala Khan et celui que Marvel espère pour sa nouvelle héroïne. En fait, ce premier épisode va voir débouler plusieurs aventurières histoire de bien insister sur les liens de la nouvelle Wasp avec l’univers étendu de Marvel. Et c’est de bonne guerre, d’autant que Jeremy Whitley et Elsa Charretier assemblent une atmosphère qui est loin d’être contradictoire avec celle de la série de Ms. Marvel. Tout au plus le petit truc qui cloche (et encore ce n’est pas si important, dans le contexte) c’est de placer ça dans le temps. Est-ce que cela survient quand les deux jeunes filles sont encore co-équipières chez les Avengers ou après Civil War II ? La logique voudrait que ce soit ce second cas, mais on en n’est pas certain. Le début de l’histoire établi assez vite que Wasp est ignorante de tout ce qui touche au monde extérieur. C’est à dire qu’elle ne vient pas seulement d’un autre pays que les USA mais qu’elle a passé ces 15 dernières années en totale captivité, ce qui fait qu’elle découvre des choses simples (comme un simple passage piéton) avec de grands yeux d’enfants. Plus que Ms. Marvel, finalement, Nadia a un peu l’innocence d’un Longshot au féminin. Mais là aussi, en marge, on peut tiquer un peu. Après les débuts récents de Silk, c’est la deuxième fois en peu de temps que l’éditeur publie les aventures d’une héroïne séquestrée pendant des années, en passant sur la chose de manière très légère. Même si on peut comprendre qu’il s’agit surtout d’expliquer pourquoi elle est restée des années sans prendre contact, le traumatisme ressenti après une telle expérience devrait être plus marqué. Et on peut aussi se demander ce que les geôliers de Nadia tentaient d’accomplir en la gardant sous clé pendant 15 ans, sans faire mine de s’en servir (autrement qu’en lui laissant lire des livres). Mais globalement l’optimisme du personnage l’emporte au forcing… Comparé à certains lancements récents de nouvelles super-héroïnes, Wasp s’en tire beaucoup mieux en termes de personnalité.

« I never had a family. I never met anyone new. »

Pour sa première série régulière chez Marvel, Elsa Charretier aussi s’en tire bien. Cependant elle n’est pas forcément aidée par les couleurs, un peu comme le monde était fait de teintes pastel, comme si tout était fait en « bonbon ». On aura compris, d’accord, que l’idée est d’aller chercher le lectorat féminin, mais les teintes sélectionnées absorbent une partie de la noirceur et donc de la force du trait. Il y a des scènes (en particulier les moments d’action) qui auraient profité de couleurs plus dures. Mais c’est globalement un bon démarrage, avec une définition du périmètre de la vie de Wasp et de ce qu’elle veut faire quand elle n’est pas avec les Avengers. A un moment, Whitley fait très explicitement parler ses personnages sur le fait que les gens les plus intelligents de l’univers Marvel sont, historiquement, des hommes (regardez les Illuminati). Ces derniers mois Marvel a fait un effort conscient pour rétablir la balance. Mais là où Riri Williams/Iron Heart et Moon Girl ont un côté forcé, trop caricatural, The Unstoppable Wasp arrive beaucoup plus naturellement (sans fermer la porte à des éléments de comédie, le passage chez la conseillère, par exemple…). Peut-être parce que, finalement, l’identité d’un de ses parents lui donne une forme de « légitimité ». Difficile de savoir à l’avance quel accueil commercial sera réservé à The Unstoppable Wasp. Mais pour ce qui est du contenu, il y a les bases, le potentiel et un capital sympathie certain. Il faut voir, à partir de là, quelle direction les auteurs vont donner à la série.

[Xavier Fournier]

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