Avant-Première VO: Review New Gods Special #1

New Gods Special #1

DC Comics capitalise sur le centenaire de Jack Kirby, en profitant pour ramener certaines de ses créations à partir d’un ensemble de numéros spéciaux. Premier de la liste, New Gods Special donne la part belle à Orion, le maître de l’Astro Force, avec un récit principal signé Shane Davis. Mais si la tonalité est la bonne, l’exercice trouve assez vite ses limites.

New Gods Special #1New Gods Special #1 [DC Comics]
Scénario de Shane Davis, Walt Simonson, Jack Kirby
Dessins de Shane Davis, Walt Simonson, Jack Kirby
Parution aux USA le mercredi 2 Août 2017

A l’occasion du centenaire de la naissance de Jack Kirby, DC s’est trouvé un petit logo à l’image du maître et surfe sur une certaine vague. Une manière de compter les points serait de dire qu’entre le Kamandi Challenge, Bug!, une série Mister Miracle qui débute la semaine prochaine et enfin cette suite de spéciaux DC fait « plus fort » que son principal concurrent. Mais ce serait oublier un peu vite deux choses. D’abord l’ordinaire des séries Marvel, de Thor à Black Panther en passant par les X-Men ou les Avengers doit tellement au King qu’il y a déjà quelque chose de Kirby (presque) partout dans l’arrivage de chaque semaine. Ca ne veut pas dire que Marvel ne fait que des choses bien et que DC fait de l’esbrouffe, mais les choses sont plus équilibrées qu’on pourrait le croire. Ensuite, il faut bien dire que tous les hommages ne se valent pas. Dans ce que DC aligne ces temps-ci, il y aussi bien de l’intéressant (on parlait ici récemment de Bug) que du très convenu, voir du dispensable. New Gods Special appartient à cette seconde catégorie, malgré un effort appuyé de Shane Davis, à la fois scénariste et dessinateur sur ce projet. Davis arrive en effet à retrouver le phrasé et la personnalité des « vrais » New Gods (et pas la version « modernisée » depuis 2011, qui semble passée à la trappe à la faveur de Rebirth et ce n’est pas plus mal). Mais il créé une histoire tellement intemporelle qu’on en arrive une situation qui ne permet pas de dégager quelque chose d’intéressant. En gros, à vue de nez (si l’on en juge par le fait que Forager semble en connaître si peu sur Orion), il s’agit d’un récit venant chronologiquement s’insérer avant New Gods #1 (Darkseid n’a pas encore rompu la trêve. Ce qui ne colle pas tout à fait car Forager n’est pas supposé être sorti du nid à cette période). Mais tout le but de l’aventure est de montrer qu’Orion, parce qu’il a été élevé sur New Genesis, vaut mieux que son frère Kalibak… Ce que l’on savait de longue date, merci. Davis n’y est pour rien (il n’est d’ailleurs pas aidé par une colorisation bien trop massive), c’est le cahier des charges du projet qui semble totalement flou. Puisqu’il faut honorer Kirby on en revient donc à ce qu’il a fait… mais du coup dans des conditions qui tournent à la redite. Et comme l’histoire se passe dans une sorte d’ellipse temporelle, on se doute bien qu’aucun coup de théâtre, aucune révélation ne risque d’en sortir. Là où les frères s’amusent comme des petits fous à relier différents points entre eux, New Gods Special reste donc très neutre et n’apportera pas grand-chose aux lecteurs qui connaissent déjà les Nouveaux Dieux. C’est un peu le même problème qu’avec le Kamandi Challenge qui, hormis équipe créative très en forme, se contente de refaire le périple de Kamandi en utilisant les mêmes éléments. Si vous connaissez déjà les New Gods, cette histoire ne va pas vous apporter grand-chose. Et si vous les découvrez juste, on serait tenté de vous dire que ce n’est pas par là qu’il faut commencer.

« I, Orion, will put an end to this demonic scheme. »

Walt Simonson, qui n’en est pas à sa première valse avec les personnages de Kirby, loin s’en faut, est passé maître dans l’exercice de la « vignette » qui comble les nombreux vides chronologiques laissés par Kirby. Pour le coup, lui aussi s’intéresse au passé d’Orion, en racontant ses jeunes années et une aventure commune avec Seagrin (personnage à peine mentionné dans les épisodes de Kirby). Pour le coup, le court récit peut donc avoir un intérêt pour ceux qui voulaient en savoir plus sur Seagrin. Deux back-ups produites par Kirby à l’époque, centrées sur le cavalier Lonar, viennent compléter ce one-shot. A 4,99$ pourtant, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Il y a deux moyens de juger cette initiative : y aller les yeux bandés, en décidant arbitrairement que puisque ce numéro honore la théorie de Kirby il est donc par conséquent totalement parfait (ce qui explique quelques délirants 9/10, 10/10 ou autres « 100% » qu’on peut voir apparaître comme notation cette semaine sur ce projet). Mais ce serait confondre un peu rapidement l’affection pour Kirby et ce qu’on retirer de ce projet. L’autre manière de faire, c’est de lire le numéro, qui n’est pas franchement mauvais, ne fait pas tellement de faute de goût mais sonne néanmoins comme quelque chose d’artificiel et de totalement dispensable. En tout cas rien qui vaille de dépenser 5$ pour l’ajouter dans sa collection. On ne serait que vous conseiller de garder l’argent soit pour Bug! soit pour les autres projets Kirby à venir (on espère beaucoup de Mister Miracle), en espérant qu’ils soient plus pêchus.

[Xavier Fournier]
Comments: 1

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  1. Merci pour ce compte-rendu très instructif. Cela fait plaisir de vous relire.

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