Avant-Première VO: Review IvX #4

Les X-Men ont neutralisé les Inhumans en piégeant leur famille royale et leurs conseillers dans les Limbes. Mais les mutants ont oublié un peu trop vite qu’il existe une nouvelle génération d’inhumains, dont les pouvoirs ne sont pas négligeables. Ms. Marvel, Mosaic et d’autres arrivent à la rescousse. Mais n’arrivent pas à balayer l’impression que tout cela fait un peu artificiel.

IvX #4 [Marvel Comics]
Scénario de Jeff Lemire & Charles Soule
Dessins de Javier Garron
Parution aux USA le 8 février 2017

Cette semaine « Inhumans vs. X-Men » nous propose des évènements en partie déjà révélés il y a sept jours dans le précédent numéro d’All-New X-Men puisque Mosaic y racontait par le menu ce qu’il venait de vivre avec Magneto. Dans IvX #4, on découvre ce qu’il en est : le « Deadman » des Inhumans tente sa chance en essayant de posséder le maitre du magnétisme avant de se rabattre sur le jeune Cyclops, avec des résultats déjà évoqué dans All-New X-Men donc. Ici, on s’étonnera surtout que les règles du jeu soient différentes selon qu’elles arrangent ou pas les auteurs. Mosaic (qui expliquait dans ANXM à Cyclops qu’il « rebootait » ses victimes pour une période pouvant aller jusqu’à une douzaine d’heures) ne semble pas du tout avoir le même effet sur Magneto. On pourra dire que c’est parce que ce cher « Erik » résiste mais quand même, visiblement tous les personnages ne sont pas logés à la même enseigne. Dans le même registre, on peut s’étonner que les mutants n’aient pas prévu l’intervention des jeunes Inhumains dans la mesure où ils les ont combattus dans Death of X, alors que Rogue fait équipe avec Synapse dans Uncanny Avengers ou encore que Cyclops est dans les Champions avec Ms. Marvel. Et c’est sans compter l’idée que les Inhumans sont un peuple, c’est à dire qu’en plus de la dizaine de « NuInhumans » qu’on nous montre, il y en a aussi plusieurs milliers dans la nature. Mis à part si l’on nous explique dans les épisodes à venir que tout ce petit monde est contaminé par la folie d’Emma Frost, cela ressemble un peu à un château construit sur du sable. Comme le cheminement des personnages (en particulier des mutants) n’est pas étayé, il devient difficile d’avoir de l’empathie pour un raisonnement que l’on peine à délimiter.

« Who are the good guys ? »

Les Inhumans sont un peu mieux traités, en particulier parce qu’il y a la mise en place d’un plan d’évasion de Medusa qui est mis en place. Mieux traités, d’accord, mais guère mieux quand même car si les sujets de Medusa découvrent pourquoi la population a soudainement plus la pression qu’auparavant, ce n’est quand même pas comme si le sujet n’avait pas été sur la table ces derniers mois, comme si les nuages n’avaient pas été mortels pour les mutants tandis que les Inhumans ne semblaient pas du tout s’en préoccuper, restant béats en pensant à leur seul bien être. Là, quand même, au bout de quatre épisodes, l’information percute et quelqu’un commence à se demander à voix haute où est le bien dans tout cela. Mais quand même, à l’image de Death of X, les choses progressent sans que les personnages fassent réellement mine de « penser. Que les héros Marvel se tapent dessus avant de discuter, cela fait partie du style maison depuis le Silver Age, c’est certain, mais la minisérie a fait l’impasse, pendant tout le début du récit, sur une option modérée et aussi sur la réaction des humains. Par exemple que pensent les Champions de la guéguerre qui oppose le peuple de Cyclops et celui de Ms. Marvel ? Et les Uncanny Avengers, supposé être l’Unity Squad ? On reste en pilote automatique et si, ici, quelques personnages font mine de s’éveiller, on est bien loin du comportement associé avec certains stratèges (Storm, par exemple, est l’ombre d’elle-même). Même dans la struture narrative, Lemire et Soule ne font guère d’effort pour secouer le cocotier (ceci dit il faut leur reconnaître de ne pas avoir sorti la carte « mort d’un personnage important » ces quatre premiers épisodes). Aux dessins Javier Garron ne fait pas un travail déshonorant mais lui aussi donne dans une narration basique, n’arrivant pas à réveiller par l’image ce qui dort au niveau du scénario. Forcément, maintenant qu’on va galoper vers la fin, des personnages vont se faire entendre. Mais IvX aurait gagné à être mieux construit depuis les premiers épisodes, il y avait le potentiel.

[Xavier Fournier]
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