Batman et ses alliés sont à nouveau assiégés, cette fois par l’entremise d’Azrael et de la « conscience » de l’ordre de St. Dumas. James Tynion continue en fait de décrire une non-équipe qui a le chic pour devenir son propre problème. La chose pourrait être frustrante si le scénariste n’arrivait pas périodiquement à réinventer les membres de cette « famille ». Avec du vieux, Tynion arrive à faire du neuf… et inversement. Mais c’est pour la bonne cause. Une nouvelle fois, une réinvention d’un personnage de la série est en cours.

Detective Comics #961 [DC Comics]
Scénario de James Tynion
Dessins de Alvaro Martinez
Parution aux USA le mercredi 26 juillet 2017

Le Detective Comics de Rebirth a redémarré l’an dernier comme une version de l’antique titre Batman Family qui ne disait pas son nom… En ce sens que le collectif de héros réunis était composé à base d’autres versions de Batman et de ses sidekicks (maintenant que j’y pense, il est bizarre que James Tynion ne soit pas allé puiser aussi dans les rangs du Club of Heroes). Avec « Intelligence », le scénariste prend un risque puisqu’il ouvre les portes à Zatanna. Certes c’est une amie de longue date de Batman mais le registre de ses pouvoirs la place, forcément, un peu en dehors de ce que certains fans du Batverse attendent. Pourtant, le travail nécessaire est fait pour amener la chose de manière naturelle, en greffant/soulignant le passé commun de Bruce et de la magicienne. Au passage il semble d’ailleurs que Tynion place aussi quelques pions en prévision du crossover Metal. Mais plus encore que Zatanna, le personnage le plus concerné par « Intelligence » est Azrael, à bien des égards un fanatique religieux, programmé pour exercer une justice très « Ancien Testament ». On se doutait que le clash serait inexorable, d’autant que la série se nourrit (très bien) de ces discordes internes (on l’a déjà vu avec la trahison du père de Batwoman ou le départ de Spoiler). En fait, on a droit à une menace qui se place quelques étages au-dessus de ce que l’on pouvait attendre, avec Ascalon, le « système mental » dirigeant Azrael, qui a infecté une bonne partie du Bat-équipement.

« Human aren’t meant to have finite answers to the mysteries of life. »

Le dessinateur Alvaro Martinez continue d’animer de manière plaisante les pages de la série, avec une utilisation des trames peut-être un peu moins dense ce que ce que Mike Deodato faisait récemment sur Thanos mais qui va, d’une manière générale, dans la même direction. Tout en sachant que Martinez conserve bien sûr son style, efficace aussi bien pour les scènes parlées que pour l’action. D’autant que certaines bulles de Tynion sont quand même assez épaisses. On est parfois plus du tout dans le dialogue mais dans le discours… Pourtant les forces des créateurs convergent et tout cela fonctionne, nous amenant vers une conclusion qui fera sourire les lecteurs des années 90, puisqu’il s’agit de ramener un élément, dans un contexte désormais totalement différent. Très « vivant » à lire et efficace.

[Xavier Fournier]