La série Savage Dragon fête son vingt-cinquième anniversaire chez Image Comics ! Pour l’occasion le scénariste/dessinateur Erik Larsen propose un numéro géant d’une centaine de pages, avec une histoire principale carrément explosive pour la famille Dragon mais aussi la réédition du prototype de Savage Dragon, paru pour le coup il y a 35 ans dans Graphic Fantasy #1. Un rendez-vous incontournable pour ceux qui aiment les séries imprévisibles.

Savage Dragon #225 [Image Comics]
Scénario d’Erik Larsen, Derek Hunter, Joe Keatinge
Dessins d’Erik Larsen, Derek Hunter, Ryan Alexander-Tanner, Nikos Koutsis, Raven Perez, Frank Fosco
Parution aux USA le mercredi 26 juillet 2017

Erik Larsen n’a pas sa langue dans sa poche. Il n’a pas jamais fait mystère de sa défiance envers les relaunchs et reboots des Big Two. De ce fait, il est particulièrement intéressant de le voir s’attaquer ici à une sorte de Crisis On Infinite Earths. Mais comme il l’explique lui-même dans le courrier des lecteurs du présent numéro, il ne s’agit pas d’effacer des choses mais bien de tout rendre valide, dans une série qui, suivant les époques, a alterné entre deux réalités différentes. TOUT compte dans ce numéro, rien ne se perd. C’est comme un House of M à l’envers : Mr. Glum a fusionné les deux Terres pour essayer de reconquérir Angel et les personnages se souviennent de tout, c’est à dire des deux versions des évènements. Ce qui n’est pas sans déclencher des interrogations, les protagonistes voyant parfois les choses sous un jour très différent. On appréciera par exemple l’épouse de Malcom Dragon qui, après avoir été adepte d’une sexualité débridée, reproche maintenant au jeune homme d’en avoir bien profité sans vraiment résister. Et c’est vrai. Aucune vérité n’est absolue, elle dépend toujours de l’angle selon laquelle on la regarde. Une dimension philosophique qui ne résume cependant pas l’intégralité du numéro. Car l’action est de la fête. On peut le dire puisque c’est évident dès la couverture, Savage Dragon #225 sonne le retour en force du père Dragon, premier héros de la série. Et à partir de là, ça part dans tous les sens. Bien souvent, sur une double page on est incapable de deviner ce qui se passe sur la suivante. Et on se prend, effectivement, à se demander ce que cela aurait donné si un Erik Larsen avait produit une Crisis en y rajoutant un Doomsday.

« Sput! »

Il y aura sans doute des fans surpris, d’autres carrément consternés par le sort de l’un ou de l’autre. Larsen aime ses personnages mais il ne les épargne pas. Ou tout au moins il est capable de leur donner une sorte de Happy Ending très différent de que l’on pourrait attendre (voir l’avant-dernière scène de cet épisode). Il joue avec un côté potache pour mieux nous donner une série ou tout est possible, tout a été possible ces 25 dernières années. Bien entendu, ce n’est pas la seule histoire de ce numéro. Savage Dragon contient déjà, d’habitude, plein de bonus et ce numéro anniversaire n’en manque pas, avec des back-ups permettant de retrouver différents personnages secondaires comme Flash Mercury, Freak Force (avec une nouvelle égratignure à l’occasion de Donald Trump au passage), Ant ou Angel. Ensuite vient la toute première histoire de Savage Dragon telle que parue en 1982 dans Graphic Fantasy. Mis à part la couleur qui a été refaite, le récit est conforme à l’original. Il nous permet d’une part de jouer à une sorte de « jeu des neufs erreurs », de comparer la version Image avec celle qui a précédé (ne serait-ce que le design de la crète, très différent). Et puis il y a aussi la question de retrouver le style d’un jeune Erik Larsen, avant même ses premiers projets chez Marvel et DC, et d’y trouver ainsi de manière plus évidente la trace des artistes qui l’ont influencé. Reste que le point d’intérêt majeur est l’histoire principale, qui montre comment l’Erik Larsen est encore plein d’idées pour cette série, pouvant tout se permettre à tout instant. Happy birthday Savage Dragon !

[Xavier Fournier]