Avant-Première VO: Review Civil War II #8

Clash au sommet entre Captain Marvel et Iron Man, tandis que le reste de la communauté super-héroïque se retient d’intervenir, de peur de provoquer encore plus de morts. Un combat qui ne résout rien, malgré les apparences, puisque la résolution de la série échappe complètement aux différents personnages et, on aurait envie de dire, également au scénariste, qui referme le rideau sans que les actes des uns et des autres y changent quelque chose…

Civil War II #8 [Marvel Comics]
Scénario de Brian Michael Bendis
Dessins de David Marquez
Parution aux USA le mercredi 28 décembre 2016

Ceux qui ont suivi les arcs du Daredevil de Brian Michael Bendis se souviendront du procédé : le préambule qui pose la problématique, une montée en puissance et… le climax escamoté, débouchant sur la saga d’après. La fin de Civil War II reprend exactement cette trame. C’est à dire que si vous vous êtes tapé le crossover en attendant une résolution nette et franche, on n’y pas. Certes vous serez fixé sur le sort de Tony Stark. Mais l’intrigue de Civil War II n’en sort pas vraiment réglée pour autant, puisque les deux meneurs de camps s’écharpent pendant que le destin d’Ulysses progresse de façon autonome… et aurait progressé de la même manière, même si les deux autres ne s’étaient pas affrontés. Bendis perd beaucoup d’espace en ouverture de cet ultime épisode, en montrant pourquoi une partie du camp de Captain Marvel n’intervient pas… pour mieux montrer le contraire ensuite. Et dans le même temps, bien malin celui qui devinera comment et pourquoi les alliés déclarés de Stark (Doctor Strange, Captain America…) n’interviennent pas plus que ça pour l’aider. Passé un certain stade, Bendis semble déterminé à ne plus fournir d’explications, ce qui fait que le sort d’Ulysses n’est qu’une ellipse mais, plus surprenant, que celui d’Iron Man ne vaut guère mieux. Les efforts laborieux pour faire parler Beast dans un sens qui ne précise rien sont au-delà de toute crédibilité et le plan-même de Stark n’a plus guère de sens. Finalement le plus intéressant dans l’épisode, ce sont les ultimes visions du futur. Certaines montrent que rien n’est résolu… tandis que d’autres posent sans doute les bases de quelques éléments à venir, y compris certaines scènes épiques. Sauf que… le retard pris par Civil War II est tel que l’éditeur termine en nous conseillant de « lire la suite » dans des épisodes parus il y a des semaines, pour ne pas dire des mois. Et les prévisions d’évènements à venir intègrent à l’évidence IvX, qui a déjà commencé. Donc du coup l’impact est émoussé, même si une autre scène, illustrée par Alan Davis, pique l’intérêt.

« I’m actually uncomfortable going any further with my explanation. »

David Marquez signe, au niveau des dessins, un numéro plus homogène que certaines autres livraisons de la série, jouant en particulier avec la position de la caméra. Mais le fait que l’artiste se motive pour tenter de générer un peu d’emphase à l’ensemble n’arrive pas à contrebalancer le fait que le scénario s’étiole. A un certain moment, les personnages eux-mêmes semblent renoncer, explicitement, à fournir la moindre explication, comme s’ils jetaient l’éponge. Sentant la fin arriver, ils sont donc déjà un peu la tête ailleurs, prêt à passer à autre chose. Le public aussi, sans doute, et on est bien loin de la majesté de la fin de Secret Wars. Cette conclusion sent un peu la gêne. Au bout du compte, quand même, un crossover majeur devrait se donner un peu plus les moyens de surprendre, de réinventer. Et là, même si certains personnages ont été sacrifiés… ou malgré ce fait, d’ailleurs, l’histoire reste creuse, un peu comme si elle s’annulait d’elle-même ou si les quelques conséquences n’étaient que l’ombre de ce qu’elles auraient dû être.

[Xavier Fournier]

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  1. La saga nous offre trois morts importantes, pour pas grand chose au final… Trois morts dont on aurait pu se passer (avec ce CWII #3 polémique), trois pertes des plus estimables. Le sort d’Iron Man, prévisible, offre des pages peu crédibles, qui laissent un goût amer dans une bouche qui salivait au numéro 1 et qui depuis s’est considérablement asséchée.
    Quant à l’inhumain, c’est se débarrasser facilement d’un personnage puissant, grâce à une entité qui connait un sort des moins enviables dans une autre série depuis quelques temps… J’espère qu’on aura des compléments d’informations à cette invitation des plus invraisemblables plus vite qu’avec certaines retombées d’Original Sin.