Avant-Première VO: Review Chasing Hitler #1

Chasing Hitler #1

1945. Adolf Hitler apprend la capture et la mort de Mussolini tandis que l’Allemagne est en train de tomber devant les Alliés. Il décide alors qu’on ne le prendra pas vivant. Non. Attendez : il décide qu’on ne le prendra pas et prépare un plan pour faire croire à sa mort. Hitler s’est échappé… et il n’a à ses trousses que deux soldats, un anglais et un américain, derniers à pouvoir écrire l’Histoire.

Chasing Hitler #1Chasing Hitler #1 [Red 5 Comics]
Scénario de Hayley & Jay Nitz
Dessins de Jethro Morales
Parution aux USA le mercredi 15 novembre 2017

La survivance d’Hitler au-delà de la date que l’on connaît est un filon sans fin pour le cinéma et les comics, où l’a vu revenir par tous les moyens possibles, que ce soit en transplantant son cerveau dans des androïdes ou dans d’autres corps (The Golden Age, le Hate-Monger…). Chasing Hitler, pour autant, ne choisit pas la voie épique et spectaculaire qu’on pourrait nous servir dans un épisode de Captain America ou de Hellboy. Il s’agit d’un récit qui se veut plus réaliste et relativement documenté, qui imagine comment deux soldats alliés se retrouvent sur la piste du couple Adolf Hitler/Eva Braun après leur fuite du fameux bunker. Pourquoi seulement deux hommes ? Parce que les gradés sur le terrain refusent d’y croire et de gaspiller leurs forces dans une quête jugée inutile. Mais en fait, assez vite, qui a déjà vu un épisode de la série documentaire « Hunting Hitler » (diffusée en France sur Planète +) trouve un air de famille assez prononcé. Normal que des gens cherchant à expliquer comment le Führer se seraient échappés explorent des pistes similaires mais enfin, entre « Hunting Hitler » et « Chasing Hitler », on ne peut pas dire qu’Hayley et Jay Nitz se soient particulièrement cachés de leur inspiration. Pour autant il leur reste de la marge pour faire évoluer « leur Hitler » de manière différente après ce premier numéro (dans le cas contraire, s’il s’agît seulement de coller à « Hunting », ça va vraiment se voir).

« Weep not for me, chidren of the fatherland »

Lire un comic-book construit autour d’une thèse répandue n’est pas inintéressant. Quand bien même ce qui est « possible » n’est pas pour autant « avéré », il est toujours bien, ne serait-ce que pour une gymnastique mentale, de se souvenir aussi que ce que l’on tient pour acquis n’est pas non plus une certitude. C’est un exercice de style qui a du potentiel, à plus forte raison parce que les comics actuels liés à la guerre ne sont plus légion (une fois qu’on passe Garth Ennis et Pat Mills, il ne reste plus grand-monde). Les deux scénaristes nous donnent donc un début qui tient autant du film « La Chute » (toutes les premières scènes dans le bunker de ce comic-book) et les Monument Men (un embryon de groupe se déplaçant à travers l’Europe pour une quête à laquelle personne ne croit). Cette série de Red 5 a l’avantage de nous proposer un genre peu exploré. Hélas le dessin n’est pas souvent à la hauteur, malgré une couverture solide. Jethro Morales dessine des pages intérieures en se compliquant beaucoup la vie. Malgré un découpage efficace, son attachement (au demeurant louable) à représenter des décors « détaillés », en un sens aussi « documentés » joue contre lui. Car tout en voulant représenter (par exemple) autant de briques possibles, le dessinateur s’égare, en vient à tirer des traits au hasard. Il n’y a pratiquement pas une ligne de perspective qui « parle » à l’autre. Dommage, parce qu’on a la sensation qu’avec un choix plus épuré, le résultat ferait moins amateur.

[Xavier Fournier]
Comments: 4

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  1. C’est faux à plusieurs étages :
    1) Je viens de regarder et la dernière fois où l’on a réellement parlé des nazis sur ce site c’est… en janvier 2017, en parallèle de la venue de Claremont. Donc ça laisse de la marge. Mais c’est un peu comme quand on parle de Walking Dead une fois tous les six mois et qu’on se prend un « encore des morts-vivants » blasé.
    2) Les récits de genre historique ou pseudo-historique ne sont pas nombreux dans les comics, clamer « encore » est une profonde contre-vérité.
    3) S’il est vrai que l’origine de personnages des années 40 comme Captain America ou WW sont étroitement liées à la lutte contre le nazisme, les histoires récentes s’attaquant au terrorisme ne manquent pas. Comme CECI ou CECI ou encore CECI.

  2. Dans beaucoup de médias, en général, j’entends tout le temps parler de la seconde guerre et aussi sur internet. Quand ce n’est pas ça, c’est les zombies. A croire que c’est une mode! Heureusement, je laisse passer tout cela.

  3. Vous venez de commenter un article sur Spider-Man et un autre sur les X-Men où il n’y a aucun lien avec la guerre ou avec les zombies. C’est bien gentil de ne voir « que » ça. Combien de comics parlent de la seconde guerre mondiale ce mois-ci et combien n’en parlent pas ? Même chose pour les zombies ? Maintenant comptez les comics où il y a Batman ? Donc c’est bon, le monde libre peut survivre à quelques fascicules où personne ne se déguise en chauve-souris.

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