[FRENCH] Fin 1941, avant Pearl Harbor, les USA ne sont pas encore entrés dans la seconde guerre mondiale que les super-héros, eux, connaissent déjà une sorte de frénésie anti-Nazis. Depuis 1940 de nombreux saboteurs à l’accent allemand sont venus combattre Human Torch, Sub-Mariner, l’Angel, Marvel Boy… Et l’apparition de Captain America a encore accéléré les choses. Fin 1941, les comics courent déjà le risque de tourner à la rengaine. Comment éviter ce piège ? En créant des super-villains allemands de plus en plus pittoresques. Et de ce côté là Angel allait être servi…

D’emblée, on dirait le titre d’un nanard de série B : Dans Marvel Mystery Comics #26 on découvre cette histoire intitulée « The Angel and the case of the Armless Tiger Man » (« The Angel et l’affaire de l’Homme-Tigre sans bras »). Sur l’image d’ouverture, on voit The Angel (un des quatre ou cinq principaux héros de Timely/Marvel dans les années 40) affronter un grand gaillard vêtu de jaune et pourvu de dents qui le font presque ressembler à un vampire. Un grand gaillard en jaune qui se caractérise par un autre signe distinctif : il n’a pas de bras mais des moignons. Il est donc incapable de frapper le héros mais fonce cependant vers lui avec un air féroce, instaurant une atmosphère de menace réelle. Pour justifier l’image, l’invisible narrateur donne dans le théâtral : « Le vicieux éclair blanc que vous voyez est celui de dents ! Des dents ! Des dents ! Car le Tiger Man est lâché, tout en dents et en ongles… Et personne ne peut l’arrêter dans sa campagne de destruction ! Personne sauf, peut-être, The Angel ! ».
Après cette entrée en matière assez intense, on peut entrer dans le vif du sujet : Un soir, dans une taverne des bas-quartiers, le patron d’un bar se dit que son nouveau client est sans doute le type le plus bizarre qu’il ait jamais vu à ce jour. Non loin de là, deux hommes sont assis à une table. Le plus petit des deux remercie le plus grand pour l’argent et lui propose de fêter ça autour d’une bière. Le « type bizarre », c’est le plus grand des deux. Un être hideux cachant son visage sous un grand chapeau. Et il porte aussi une cape (pas une cape de super-héros, mais une sorte de manteau sans manches) qui cache son corps. Quand le patron arrive pour prendre la commande, le grand affreux exige de boire du vin « Château Quim »… que la taverne n’a pas. Le patron s’excuse en expliquant qu’avec la guerre en Europe ce vin n’est plus importé en Amérique. Furieux, l’inconnu déclare que s’il n’y a pas de « Château Quim » alors il ne boira rien. Son compagnon de table demande quand même à boire sa bière…

Plus tard, les deux clients partent ensemble dans les rues. Jusqu’à ce qu’ils arrivent dans une allée obscure. Remarquant qu’il n’y a plus personne pour les observer, l’homme au chapeau saute vers celui qui l’accompagne et… le mord de manière brutale dans la nuque. La morsure a l’effet de paralyser la victime, qui s’effondre à terre… L’autre lui bondit alors dessus et commence à le piétiner. Le narrateur nous explique « Le Tiger Man saute sur lui, ses pieds le piétinant à mort ! ». Oui, l’homme hideux est donc le Tiger Man et, sans utiliser ses mains, il tue sa proie seulement avec ses pieds. On le voit plus tard la bouche curieusement pleine de billets. Il parle entre ses dents : « Pas mal ! J’ai éliminé un informateur potentiel et j’ai récupéré l’argent que je lui avais donné ! Heh heh ! ».

Le jour suivant The Angel découvre ce meurtre étrange en lisant son journal. Et sa curiosité est piquée. Non pas qu’il suffise qu’un meurtre soit mentionné dans la presse pour que le héros bondisse. Mais là The Angel remarque que la victime travaillait à l’usine d’armement Johnston. Et il se demande si le meurtre ne serait pas lié au programme de défense. Il décide donc d’enquêter et se rend au dernier endroit où on a vu la victime : la fameuse taverne. Pour ses enquêtes, The Angel ne donne pas dans la finesse. On comprend qu’il porte son costume de super-héros lors des combats mais pour poser des questions il lui faudrait sans doute quelque chose de plus discret (au moins un imper permettant de cacher sa tenue aux couleurs criardes). Mais le concept d’identité secrète n’était pas la norme parmi les plus grands héros de Timely/Marvel. Bien sur personne n’ignorait que Captain America était en fait le soldat Steve Rogers. Mais à l’époque il fait presque figure d’exception : Sub-Mariner n’avait pas de « double vie ». Et même si officiellement le Human Torch des origines était supposé être le policier Jim Hammond, il était rare que les histoires y fassent référence. En fait, un lecteur d’Human Torch qui avait manqué l’épisode où le héros devient policier pouvait même lire la série pendant des années… sans imaginer un instant que le personnage avait un travail. Finalement la plupart du temps les héros de Timely qui avaient une double identité relevaient de l’archétype patriotique. Le Patriot était en fait le journaliste Jeff Mace et, tout comme Steve Rogers, ce point était souligné régulièrement. A l’inverse, les lecteurs du Whizzer ou de The Angel ignoraient souvent quel était le travail ou même la source de revenu de leurs héros. Rien ne les distinguait quand ils étaient en dehors de leurs costumes. Voilà pourquoi The Angel semblait souvent passer son temps en costume et ne pas avoir d’autre occupation. Les occasions où Angel apparaissait en costume de ville concernaient le plus souvent des passages où le héros avait besoin de se faire passer pour quelque chose de particulier. Le reste du temps il jouait « carte sur table » avec la populace et ne cachait pas ce qu’il était. D’ailleurs la meilleure preuve en est que cet Angel ne portait pas de masque.

Heureusement pour le héros, le patron de la taverne n’est pas un sombre comploteur. Il lui explique ce qu’il a vu la veille. C’est à dire que la victime a passé un moment ici avec un inconnu qui réclamait spécifiquement du Château Quim. Comme ce vin est rare et que peu de personnes peuvent en réclamer, The Angel se rend dans tous les principaux restaurants de la ville, demandant si quelqu’un en a commandé ces derniers jours. Finalement, dans un hôtel-restaurant, on lui explique que le client qui occupe la suite 712 en a réclamé. The Angel demande donc à un serveur de lui prêter son uniforme (on en arrive ici précisément à un de ces moments où le héros se « déguise » pour faire croire qu’il appartient à un corps de métier). Il se trouve en prime que le client de la chambre 712, un certain Hertz vient de réclamer son souper. Déguisé, The Angel fonce alors pour se faire passer pour le garçon d’étage, lui servant le repas. Le héros a dans l’idée de voir à quoi il ressemble de manière à pouvoir le prendre en filature plus tard, quand Hertz finira par sortie de l’hôtel. Mais The Angel commet une erreur. Hertz (qui est bien le Tiger Man) remarque que ce garçon d’étage fait mine de partir sans attendre son pourboire. Il comprend donc qu’il ne s’agit pas d’un serveur normal mais d’un espion. Écartant les pans de son manteau, Hertz révèle alors qu’il n’a pas de bras. Avec ses doigts de pied il joue avec une pièce qu’il faut tomber. Pensant maintenir la supercherie, le « garçon » se penche alors pour ramasser la pièce et la rendre au « client ». Mais le Tiger Man profite de la diversion pour le frapper avec violence : « Tu n’es pas un serveur ! Sinon tu aurais attendu ton pourboire ! Maintenant je te reconnais… The Angel ! Tiens prends ça ! ». Puisque le héros n’est pas dans son costume habituel, la remarque du Tiger Man laisse entendre, là aussi, que le visage de The Angel était bien connu (vraiment, il aurait du utiliser un masque !).

Du coup, un combat s’engager entre Angel et le Tiger Man. Mais ce dernier s’enfuit… en faisant une erreur tactique puisqu’il part vers l’étage supérieur (alors que descendre lui aurait permis de trouver une issue). C’est en fait une astuce scénaristique pour démontrer que le Tiger Man, privé de bras, n’est pas sans ressource. Il aperçoit un chandelier qui pend dans la grande salle principale qui traverse l’hôtel. Il saute dessus et se retient… grâce à ses dents. La force de ses mâchoires est tout simplement prodigieuse. Lancé à sa poursuite, The Angel saute aussi. Il s’accroche au pied du tueur. Mais là aussi le Tiger Man compense l’absence de bras par une force musculaire peu commune dans les jambes. Il a vite fait de remuer et de forcer The Angel à lâcher. Le héros tombe au sol, sonné. Pendant ce temps, à force de morsures et de coups, le Tiger Man arrive à neutralise le policier de l’hôtel, puis le directeur et enfin le portier. C’est un redoutable adversaire qui arrive à s’enfuir avant qu’Angel revienne à lui. Quand le héros reprend ses esprits, il n’a plus qu’à inspecter les affaires qu’Hertz a laissé dans la chambre. Il trouve des « publicités » décrivant toutes les usines dans le périmètre de cet état. Toutes sauf l’usine Johnston. Et comme l’homme assassiné travaillait chez Johnston, the Angel comprend que c’est sans doute là-bas que le Tiger Man va frapper.

Conscient qu’on risque de découvrir son but, le tueur a accéléré son plan. Le soir même, il se rend à l’usine Johnston et y entre par l’arrière. Pendant ce temps The Angel est en route, en espérant être là à temps. Mais le Tiger Man est déjà à l’œuvre. Utilisant ses yeux « semblables à ceux d’un chat », il surveille un garde solitaire. Le Tiger Man commence par se glisser sous le grillage puis tue le garde d’un puissant coup de pied. Ensuite, en utilisant une clé glissée entre ses dents, le Tiger Man pénètre dans l’édifice : Selon les plans de l’informateur, cette porte mène à la salle de contrôle de la vapeur. Il y arrive et se penche sur la valve principale, qu’il fait tourner entre ses dents. L’idée est d’augmenter la pression au point de provoquer des explosions dans le complexe. Et c’est d’ailleurs ce qui commence à se produire. Des ouvriers sont blessés par les jets de vapeur. Dans la salle de contrôle, le Tiger Man danse de manière hystérique et détruit les mécanismes en jetant (avec les pieds) des outils dans les rouages. Bien sûr, The Angel fini par arriver sur les lieux. Il fait irruption dans la pièce en hurlant « c’est la dernière machine que tu détruit ! ». Le combat s’engage mais cette fois le Tiger Man ne fuit pas. Il saute sur Angel, le plaque au sol et se prépare à le mordre à la gorge. Heureusement pour lui, Angel arrive à se saisir d’un petit tube en métal qu’il glisse dans la bouche de son adversaire. Le Tiger Man se retrouve avec la mâchoire bloquée, ne pouvant plus mordre quoi que ce soit. Reste, bien sûr, les jambes musclées d’Hertz, dont on nous a montré qu’elles sont dangereuses. Mais Angel ne laisse rien au hasard et se rue dessus, les tordant. Puis il ordonne aux ouvriers présents de lui amener un câble pour pouvoir lui attacher les pieds.

Reste à interroger ce curieux personnage. Seulement avec le petit tube de métal dans la bouche, il ne peut pas parler. Angel lui retire, tout en lui donnant un violent coup de poing pour lui remettre la mâchoire en place… et le sonner au passage. S’avouant vaincu, le Tiger Man accepte alors de raconter son histoire à son ennemi : « Dans ma jeunesse je travaillais dans un laboratoire de mécanique, à Munich. Un jour mes bras furent pris dans une machine… (On voit alors Hertz devant une sorte de mixeur qui devient rouge) Après bien des mois à l’hôpital j’ai enfin été déclaré guéri sur le plan physique… ». Guéri, oui, c’est à dire que ses moignons ne risquent plus de s’infecter. Mais il lui manque ses deux bras. Et c’est là que le récit révèle toute son absurdité. Car ne nous y trompons pas : ce n’est pas le fait que Hertz n’ait pas de bras qui soit ridicule (il ne s’agit pas de se moquer des handicapés) mais bien le contexte qui entoure ce handicap. Là, par exemple, dans ce flashback, un homme tend un livre à Hertz en lui expliquant que l’ouvrage lui apprendra comment utiliser ses pieds et ses dents en lieu et place de ses bras disparus. L’homme… tend… un livre… à quelqu’un qui ne sait pas encore se passer de bras. Comment Hertz serait-il supposé prendre le livre puisqu’il n’a pas encore reçu de formation ? Comment pourrait-il tourner les pages ? Ce qui est absurde, c’est que le récit ne s’en étonne pas. Il n’y a pas la petite phrase, le petit truc qui ferait que l’homme offrant le livre expliquerait que le premier stade de la formation est d’apprendre, justement, à tourner les pages de l’ouvrage par soi-même. Hertz explique ensuite qu’il a passé des mois à entraîner ses mâchoires et ses jambes pour les rendre extraordinairement fortes. Mais un tel travail de musculation sur des endroits si localisés de son corps n’a pas été sans prix : Les muscles de son visage devenant si développés lui ont donné un faciès horrible. Et, sans donner de détail, Hertz explique que  » [Son] cerveau s’est également développé, faisant naître une haine farouche des machines ! ». La tournure de phrase est curieuse. On comprendrait qu’Hertz déteste les machines suite à son accident, sans avoir besoin d’en dire plus. Mais il laisse l’impression que son cerveau s’est « musclé » pendant les mois d’entraînement, devenant autre chose que ce qu’il était au départ…

Hertz détestant les mécanismes, il prit l’habitude de s’introduire dans les usines allemandes la nuit pour les détruire. Dans de grandes crises de rage, il démolissait à coup de pieds toutes les installations qu’il pouvait trouver; Mais un jour la Gestapo arriva à l’arrêter. Hertz expliqua alors qu’il n’était pas un saboteur mais qu’il ne pouvait pas s’empêcher de détester les machines et les usines. Un gradé de la Gestapo est alors montré en train d’échafauder un plan : « Supposez que nous vous envoyons en Amérique ? Vous pourriez y détruire les machines selon votre envie… et pour la gloire du Reich ! ». Le Tiger Man, résigné, achève alors son histoire en expliquant qu’Angel connaît la suite… Les hommes du FBI emmènent ensuite le Tiger Man, sans doute pour qu’il soit enfermé dans une prison. Encore que… Angel explique : « Il y aura beaucoup de calme là où tu va ! Peut-être que cette étrange obsession (des machines) te quittera ! Et si ce n’est pas le cas, nous pourrions te lâcher sur les nazis… ». Puis, se retournant vers le lecteur, le héros ajoute »…C’est à dire sir la R.A.F. laisse encore des usines debout en Allemagne ! ». La seule R.A.F. puisqu’à l’époque l’épisode est produit avant Pearl Harbor. On verra plus tard que non seulement les usines allemandes ne seront pas détruites si facilement mais qu’il faudra que les U.S.A. s’en mêlent et s’allient à la R.A.F…

Le Tiger Man ne fera plus aucune apparition pendant le Golden Age. Il faut dire qu’il aurait été difficile de l’utiliser de manière régulière. Il aurait fallut à chaque fois expliquer aux nouveaux lecteurs comment et pourquoi cet être sans bras pouvait représenter une menace physique réelle. Et puis, inversement, on voit bien qu’une partie de l’énigme de ce numéro n’était pas de « démasquer le tueur » façon Miss Marple ou Hercule Poirot mais bien de se demander comment le Tiger Man pouvait exister dans l’état. Une fois l’explication fournie (et il était rare, à l’époque, qu’on se donne tant de mal pour donner l’origine d’un super-villain), il n’y avait plus le même effet de surprise. Ramener le Tiger Man aurait donc été problématique. Au lieu de cela ce personnage si haut en couleurs (qui tue ses proies en dansant dessus) sombra presque dans les limbes des comics. Presque parce qu’il devint l’objet de moqueries de beaucoup de connaisseurs du Golden Age. Avec le temps d’ailleurs le titre de l’histoire devint le nom du personnage : alors que dans l’épisode il n’est désigné que sous le nom de Tiger Man, les différents chroniqueurs et indexeurs prirent soin de l’identifier comme étant le « Armless Tiger Man ». Cet « homme-tigre sans bras » semblait destiné à l’oubli… ce ne fut finalement pas le cas et Herr Hertz aurait une carrière plus longue qu’on aurait pu le croire.

Dans la mini-série Captain America/Black Panther: Flags of our Fathers (2010), le scénariste Reginald Hudlin raconte comment Captain America, le Sgt. Fury et ses Howlers participèrent à la défense du Wakanda (patrie de Black Panther) pendant la seconde guerre mondiale, alors que les nazis tentaient de s’emparer du Vibranium qu’on trouve dans ce pays. On voit le Red Skull se désespérer d’être entourés d’incompétents mais finalement se reposer sur trois « menaces costumées » : Master Man, Warrior Woman et… le Armless Tiger Man (il faut croire qu’Angel a mis sa menace à exécution et l’a renvoyé en Allemagne dans l’espoir qu’il détruise des usines). Master Man et Warrior Woman étant des pastiches de Superman et Wonder Woman, la confiance de Red Skull se comprend. On aurait plus de mal à le suivre en ce qui concerne le Armless Tiger Man si Hudlin n’avait pas pris soin d’accentuer le trait. Hertz est représenté comme un fou furieux sanguinaire, cannibale de surcroît, qui n’est pas sans évoquer une sorte de Sabretooth sans bras. Il tue et torture pendant une bonne partie de la mini-série et fini même par passer très près d’assassiner la famille royale du Wakanda… avant d’être abattu d’une balle dans la tête par Gabriel Jones (un des Howlers). Hertz n’allait donc pas profiter longtemps de cette nouvelle approche « sérieuse ». Pour autant, comme plusieurs autres travaux d’Hudlin, cette mini-série pose un certain nombre de problèmes de continuité (les événements ne sont pas raccord, par exemple, avec une rencontre entre Captain America et le Black Panther des années 40, dans Black Panther vol. 3 #30, Mai 2001). En ce qui concerne plus précisément l’Armless Tiger Man, sa première apparition et son combat contre Angel se déroule dans Marvel Mystery Comics #26, paru en décembre 1941. Mais inversement Captain America/Black Panther: Flags of our Fathers se déroule avant que Steve Rogers adopte son bouclier rond. Originellement il était apparu avec un bouclier triangulaire dans Captain America Comics #1 (mars 1941). Puis, pour des questions de droit (et le fait que le dit triangle ressemblait trop au costume d’un autre héros patriotique, le Shield), Marvel dut changer le bouclier dès Captain America Comics #2 (avril 1941), sans justifier ce changement dans l’histoire. Donc, en théorie, les événements de Captain America/Black Panther: Flags of our Fathers ne peuvent chronologiquement s’insérer qu’entre Captain America Comics #1 et 2, aux alentours de mars/avril 1941. L’Armless Tiger Man meurt donc au plus tard en avril 1941… Alors que son combat contre Angel dans Marvel Mystery Comics #26 se déroule en décembre !

Qu’on soit d’accord ou pas sur la date, l’Armless Tiger Man est mort. On en a la certitude puisqu’on a eu le loisir de le croiser en enfer dans une autre saga, parue en 2009 dans Incredible Hercules #129-131. Dans ces épisodes, le héros Hercules (le membre des Avengers) est obligé de descendre en enfer pour tenter de sauver l’âme de son père, Zeus. Mais il doit affronter plusieurs revenants qui sont aux ordres du dieu Pluto(n), parmi lesquels on trouve, en bonne place, le Armless Tiger Man. Comme pour le Red Skull dans Captain America/Black Panther: Flags of our Fathers, on peut se demander pourquoi et comment un dieu grec des enfers en sera venu à sélectionner, parmi tous les morts possibles, le Armless Tiger Man (au côté de personnages comme Zemo ou l’Abomination) pour affronter Hercules. Il y avait sûrement plus « adéquat ». Mais sans doute les scénaristes, Greg Pak et Fred Van Lente, ont-ils voulu se fixer un défi en ramenant certains personnages pas évident du tout… L’Armless Tiger Man est donc « mort » mais en un sens il se porte mieux que dans les décennies précédentes où il semblait tout simplement trop grotesque pour être ramené. Citoyen de l’enfer, il fait partie intégrante de la continuité, à croisé des personnages comme Hercules et… ce n’est pas tout à fait comme si personne ne s’était jamais échappé de l’enfer dépeint dans les Marvel Comics (d’autant que la dite saga d’Incredible Hercules s’achève avec une rebellion en enfer, les morts se retournant contre Pluto). Sauf que… si les solutions ne manquent pas pour ramener Hertz dans le monde des vivants il deviendrait paradoxalement difficile de le laisser dans l’état : les prothèses cybernétiques s’étant banalisées dans les comics, le Armless Tiger Man deviendrait sans doute le « Cyber Tiger Man »… et perdrait en un sens ce côté improbable qui le rend intéressant !

[Xavier Fournier]