[FRENCH] Éphémère défenseur de la Terre, Lars of Mars déboula aux débuts des années 50 comme une sorte de Green Lantern (la version « cosmique ») en avance sur son temps. Super-héros martien lorgnant sur la science-fiction tout en ménageant quelques éléments de comédie, Lars était plus élégant que la plupart des autres séries de l’époque…

Les connaisseurs de l’âge d’or (ou « Golden Age) des comics sont nombreux à considérer que cette période a connu son zénith pendant la seconde guerre mondiale puis s’est graduellement essouffléee jusqu’au milieu des années 50, date où on note l’apparition d’une nouvelle génération de personnages dans le sillage du super-héros Flash (Barry Allen). De là à penser que le « haut Golden Age » (au début des années 50) fut une période de vaches maigres sur le plan créatif, il y a un pas que beaucoup franchissent généralement allègrement. Dans la réalité des choses, on remarque au contraire que les comics ne cessèrent jamais de produire des créations nouvelles. Entre la fin de la seconde guerre mondiale et la conclusion officielle du Golden Age, on trouve non seulement le zénith des EC Comics mais aussi des super-héros plus sophistiqués que le tout venant des super-héros de l’époque. La deuxième mouture du Green Lama ou le Captain Comet vu dans Strange Adventures démontrent que les auteurs cherchaient à produire quelque chose de plus élaboré, aussi bien sur le plan scénaristique qu’en termes visuels. Ces initiatives ne furent pas toujours récompensées par le succès, les lecteurs s’étant lassés d’un trop plein de personnages à superpouvoirs. De fait, seuls les héros qui avaient atteint une certaine vitesse de croisière (Superman, Batman, Blackhawk, Wonder Woman…) arriveraient à survivre. Et encore la diffusion d’un très populaire feuilleton télévisé consacré à Superman y est sans doute pour quelque chose.

C’est sans doute cette analyse qui poussa Ziff-Davis Comics a publier en 1951 les aventures de Lars of Mars, un surhomme venu de Mars qui avait pour particularité de continuellement mettre en scène son propre feuilleton télévisé (fictif) dans ses aventures dessinées. Passée une couverture peinte qui fleurait bon l’ambiance des pulps de science-fiction, la scène d’ouverture du premier épisode (qui montre le héros en train d’en découdre avec une horde de robots) clame déjà bien haut que Lars of Mars est une célébrité planétaire: « Il n’y a pas un homme, une femme ou un enfant sur Terre qui ne frissonne pas devant les fabuleux exploits de cet incroyable croisé venu d’un autre monde, Lars de Mars !

Mais comment est-il venu sur Terre ? Quelle est la véritable histoire qui fait qu’il lutte contre les forces maléfiques avec des moyens scientifiques ? Voici, pour la première fois, cet étonnant récit en intégralité… Les vrais faits derrière la sidérante carrière de… Lars de Mars ! ». Tout portait le lecteur à croire qu’il venait de tomber sur les exploits d’une célébrité planétaire dont il serait le seul à ne jamais avoir entendu parler. Qui plus est, ce premier numéro des aventures du héros est présenté comme étant Lars of Mars #10, selon la règle qui voulait qu’à l’époque les maisons d’édition transfère la numérotation d’une série défunte à un nouveau titre pour profiter de réduction auprès de la poste américaine. Sans doute que quelques petits lecteurs cherchèrent en vain les neuf premiers épisodes de Lars. Ils ne risquaient pas de les trouver ! Mais l’introduction transforme la situation en un véritable coup de bluff : on a effectivement l’impression que Lars existe depuis plus longtemps et qu’un public massif désire vraiment connaître l’existence de Lars le martien…

L’intrigue s’intéresse ensuite à l’explosion d’une bombe H quelque part sur une île du Pacifique (sans doute un test de l’armée): « Le plus puissant engin de destruction que l’humanité ait jamais déchaîné ! ». On nous montre ensuite les manchettes de journaux qui parlent d’un « grand succès ». Dès lors, il semble certain que la bombe était américaine (sinon la presse évoquerait des craintes). La domestication de ce genre de puissancee est vue comme le zénith de la maîtrise scientifique et, à la télévision, un présentateur pose la question : « What next ? » (« qu’y aura t’il ensuite ? »). Une phrase qui se prête à un double sens : l’homme peut aussi bien sous-entendre qu’on ne voit pas d’autre défi technologique à relever… ou se demander à quel niveau de destruction correspondra l’arme suivante. Mais la course aux armements n’est pas vue exclusivement du point de vue américain. Bien au contraire l’action s’éloigne de la Terre pour nous montrer un observatoire situé… sur Mars. Un martien (identique en tous points à un humain) regarde la planète bleue grâce à un télescope. Il a visiblement aperçu l’explosion de la bombe et décide aussitôt de prévenir le « Conseil Suprême »… Bientôt les plus grands scientifiques de Mars se réunissent et déterminent qu’une explosion si puissante ne peut avoir été causée qu’avec une bombe H. Ce qui est « comique » en un sens c’est que la scène donne l’impression que les martiens ne peuvent surveiller la Terre que visuellement (via des télescopes), « regarder » mais pas « entendre » alors qui si une culture si voisine de la notre existait sur Mars elle aurait sans doute la capacité de capter nos ondes radios (avec un léger décalage) et de se tenir au courant de nos activités sans avoir à « déduire ». En dehorsss de ces considérations « fonctionnelles », sur le plan visuel le conseisuprêmeee de Mars ressemble énormément au conseil scientifique de Krypton tel qu’il est vu dans le premier épisode du feuilleton TV Adventures of Superman, dans une scène où Jor-El tente d’avertir ses compatriotes de la destruction imminente. La ressemblance n’est sans doute pas fortuite…

Les scientifiques martiens sont terrifiés et associent le fait que l’humanité terrestre ait désormais la bombe H a un véritable signal de guerre interplanétaire. Un des savants souligne : « Il y a des millions d’années, les habitants de Venus ont joué avec des armes colossales ! Finalement ca a mené une terrible guerre spatiale qui presque rasée Mars et Vénus ! Nous avons réussi à écraser les envahisseurs ! Tout ça a débouché sur le pacte Mars-Vénus, dans lequel tout voyage interplanétaire est interdit ! Maintenant l’Histoire est sur le point de se répéter. Mais cette fois avec la Terre dans le rôle de l’agresseur ! ». Il est intéressant que l’explosion d’une bombe H en 1951 déclenche une telle panique sur Mars, qui ne semble pas avoir remarqué les différentes explosions atomiques qui ont précédé, qu’il s’agisse d’actes de guerre comme pour Hiroshima ou des nombreux tests annexes. Qui plus est, un observateur extra-terrestre qui remarquerait que les terriens ont ce genre de bombes, en pleine guerre froide, devrait plutôt estimer que l’Humanité a plus de chances de s’auto-détruire dans une guerre totale plutôt que d’attaquer Mars alors que les terriens n’ont alors aucun moyen de voyager entre les planètes et qu’ils ignorent, en prime, que la planète rouge est habitée. Comment les Terriens pourraient-ils faire la guerre à Mars, même s’ils en avaient l’idée ? Et si la culture martienne a survécu à un conflit nucléaire « Il y a des millions d’années », comment penser que les martiens n’auraient pas depuis trouvé des moyens de contrer ce genre d’armes ? Autant d’idées qui ne semble pas traversé l’esprit des membres du conseil, qui se demandent avec effroi comment éviter une guerre avec la Terre.

Finalement un des scientifiques propose de faire appel « aux services de l’aventurier le plus brave de leur planète ». On ordonne alors à Lars de Mars d’arrêter immédiatement ce qu’il peut être en train de faire et de venir faire son rapport sans délai devant le conseil. Au même moment, loin de là, le dénommé Lars est en train de battre contre un monstre tentaculaire. Il reçoit par onde radio les ordres du conseil et s’adresse à la créature qu’il affronte : « Tu entends ça, grosse monstruosité balourde ? Tu es supposée arrêter de tenter de me tuer, de manière à ce que je puisse voler jusqu’au conseil ! ». Lars est un personnage armé d’un pistolet laser mais aussi d’un harnais à fusée qui lui permet de voler. Le tout lui donne une certaine ressemblance avec le futur héros de DC Comics, Adam Strange. Même le fait d’affronter une créature de ce type (semblable à celles qu’Adam Strange combattra des années plus tard) tend à rapprocher les deux héros. En fait les similitudes s’expliquent car le harnais des personnages est inspiré pour une bonne partie par l’équipement d’un pionnier de la bande dessinée de science-fiction, le fameux Buck Rogers. Lars arrive finalement à repousser la créature grâce à son armement puis se rue vers le conseil, en se demandant ce qui a bien pu motiver cet appel de détresse. Comme on aura l’occasion de s’en rendre compte plusieurs fois au long de l’épisode, la personnalité de Lars est assez particulière. Le héros est hautain, irascible et a à peu près aussi « bon » caractère que Namor le Sub-Mariner. Lars ne suit pas le modèle du « boy-scout naïf et serviable » qui composait l’essentiel du cheptel des justiciers de l’époque. La chose est manifeste quand il arrive au conseil, alors que les scientifiques se demandent, énervés, ce qui peut bien retenir ainsi celui qui a été jusqu’ici leur agent le plus sûr.

Volant à travers une grande fenêtre ouverte, Lars répond avec un léger sarcasme qu’il était en train de détruire un monstre qui menaçait une ville de la planète. Les savants lui apprennent qu’une bombe H vient d’exploser sur Terre : « Ceci pourrait mener à une guerre interplanétaire… à moins que nous installions un agent de maintien de la paix sur Terre. Toi ! Comme tu le sais nous avons interdit les vols interplanétaires après la guerre Mars-Vénus ! Mais nous allons violer ce pacte ! Un vaisseau construit en hâte t’attends ! Tu dois partir pour la Terre sans délai ! ». Vu que quelques minutes ou, au mieux, quelques heures à peine se sont déroulées depuis l’explosion de la bombe H, le vaisseau a dû être construit effectivement très rapidement ! Surtout pour une culture qui a abandonnée tout voyage spatial depuis « des millions d’années ». Mais Lars a d’autres considérations. Pas du tout altruiste, il est plutôt mécontent de cette nouvelle mission : « Après mon combat contre ce monstre, je pensais partir en vacances ! Mais je ne m’attendais pas à traverser des millions de kilomètres ! ». Inversement on se dit que les martiens, dans leur hâte d’étouffer une guerre possible contre la Terre, vont briser leur pacte avec les vénusiens (dont l’existence est indirectement reconnue), ce qui serait normalement associé à un acte de guerre entre ces deux peuples. En envoyant un agent sur Terre, les martiens font donc courir un risque bien plus grand à leur culture. Mais personne ne semble réaliser la contradiction.

Les scientifiques donnent alors leurs ordres à Lars : « Tu dois éliminer la possibilité d’une guerre interstellaire en livrant une bataille constante aux forces du Mal sur Terre, en utilisant ta super-intelligence et tes gadgets de lutte anti-crime comme des armés ! ». Sans perdre de temps, Lars s’envole alors jusqu’au vaisseau puis décolle. Aux commandes, il rumine : « J’ai eu ma part de missions bizarres mais ceci les dépasse toutes ! ». Le voyage dans l’espace se passe sans encombre mais seulement jusqu’à ce que la fusée approche de la Terre. Là, l’engin commence à faire de drôles de bruits. Une fois entré dans l’atmosphère, Lars n’a d’autre choix que de s’éjecter. Il abandonne la fusée avant qu’elle s’écrase mais grâce à son propre harnais, il vole vers le sol sans problème. L’accident est sans doute une illustration du fait que les martiens, après des millions d’années, ne sont plus vraiment très au point en termes d’exploration de l’espace. Mais à peine est-il en train de découvrir sa planète d’adoption qu’il aperçoit quelque chose de bizarre au loin. Il abaisse alors son « viseur télescopique », une sorte de version mécanique de la vision télescopique de Superman et voit une femme en train de se faire attaquer par trois robots. N’écoutant que son courage, Lars se pose près de l’étrange groupe : « Ce n’est pas une façon de traiter une femme ! ». Sans perdre de temps, le martien commence alors à frapper les robots et, alors qu’il est en train d’attaquer le dernier d’entre eux, la femme lui crie : « Stop ! Vous êtes engagé ! ».

« Engagé ? » Lars est plutôt surpris par cette réaction. Bien sûr le martien ne devrait pas être en mesure de comprendre l’anglais mais le narrateur est prompt à nous expliquer que grâce à ses « pouvoirs télépathiques » Lars peut comprendre n’importe quel langage. Dans les faits Lars ne fait pas usage d’une réelle télépathie. On comprendra donc qu’il s’agit surtout d’une pirouette scénaristique. La femme le rassure tandis que les « robots » posent leurs masques. Ce sont des hommes normaux. La femme reprend : « Allez, « Action Boy », vous pouvez arrêter avec le faux héroïsme ! Je sais que vous allez prétendre que vous pensiez que vous étiez vraiment en train de me sauver de méchants robots… mais vous êtes engagé de toute manière ! ». Lars ne comprends rien : « Ces robots… Ils ne sont pas réels ? Et vous n’étiez pas vraiment en danger ? ». La femme le détrompe : « Bien sur que non ! Vous savez que je suis June Conway, la productrice de télévision, en train de lancer un nouveau feuilleton TV sur un « homme de Mars » ! Qui êtes vous et d’où venez vous ? ». Lars ne cherche pas à cacher qui il est est réponds par un simple « Je suis Lars de Mars ! ». June Conway est convaincue qu’il s’agit d’une astuce : « C’était malin de porter ce costume futuriste pour décrocher ce job… Mais c’est encore plus rusé de faire semblant que vous êtes réellement de Mars ! Hey… c’est ça ! Nous appellerons le show « Lars de Mars » ! Notre publicitaire insistera que le rôle principal est tenu par un homme qui vient réellement de Mars ! Bien sûr personne ne le croira mais cela fera sensation ! ».

Lars accepte, tout en pensant « Pourquoi pas ? Cette position sera une façade qui cachera mes activités secrètes sur la Terre ! ». En fait quelques secondes plus tôt Lars ne cachait absolument qu’il venait de Mars quand on lui posait la question. Ses activités n’avaient pas l’air plus secrètes que ça. Et la coïncide qu’un martien se pose à proximité d’un endroit où on fait passer un casting pour un rôle de martien est un peu dure à avaler. Ceci dit, malgré les énormités, les circonstances placent Lars de Mars dans un contexte assez inédit dans les comics. Dans la case suivante on voit des enfants en train de regarder le nouveau feuilleton Lars of Mars à la télévision. Lars va même jusqu’à participer à de la publicité pour des céréales sous le regard incrédule des jeunes spectateurs : « Ils disent que cet idiot vient vraiment de Mars ! ». Lars devient donc un super-héros dont l’identité publique… est également son identité secrète. Contrairement aux clichés, Lars ne fait pas semblant d’être un timide reporter ou un rentier façon Bruce Wayne. Il affirme au grand jour qui il est… mais personne ne le croit. Et le narrateur d’insister : « Et quand il ne joue pas, il détruit les forces du mal dans la vraie vie ! ». Une case nous montre alors des gangsters vaincus par Lars. Un des criminels s’écrie : « Il est comme ce type martien dans le feuilleton TV ! ». Et un de ses complices réponds « Mais ca ne peut pas être lui ! Tout le monde sait que cet acteur est juste un mythomane ! ». Le fait de crier sur les toits qu’il est martien sert donc à Lars, qui n’a pas besoin de faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Et quiconque voudrait faire le rapprochement entre le faux justicier de la télévision et le super-héros « réel » passerait forcément pour un idiot !

Sur un plan plus cynique on sent bien que la revue a été pensée pour séduire éventuellement les producteurs de télévision, le héros incorporant le show TV dans sa vie quotidienne. La chose se marie d’ailleurs de façon assez croustillante avec la mentalité forte et l’orgueil de Lars qui, ironiquement, n’apprécie guère qu’on le prenne pour un crétin. Mais dès le deuxième épisode il s’énerve que les gens le prennentt pour un abruti qui fait semblant d’être un martien et il propose à June Conway d’arrêter le feuilleton tout en contactant par radio le conseil scientifique de Mars. Tiens, le même conseil scientifique qui dans le premier épisode ne pouvait pas surveiller la Terre via les ondes radios ? Lars, déjà lassé, demande alors d’être rapatrié sur Mars. Mais ses supérieurs refusent : « Non, Lars ! Tu dois rester jusqu’à tout mal ait été banni de la Terre ! ». Autant dire que celà revient à annoncer à Lars qu’il coincé sur Terre à perpétuité ! Lars est donc obligé de conserver son rôle dans l’émission de TV et la situation va même prendre une autre dimension quand les activités super-héroïques de Lars vont s’ébruiter. Alors qu’il coffre des gangsters, Lars porte un masque par dessus sa cagoule pour qu’on ne reconnaisse pas « l’acteur du feuilleton ». Ce qui fait que bientôt les journaux font leurs gros titres sur le fait qu’un vrai homme de Mars combat le crime. En découvrant les articles June Conway est furieuse : Il y a un vrai martien quelque part et pendant ce temps leur feuilleton a pour vedette un bouffon qui fait seulement semblant d’être martien !

Il faudra attendre la troisième histoire pour que Lars se souvienne qu’il n’est pas là simplement pour arrêter de voleurs de banque qui ne représentent aucun danger pour Mars mais s’attaque aux hommes maléfiques qui veulent s’emparer du secret de la bombe atomique. Sans surprise (vue la mentalité de l’époque), il s’agira de méchants espions communistes venus de l’URSS. La gestion de l’atome par les américains étant forcément, de manière induite, une bonne chose qu’il n’y a pas besoin de combattre. La carrière de Lars sera cependant courte. Quelques mois à peine avant que Ziff-Davis n’arrête la publication. A la lecture de la série, on comprend bien qu’elle avait été conçue comme un pitch susceptible de concurrencer le feuilleton Adventures of Superman. Si l’identité du dessinateur de Lars of Mars ne laisse pas de place au doute (on reconnait assez facilement le style de Murphy Anderson), celle du scénariste est plus mystérieuse mais il s’agissait sans doute de Jerry Siegel, le co-créateur de Superman (bien que le style de l’épisode fait aussi penser à certains égards à l’écriture d’Edmond Hamilton ou de John Broome). Siegel semblait bien parti pour prendre sa revanche envers DC, en créant un héros qui aurait pu concurrencer Superman à l’écran. Malheureusement la tentative de Ziff-Davis n’allait pas déboucher sur du concret. Avec aucun show en chantier, l’éditeur allait donc rapidement arrêter la revue (sans doute n’était-elle pas rentable par elle même). C’est dommage car ce scénario à tiroirs, où le héros affiche ce qu’il est tout en n’étend pas sérieux, promettait, s’il avait été étendu sur des années de déboucher sur quelque chose de plus intéressant ou complexe que la plupart des comics de l’époque. Mais peut-être que le lectorat de 1951 n’était pas prêt à lire les aventures d’un héros qui 1) considère sa mission humaniste comme une punition qu’il souhaiterait fuir 2) passe pour un idiot à chaque fois qu’il montre ce qu’il est réellement. En un sens Lars of Mars anticipe certaines des futures recettes de Marvel dans les années 60, où le héros est rarement récompensé pour ses actes. Un héros en avance sur son temps, donc. Trop pour que le lectorat s’y reconnaisse ?

[Xavier Fournier]