[FRENCH] Et si, par un improbable crossover, Captain America avait affronté Godzilla pendant la guerre ? Ce qui ressemble pourtant à un pitch de série Z s’est pourtant produit en 1943, le patriote masqué de Marvel affrontant un monstre géant dûment identifié comme… le « Roi des Dinosaures ». Une sorte de Cloverfield façon Golden Age…

Le cinéma japonais n’avait pas encore inventé Godzilla que les comics américains se passionnaient déjà pour les monstres géants qui avaient régné sur la Terre avant l’apparition du genre humain. Qu’il s’agisse de voyage dans le temps, d’œufs étrangement intacts ou de créatures préservées dans la glace ou sur une île isolée, l’apparition de dinosaures dans les BD de cette époque n’avait donc rien d’une rareté. Mais bien sûr les bestioles en question ne pouvaient se contenter d’être paisibles végétariens qui, réanimés, auraient été d’inoffensives créatures qu’on aurait pu enfermer dans des réserves. Traverser des millions d’années pour ne pas poser le moindre problème au réveil n’aurait pas été très spectaculaires. Forcément, les dinosaures qui se réveillaient au XX° siècle le faisaient pour semer le chaos, détruire des villes ou dévorer les pauvres humains croisant leur chemin. Au début des années quarante, en prime, pour montrer que les dinosaures étaient vraiment très méchants, on pouvait expliquer qu’il s’agissait de plus de… dangereux nazis ! Pour exemple Captain America Comics #29 dont l’introduction nous annonce d’emblée le programme : « Un monstre préhistorique né il y a des millions d’années, mais qui cependant est vivant de nos jours, en 1943 ! Un gigantesque reptile qui semble avoir une intelligence humaine et la ruse meurtrière d’un nazi ! Captain America et Bucky se retrouvent mêlés au bizarre et macabre mystère du… Roi des Dinosaures ! » Cette mention de « Roi des Dinosaures » (« King of the Dinosaurs ») n’est pas sans faire penser au plus tardif Godzilla, lequel sera en son temps qualifié de « King of the Monsters ». Qui plus est, la première page de cette aventure nous donne déjà un aperçu de la créature. Devant les deux héros médusés se dresse un dinosaure verdâtre et surtout bipède, doué d’une longue queue caractéristique. Godzilla (la version japonaise, pas le remake américain) sera reconnaissable plus tard à son visage étrange, qui ne correspond à aucun lézard réel. Ici le monstre a une tête bien plus cohérente. Mais la ressemblance, bien qu’accidentelle, est assez marquante…

Quand l’histoire commence, le soldat Steve Rogers et son jeune compagnon Bucky Barnes sont en train d’écouter la radio. Comme à son habitude à cette époque, Steve est en train de fumer la pipe tout en lisant le journal. Il écoute sans doute les informations d’une oreille seulement, mais bientôt un reportage étonnant attire l’attention des deux héros. Il est question d’une certaine expédition Greneker qui, en explorant l’Antarctique, vient de trouver un dinosaure vieux de plusieurs millions d’années mais qui est encore vivant ! Au même moment la narration nous permet de voir les scientifiques qui ont découvert la bête. Le professeur Schultz explique à son fidèle assistant Olaf que la créature qu’ils viennent de découvrir est encore vivante suite à un cas rarissime d’animation suspendue. Olaf est admiratif envers son mentor : « Oh, professeur Schultz, je savais qu’un jour vous deviendriez un homme célèbre ! ».

L’émerveillement et la sympathie tacite qu’on pourrait ressentir pour les deux savants vont cependant vite retomber. Car Schultz, lui non plus ne doutait pas qu’il ferait de grandes choses. Mais sa philosophie s’avère nauséabonde : « Oui, Olaf, comme je te le disais, je suis issu de la race supérieure. Nous sommes destinés à faire de grandes choses ! Dans notre pays adoptif, les États unis, cette découverte me rendra fameux ! ». Schultz s’avère donc être un nazi convaincu, récemment immigré aux USA. Bien que vivant le dinosaure reste dans son état comateux et les autorités doutent qu’il reprenne conscience un jour. On décide donc de faire les arrangements nécessaires pour que le corps immobile soit exposé au musée Widmyer. Nous retrouvons alors Steve Rogers et Bucky. Ce dernier est aux anges. Le musée Widmyer n’est qu’à quelques kilomètres de leur camp. Bucky demande alors s’ils pourront allez voir le dinosaure quand il sera exposé. Et Steve Rogers y consent d’autant plus facilement que lui aussi pense que la visite sera intéressante.

Trois mois plus tard, le monstre est installé dans la grande salle du musée Widmyer. Schultz procède à l’inauguration en présentant l’animal : « Le voici, Ladies and Gentlemen… Je l’ai découvert ! C’est un spécimen parfait d’iguanodon, le roi des dinosaures ! Ma grande contribution à la science… On pourrait dire que c’est ma « belle au bois dormant ». Olaf est le premier à rire de ce terme de « belle au bois dormant » utilisé par son mentor. Steve et Bucky, qui sont présents, remarque que le petit assistant suédois « pense réellement que le professeur est merveilleux ». Mais même Bucky a déjà noté que quelque chose ne tourne pas rond : « Ce Schultz à l’attitude et le discours d’un nazi. Tout ce discours sur la race supérieure. Et puis il faut l’entendre s’envoyer des fleurs à lui-même ! ».

Schultz n’est pas seulement un sympathisant nazi sur le plan idéologique mais aussi un militant très actif? Le soir même, une fois le musée déserté par la foule, une petite bande de conjurés se réunit dans une salle qui sert de laboratoire. Schultz explique alors à ses complices qu’il est prêt : Il a été envoyé par Hitler en Amérique pour s’y livrer au sabotage. Et il s’est arrangé pour que toute les usines d’armement du secteur soient détruites : « Des milliers de gens seront tués et la confusion se répandra dans tous les États-Unis ! ». Tout le monde s’auto-congratule en perspective de ce bain de sang. Mais Schultz précise à ses complices : « J’ai appris à mon assistant, Olaf, les principes de la race supérieure. Il m’admire et je ne veux pas qu’il sache ce que je vais faire. Quand je l’appellerais vous vous cacherez puis… ». Le reste du plan est discuté hors-champs. Plus tard dans la soirée, l’assistant arrive dans le laboratoire : « Vous m’avez appelé, maître ? ». Et l’autre, en apparence seul, lui répond : « Oui Olaf ! Maintenant quoi qu’il arrive, je veux que tu te souviennes. Notre Amérique adorée, pour son propre bien, doit être dirigée par l’Allemagne ! ». A ce moment convenu, deux complices de Schultz surgissent et sautent sur Olaf. Devant l’assistant, Schultz fait semblant de protester mais les deux nouveaux venus suivent en fait ses ordres. Bientôt Olaf est traîné sur une table d’opération et endormi avant d’être soumis à un traitement hors-norme.

La même nuit, un peu plus tard, le calme est rompu par une scène spectaculaire : les murs du musée Widmyer sont détruits et le dinosaure qu’on pensait endormi se révèle désormais très actif, voir enragé. Le voici qui s’échappe du hall d’exposition et qui commence à semer la désolation autour de lui. Heureusement, c’est encore un soir où Steve Rogers et Bucky sont en train d’écouter les informations à la radio. La nouvelle de l’évasion du dinosaure géant leur arrive donc rapidement. Le journaliste explique en prime que le reptile semble doué d’une intelligence peu commune. Depuis son évasion, il arrive en effet à se cacher pour échapper à ses poursuivants. C’est ce qui fait tiquer Steve : « Un dinosaure rusé qui fait preuve d’une intelligence extraordinaire ? Il y a quelque chose de très étrange derrière tout ça, Bucky ! On dirait une affaire pour Captain America ! ». On aurait envie de dire à Steve que même si le dinosaure avait été idiot comme la Lune, l’affaire aurait quand même valu que les deux héros interviennent.

Mais qu’importe puisque de toute manière quelques instants plus tard ils sont dans leurs costumes de super-héros, prêts à intervenir et à traquer le dinosaure. Captain America et Bucky traversent la nuit en courant. L’adulte explique alors à son pupille : « Si ce professeur Schultz est encore au musée, la première chose à faire est d’avoir une discussion avec lui ». Bucky est d’accord mais, n’oubliant pas ce qu’ils pensent du savant nazi, précise : « D’accord, si c’est ce que tu veux. Mais s’il me disait que le soleil se lève à l’Est je ne le croirais pas ! ». Bientôt ils arrivent au musée et trouvent Schultz en train de discuter avec une jeune femme. Schultz est surpris car il n’avait pas prévu que les deux super-héros s’intéressent au cas. ou viennent lui poser des questions (après tout il ne peut pas devenir que Rogers et Barnes étaient présents lors de l’inauguration). Captain America est soupçonneux et demande à Schultz s’il n’avait pas la connaissance scientifique nécessaire pour déterminer que le dinosaure allait reprendre conscience… Le professeur préfère commencer par leur présenter la femme avec qui il discutait. Il s’agit d’Erda Olsen, qui travaille pour la Défense. C’est la sœur d’Olaf qui, bizarrement, a disparu cette même nuit. Puis Schultz fini par répondre au héros, lui explique que, non, il ne pouvait prévoir que le monstre reviendrait à lui. Qu’il était tranquillement en train de travailler dans son laboratoire quand l’immeuble a commencé à s’effondrer autour de lui.

Faute d’autres pistes, Captain America et Bucky quittent le musée en ruine… mais sont vite rattrapés par Erda, qui leur explique qu’elle est anxieuse de savoir où se trouve son frère… Et leur avoue ne pas faire confiance du tout à Schultz : « J’ai découvert qu’il a un laboratoire secret où il procède à d’étranges expériences ». Du coup Cap et Bucky décident de rester et d’aller voir de plus prêt le laboratoire en question, Erda leur montrant alors où il se trouve.

Mais bientôt des individus reconnaissables à leur fort accent allemand surgissent. Armés, ils ouvrent le feu et tirent sur les trois américains. Mais Captain America se sert de son bouclier pour se protéger des balles et la riposte des deux héros est cinglante. Ils sautent sur les nazis et ont tôt fait de venir à bout du petit groupe. Un seul nazi arrive à s’échapper et Bucky est presque sur le point de le poursuivre mais Captain America le retient en lui expliquant qu’ils ont plus important à faire. Après tout c’est vrai qu’un dinosaure rôde dans les environs alors, comparé à ça, la menace posée par un nazi solitaire parait mince. Captain America demande à nouveau à Erda de lui montrer le laboratoire de Schultz.

Mais quand ils arrivent près de l’entrée du laboratoire secret, ils sont surpris par l’arrivée… du dinosaure ! Cap et Bucky ordonner à Erda de se mettre à l’abri et décident de partir dans une autre direction pour attirer l’attention du monstre. Ils se placent dans un coin d’où ils commencent à faire de grands gestes pour se faire remarquer par la créature. Mais leur ruse échoue. Car de l’autre côté, dans sa hâte de fuir, Erda tombe par terre, juste sur le chemin que va emprunter le dinosaure. Et ce dernier perd tout intérêt pour les deux héros costumés, préférant s’intéresser à la jeune femme inanimée. Le dinosaure passe alors mais de manière à ne pas lui faire de mal. Il s’éloigne finalement. Mais Cap a remarqué le comportement de l’animal : « Il ne veut pas la tuer ! Il a délibérément décidé de l’épargner ! ». Ils rejoignent Erda alors qu’elle revient à lui. Assez bizarrement Captain America ne se lance pas à la poursuite du dinosaure. Il préfère continuer d’enquêter sur le laboratoire caché : « J’ai certaines idées étranges et horribles sur ce qui est en train de se passer… ».

Bientôt ils arrivent au laboratoire et trouvent de curieux accessoires. Cap et Bucky commencent à se demander quelles curieuses expériences Schultz peut bien conduire dans cet endroit. Erda explique : « Il était chirurgien. Un spécialiste du cerveau à Berlin d’après ce que j’ai entendu ! ». On se demande alors par quel miracle un spécialiste des opérations du cerveau aurait pu aller en Antarctique pour y cherche un dinosaure. Mais ce n’est jamais qu’un mélange des sciences assez courant dans les comics (où il n’est pas rare de voir des biologistes construire des robots ou des fusées). Captain America commence à reconstituer le puzzle : « Il doit avoir opéré le cerveau du dinosaure ! C’est pour ça qu’il est revenu à lui ! Et maintenant il le dirige ! Il est le maître du dinosaure ! ». Puis dans un coin du laboratoire Cap fait une autre découverte que le lecteur ne peut pas discerner. Bucky et Erda sont également trop loin pour voir ce que Cap découvre : « Bonté divine ! Maintenant je comprends complètement ce qui se passe ! Je ferais mieux de garder çà pour moi ! ». Mais le laboratoire contient un panneau caché à partir duquel les saboteurs peuvent observer ce qui se passe dans la pièce. Schultz comprend que Captain America a tout découvert. Bucky et lui doivent être exterminés. Mais il ordonne qu’on épargne la femme. Il a besoin d’elle pour ses plans…

Captain America est en train d’expliquer à Erda qu’il faut absolument l’éloigner quand soudain une nouvelle horde de nazis surgit dans la pièce. Les nouveaux venus sont décidés à tuer les héros. Mais une fois encore le nombre ne suffit pas pour que les nazis l’emportent. Captain America et Bucky sont de taille à leur résister. Mais malheureusement pendant ce temps leur attention est centrée sur le combat. Ils ne s’aperçoivent pas de ce qui arrive à Erda. Schultz profite en effet de la diversion pour sauter sur la jeune femme et la maîtriser en expliquant que ce sera pire si elle lui résiste. Quand Captain America et Bucky finissent de maîtriser la bande. Ils se rendent compte qu’Erda a disparu. Cap comprend ce qui s’est passé : « Le professeur Schultz s’est probablement emparé d’elle pendant le combat ! ». Le héros fait signe à Bucky de prendre place en haut d’un rocher: « Schultz va sans doute utiliser encore le dinosaure. Ce sera un bon endroit pour le surveiller ». Bucky proteste : « On ne peut pas le combattre ! Il est trop grand ! ». Mais Cap tempère : « J’ai un plan. Fais moi confiance… ». Et comme Cap l’avait prévu, le dinosaure ne tarde pas à se montrer : « Le voici ! Il se dirige vers l’usine de munitions de Blainesville ! Viens Bucky ! ».

Les deux héros courent après la créature tandis que celle-ci détruit tout sur son passage. L’armée tente alors de détruire le monstre mais les balles n’arrivent pas à traverser la peau épaisse du reptile. Bucky doute : « Si les balles ne peuvent rien… que pourrions nous faire ? ». Pendant ce temps le monstre continue sa route. Bientôt il s’acharne sur la gare de Blainesville, ravageant les bâtiments. Puis, enfin, comme l’avait prédit Captain America, le dinosaure s’attaque à l’usine d’armement. C’est d’ailleurs l’occasion pour le dessinateur d’illustrer la scène en utilisant une pleine page (en dehors d’une vignette montrant la réaction des deux héros) histoire de montrer tout ce que la situation a de spectaculaire.

Le tout dégénère dans une grande explosion… dont le dinosaure sort indemne. Mais Captain America note que le monstre a l’air sonné et que c’est sans doute le bon moment pour essayer quelque chose. Bucky lui crie de faire attention mais l’adulte se précipite vers l’animal en expliquant qu’il ne veut pas le combattre… mais lui parler ! Le héros se présente alors, explique au monstre qu’il est Captain America et qu’il se bat pour le bien du pays mais que le dinosaure, lui, faut le contraire : « Tu joues le jeu des nazis ! Mais tu ne veux pas que ce pays perde sa liberté… Tu ne veux pas que les nazis gagnent la guerre ! Tu a été manipulé ! Schultz t’as menti ! ». Bucky observe la scène, incrédule : « Est-ce que Cap est devenu totalement cinglé ? ». Le dinosaure marque pourtant un temps d’arrêt tandis que Cap continue sa tirade : « Tu as été piégé, Olaf ! Schultz t’a fait ça ! Maintenant tu joue son jeu ! Tu fais mal à cette nation que tu adores ! Schultz t’a manipulé, Olaf ! ». Bucky, qui est vraiment lent à comprendre ce que les lecteurs, eux, avaient sans doute saisi depuis quelques pages, s’écrie : « Olaf ? Quoi… Cap, qu’est-ce que… ». Captain America explique alors l’évidence : « Schultz était un chirurgien du cerveau, Bucky ! Il a transplanté le cerveau vivant d’Olaf dans le dinosaure! C’est une chose étrange et terrible mais c’est vrai ! Ce pauvre Olaf est prisonnier du reptile géant ! Regardes ! Il me comprend maintenant ! ».

Le dinosaure change d’expression et fait demi-tour. Les deux héros s’élancent à sa poursuite. Cap explique qu’il pourrait les mener à Schultz. Effectivement Olaf l’iguanodon géant se rend vers une vieille maison qui sert de repaire au savant allemand. Furieux, le monstre détruit alors la bâtisse… Mais ça ne sert à rien puisque l’endroit est vide. Schultz se doutait du tour que prendraient les événements. Il a pris la fuite, retenant toujours Erda en otage. Et on comprend, bien sur, ce qu’il voulait à la jeune femme. Elle est une éventuelle monnaie d’échange pour forcer le monstre à lui obéir. A moins qu’elle lui serve à tenir en respect Captain America. D’ailleurs c’est ce qui ne tarde pas à se produire. Schultz se sert de la femme comme un bouclier humain, criant au héros qu’il la criblera de plomb s’il avance. Il en faut cependant plus pour arrêter Captain America. Ou Bucky. Car tandis que le héros adulte attirait l’attention de Schultz, le jeune sidekick peut s’élancer pour déséquilibrer l’allemand et le jeter à terre. Captain America se jette sur Schultz pour le neutraliser mais le savant sort un couteau. Cap se protège derrière son bouclier. Le combat est sur le point de redémarrer… mais est stoppé net par l’arrivée du dinosaure. Furieuse, la créature se lance à la poursuite de Schultz et le précipite dans un ravin. Schultz tombe vers une mort certaine. Puis le dinosaure s’arrête. Il semble réfléchir et regarde Erda… avant de se laisser tomber à son tour dans le ravin. Captain America s’écrie « Il se suicide ! ». Il faut dire que réduit à l’état d’un monstrueux dinosaure le pauvre Olaf ne pouvait plus guère espérer une existence normale.

Bien sûr Erda ignore tout ça. Elle n’était pas avec Captain America et Bucky quand ils ont réalisé la véritable identité du monstre. Et pour le bien de la jeune femme, Cap décide de ne pas lui dire la vérité : « Je dois vous dire, Erda… Votre frère, Olaf, a été tué dans un accident. S’il vous plait ne me posez pas de question mais il a vraiment défendu notre patrie en aidant à démasquer ce nazi, le professeur Schultz ! Nous devons vous laisser maintenant, Erda. Retournez chez vous et en continuant votre travail pour la Défense, vous aiderez l’Amérique dans son effort de guerre et dans le même temps vous vengerez votre frère héroïque ! ». Satisfaite par ces explications, Erda remercie alors les deux silhouettes qui s’éloignent dans la nuit…

Captain America n’aura donc pas affronté le dinosaure de manière conventionnelle (il ne lui a donné aucun coup) mais le récit reste bigrement baroque. Et pourtant… Et pourtant si on se réfère à la continuité Marvel l’épisode n’est pas si incongru qu’il y parait. Trouver un dinosaure dans la glace de l’Antarctique n’est pas si impensable que cela puisque, dans un premier temps, l’univers Marvel est riche de nombreux exemples d’hibernation dans la glace (Captain America en sera lui-même une parfaite illustration dans les années 60). Et il est fort possible que le dinosaure n’ait pas passé des millions d’années en hibernation comme Schultz et Olaf semblent le penser lors de la découverte. De longue date les scénaristes ont placé à cet endroit une vallée oubliée inspirée du « Lost World ». De nos jours on connaît l’endroit sous le nom de « Savage Land », contrée chère à Ka-Zar où les dinosaures géants prospèrent encore. Mais même dans la continuité des années 40, une contrée identique avait été découverte par le Vision originel. Le monstre pourrait donc tout aussi bien s’être égaré, être sorti de la « Terre Sauvage » et avoir séjourné dans la glace quelques jours avant d’être découvert. Pour parfaire le tout, l’étrange Schultz (à la fois archéologue, biologiste et chirurgien) pourrait tout simplement être un des membres de la société de Thulé, institution dont on sait de nos jours qu’elle travaillait pour le Crâne Rouge, enquêtant aux quatre coins du globe pour dénicher des phénomènes extraordinaires. De ce fait Schultz, spécialiste des transferts de cerveaux, pourrait être tout simplement un assistant d’Arnim Zola le « Bio-Fanatic », connu pour des activités similaires. Bref, « Captain America contre le Roi des Dinosaures » reste une histoire assez compatible avec ce qu’on sait des activités de Cap pendant la guerre et le récit reste probablement tout à fait valable dans le « passé » du héros. Reste à savoir si un dinosaure capable de survivre à l’explosion d’une usine de munitions pourrait être tué par un simple saut dans un ravin ?

[Xavier Fournier]