[FRENCH] De tout temps, les comics ont adaptés des personnages historiques ou littéraires. DC Comics s’aventurera sur ce terrain dès sa création et reviendra une nouvelle fois d’une manière beaucoup plus remarquée lors de la grande vague d’expérimentation de la fin des années 40 et du début des années 50.

Parmi ces expérimentations, se trouve le titre The Brave and the Bold dont peut de fans se souviennent qu’il était uniquement consacré à ses débuts à des héros historiques. En effet, le sommaire était constitué du Golden Gladiator (qui sera rapidement remplacé pat une énième adaptation de Robin Hood), du Viking Prince (a venir très prochainement dans French Collection) et du Silent Knight.

Le jeune Brian Kent vit en Grande-Bretagne au VIe siècle lorsque son père est assassiné traîtreusement pendant une joute par Sir Oswald Bane qui réussit à faire passer son forfais pour un accident. Brian est alors confié à Sir Grot, un ami de son défunt père, afin de compléter son apprentissage de chevalier. Brian est remarquablement doué pour les armes et très rapidement Sir Grot comprend qu’il est potentiellement en danger de mort. Il réussit alors à tourner Brian en ridicule de manière à ce que Sir Oswald ne le prenne pas pour une menace.

Mais un jour, alors qu’il cherche l’un des faucons de Sir Oswald, Brian s’engage dans la forêt périlleuse (Forest Perilous). Au détour d’un chemin il découvre une clairière où se trouve un superbe équipement complet de chevalier aux armes d’un Faucon. Emerveillé, Brian revêt l’armure et se rend compte qu’elle est parfaitement ajustée pour lui.

Il entend alors au loin des cris. Il s’agit de voyageurs qui sont molestés par les hommes d’armes de Sir Oswald. Revêtu de son armure, Brian leur porte secours et mets en fuite les agresseurs. Mais de peut d’être reconnu, il ne prononce pas une seule parole. Lorsque les voyageurs raconteront leur sauvetage ils feront état d’un Silent Knight (Chevalier Silencieux).

Brian reportera l’équipement armes d’un Faucon dans la clairière mais viendra de nombreuses fois revêtir l’armure du Silent Knight pour combattre l’injustice et les hommes de Sir Oswald entre autres. Les personnages secondaires se développeront assez rapidement. Lady Celia tombe amoureuse du Silent Knight dès qu’elle le voit et se désespère que Brian ne puisse rivaliser avec lui. Il s’agit ici du classique triangle amoureux impossible initié par Clark Kent, Loïs Lane & Superman. Et comme Loïs, Celia suspectera quelque fois que Brian et Silent Knight sont la seule et même personne. Il faut dire que Silent Knight ira plusieurs fois secourir celle qu’il aime en secret.

La série a donc pour toile de fond la Grande-Bretagne du VIe siècle et il était inévitable que Silent Knight rencontre King Arthur et l’ensemble de sa cour. Mais les personnages n’ont qu’une lointaine ressemblance avec les autres incarnations de la continuité DC. Les chevaliers de la table ronde sont envieux de Silent Knight et volontiers querelleurs. King Arthur n’est pas spécialement un modèle de sagesse et Merlin ne possède visiblement aucuns pouvoirs.

Cette version de la geste arthurienne (et notamment de Merlin) est donc en total décalage avec les continuités de Shining Knight ou de The Demon (Etrigan). Par contre, bien que l’on ne puisse totalement parler de super-pouvoirs Silent Knight démontre plusieurs fois une force et une résistance quasiment surhumaine. Et bien évidemment, Brian est l’homme le plus doué de son temps pour ce qui est de toutes les formes de combat. La série s’arrêtera dans The Brave and the Bold #22 et Silent Knight ne fera que quelques rares apparitions. Il rencontrera récemment Superman avec qui il partage le même patronyme (Kent). IL fera cependant l’objet d’un retcon puis qu’il sera acté dans la mini-série Brightest Day qu’il est une des nombreuses incarnations de Hawkman [Carter Hall] ce qui explique ses prouesses, ses qualités limites surhumaines et l’emblème du faucon (Hawk) qui se trouve sur son armure.

La série n’aura l’honneur d’être publiée que quatre fois (à ma connaissance) en France. Deux fois dans Big Boy (numéro 25 et 28) et deux fois dans Choc 1ère série dans les numéros 43 et 42 pour lequel le personnage aura l’honneur de la couverture.

[Jean-Michel Ferragatti]