[FRENCH] L’album de Lady Death (sorti chez Milady) trainait sur mon bureau depuis un bon mois déjà quand je me suis enfin décidée à l’ouvrir et à me plonger dedans. Après la testostérone de Conan, j’avais bien besoin d’une dose d’héroïne bien féminine, moulé dans un costume en cuir qui me rappelle les Cat’s Eyes de mon enfance. Je dois dire que j’étais déjà conquise avant même de lire l’ouvrage.

Mais qui est donc ce personnage au prénom si lugubre ? Lady Death n’est pas une femme comme les autres ! Elle est le fruit d’un amour interdit entre un Sidhe (sorte de sorcier aux yeux blancs) et une humaine. Considérée comme un monstre et méprisée par les deux races, elle ne cherchent qu’une chose : vivre en paix avec les gens qui lui sont chers, Wolf, l’homme de sa vie et ses nièces, Margret et Isabelle. Mais, la soif de revanche est là et elle ne gagnera pas sa liberté sans se battre et sans faire payer tous les tourments qu’on lui a infligés.

Elle tire son surnom d’un épisode tragique de sa vie où elle fut laissée pour morte au fond d’un lac, noyée (mais pour de faux !) par des hommes pour qui elle représentait le mal absolu, le fruit d’un péché qui allait contre le dessin du divin. Comme pour lui porter chance et garder en toute circonstance un esprit positif, sa mère l’a sobrement prénommée Hope (espoir en français). A croire que les scénaristes de comics ont tous fait un premier semestre en fac de psychologie !

Dans cet album, Brian Pulido, nous offre une tranche de vie de cette héroïne hors du commun. Elle évolue dans un monde médiévale où les valeurs judéo-chrétiennes sont très fortes. Son principale adversaire est d’ailleurs un archevêque qui estime que les hommes sont supérieurs aux sidhes car ils n’utilisent pas la magie du diable ! Son combat prend alors un aspect résolument moderne : elle se bat pour la diversité et le mélange des cultures. Elle est contre cette idée que deux peuples différents ne peuvent pas cohabiter. Elle représente un possible : celui de l’amour entre les sidhes et les hommes. On se laisse alors happer par les péripéties du bouquin et on espère qu’une fois encore le bien triomphera de la bêtise. Lady Death est bel et bien la super héroïne de la paix entre les peuples.

Côté illustration, Brian Pulido, a imaginé une belle jeune femme, plutôt bien roulée, tout de cuir vêtue, portant une magnifique chevelure blanche, dessinée ici tour à tour par Di Amorin et Wellington Alves. A côté Wonder Woman ressemble à une femme au foyer désespérée. Et là, une question me vient à l’esprit : pourquoi les héroïnes de comics sont toujours sublimes et n’ont pas un kilo en trop ? Peut-être parce que les hommes ne s’arrêteront jamais de rêver à toutes ces filles qu’ils n’auront jamais !

[Mathilde Reveyron]