Comic Box Virgin #61 - Bilbo le Hobbit[FRENCH] Le seigneur des anneaux est indubitablement l’une des plus grandes œuvres littéraires de ces dernières années, et Bilbo le Hobbit est en quelque sorte son ambassadeur. L’histoire de ce courageux petit personnage a fait rêver des millions de lecteurs à travers le monde, il fallait bien que cela devienne aussi une bande dessinée !

Bilbo le HobbitL’adaptation BD de ses aventures a donc eu lieu, il y a 20 ans déjà, mais elle n’a rien perdu de sa force. Et comme en plus elle était devenue difficile à trouver dans notre pays, on se réjouit que les éditions Delcourt aient décidé de la republier. Au scénario, on a Charles Dixon, prolifique auteur de livres pour enfants et de Bd pour Marvel, Dc et cie, dont la lourde charge a consisté principalement à effectuer une adaptation fidèle au bouquin de Tolkien, mission dont il se tire avec les honneurs. Ainsi, on retrouve les phrases clefs et les passages les plus célèbres de Tolkien sans se fatiguer.

Aux dessins, on profite du talent de David Wenzel, dont le style est assez enfantin mais définitivement inimitable. Dans la veine des grands illustrateurs américains, Wenzel travaille à la peinture, à l’acrylique et à l’aquarelle, un traitement qui prend tout son sens pour donner vie à ses personnages hauts en couleurs, devenus des icônes de la Fantasy.  L’histoire est dense et on peut dire sans être médisant que cette bande dessinée qui fait plus de 130 pages est sacrément bavarde ! Ce qui, contrairement aux dessins colorés et faciles d’accès devrait rebuter les plus jeunes… Et tant pis pour eux à vrai dire car c’est vraiment un plaisir à la fois visuel et narratif que de lire cette BD ! Seul bémol : elle manque parfois d’un peu d’humour, alors que les hobbits eux en ont à revendre… Peut-être que Dixon respectait trop l’œuvre de Tolkien pour se permettre d’y ajouter de la rigolade, mais parfois c’est dommage ! Autre petit regret : l’action est certes là, mais elle est représentée de manière un peu statique. On se retrouve donc de temps en temps avec une succession de tableaux, très jolis mais un peu clichés parfois… Mais la majorité du temps, on admire ces pages pleines de détails, on savoure les dialogues, particulièrement intelligents, et quand on connaît déjà l’histoire, on ne se lasse pas de la voir ainsi découpée en petites images. On met certes un petit moment à lire l’album en entier, mais comme on ne fait pas une course, ce n’est pas grave ! Un dernier bravo à l’auteur pour les couleurs qui sont tout simplement magnifiques et voilà, l’éloge est fini. Bilbo en Bd, c’est un peu de tendresse dans un monde de brutes…

[Rebecca Frati]