Désespéré par le fait d’avoir perdu sa vitesse, Barry Allen est prêt à tout pour la retrouver, quitte à s’allier à quelqu’un de peu fiables. Même ses plus proches alliés ne peuvent lui faire entendre raison. Barry Allen va au-delà du raisonnable pour redevenir Flash. Wally West et quelques autres vont avoir l’occasion de payer les pots cassés…

Flash #42Flash #42 [DC Comics]
Scénario de Joshua Williamson
Dessins de Dan Panosian
Parution aux USA le mercredi 14 mars 2018

Cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu autant de super-rapides dans cette série. Mais ironiquement Barry Allen n’est pas de la fête. Joshua Williamson continue donc sur le thème de la dysfonction des pouvoirs de Flash et même sur une certaine dépendance à sa rapidité. Barry est en quelque sorte accro à ses pouvoirs. Pour le coup, Williamson peut compter sur certains précédents comme pour Flashpoint pour étayer son récit. Mais si l’on a déjà vu Barry prêt à sacrifier beaucoup, même sa vie, pour retrouver sa vitesse, l’approche ici le montre dédaigner son entourage, ce qui lui donne de la noirceur, ce n’est pas spécialement l’idée qu’on se fait du héros, les Flashes symbolisant en général l’espoir (voir DC Universe Rebith si besoin est). Il faut cependant reconnaître à Williamson de mettre en scène l’étrangeté du comportement d’Allen, soulignée par Godspeed. Avec peut-être l’idée que la Speed-Force corrompt ? Et dans le même temps l’idée que Wally, l’adulte, est le philosophe de la bande semble lui donner une importance nouvelle (au moins aux yeux de Gorilla Grodd). Enfin, il y a encore ce côté United Colors of the Flash, déjà noté dans le précédent numéro, avec une sorte d’arc-en-ciel des Flashes. Encore que la conclusion laisse entendre que le chapitre à venir permettra de souligner les personnalités de ces rapides. Cependant, on reste peu convaincu par une scène où Barry, sans super-vitesse, arrive à prendre de cours un Wally West adulte qui pourtant lui est en pleine possession de ses pouvoirs. C’est un peu comme si quelqu’un écrivait un passage où les piétons doublent une voiture de course sans s’apercevoir de la contradiction. En plus Wally a le temps de dire deux phrases, ce qui normalement lui permettrait de faire 15 fois le tour du globe…

« What would Barry Allen do? »

Dan Panosian est un narrateur émérite, on a pu le voir sur différents projets ces dernières années. Mais là, il faut croire qu’il est pris par le temps car le dessin a l’air embryonnaire, moins raffiné qu’à son habitude. Si son utilisation des trames est habile, ce n’est pas forcément à la hauteur de ce qu’on a pu voir de lui sur d’autres projets. Panosian est le genre d’artiste qui pourrait marcher sur les traces de ce que Francis Manapul faisait sur Flash vers 2010/2011 mais là, les images restent très factuelles. L’arc en cours a du potentiel mais ne va pas au bout des choses. Du coup on reste dans du Flash assez basique, mais ça manque un peu de sentiment, peut-être parce qu’il n’y pas un personnage comme Iris pour poser les choses…

[Xavier Fournier]