C’est – la couverture en atteste – le retour d’un des membres fondateurs des Avengers. Et il n’est pas content, qui plus est sur deux niveaux différents. Si Hulk a des raisons de vouloir régler ses comptes, Bruce Banner, lui, a tout fait pour empêcher cette nouvelle résurrection. C’est l’occasion de se pencher sur le pourquoi du comment tandis que, parallèlement, le masque tombe du côté de Voyager et que là aussi on a droit à quelques explications.

Avengers #684Avengers #684 [Marvel Comics]
Scénario de Jim Zub, Mark Waid & Al Ewing
Dessins de Paco Medina & Joe Bennett
Parution aux USA le mercredi 14 mars 2018

On en est déjà au dixième chapitre de No Surrender, un périple très inégal avec parfois quelques épisodes de gesticulations et des détours superflus. Par exemple était-il vraiment nécessaire d’introduire une nouvelle Lethal Legion constituée de nouveaux personnages quand, à l’évidence, la plupart d’entre eux ne sont là que pour servir de chair à canon ? Même le temps passé à discuter des origines du Challenger peut sembler une diversion. Au dixième épisode, cependant, les scénaristes font dans le dense. Après nous avoir teasé le retour de Hulk en se contentant d’un vague aperçu au fond du trou, le voici qui arrive au premier plan et qui surtout explique son retour. Dans les faits, Hulk est mort dans les pages de Civil War II, il y a un an et demi, puis a été ramené par la Main dans Uncanny Avengers trois mois plus tard et encore dans Secret Empire l’été dernier. Une mort en pointillés et active, qui pourrait minimiser ce retour si les auteurs n’avaient pas clairement potassé leurs dossiers pour donner un sens à tout ça. En un sens un épisode centré sur le pourquoi/comment de Hulk aurait suffi mais bizarrement l’équipe créative a choisi de placer dans ce même numéro l’explication de sens concernant Voyager… Explication qui d’ailleurs ne surprendra pas grand-monde tant elle est prévisible depuis 10 semaines. Enfin, c’est quand même supposé être un point fort de la saga et c’est curieux de voir les scénaristes l’expédier derrière le retour de Hulk… A moins qu’ils en soient eux-mêmes arrivés à la conclusion que ce n’était finalement pas si important.

« I–I thought he was dead. »

Deux dessinateurs se partagent les pages, pour cause de délais, mais Paco Medina se distingue vraiment, en particulier par sa manière de représenter des personnages comme Hulk ainsi que quelques personnages méconnus. Mais – et ce n’est pas la faute des artistes – l’affaire traîne. Car au lieu de se demander quels personnages seraient les plus efficaces pour une histoire marquante, No Surrender se contente d’aligner des membres des trois équipes/titres à ce jour (quatre en comptant Occupy). Parfois c’est bien de voir un coup de spotlight sur des héros secondaires. Lightning ou Red Wolf ont pu profiter de leur moment de gloire. Mais pour quoi faire ? Red Wolf est aux abonnés absents, des personnages comme Cannonball font de la figuration. Si bien que lorsqu’on nous sort Enigma mais aussi le faux Red Hulk (c’est à dire pas Thunderbolt Ross), tout cela manque un peu d’envergure. Du coup, ce n’est pas comme si le combat qui s’annonce pour le 685 semblait destiné à passionner les foules. No Surrender reste très poussif et c’est dommage car pour le coup le retour de Hulk est bien géré.

[Xavier Fournier]