Deadpool n’a jamais été très populaire parmi ses pairs mais il a vraiment fait très fort ces derniers temps, après s’être rangé du côté d’Hydra et joué un rôle dans la disparition d’un de leurs amis. Rajoutez à Wade un nouveau super-pouvoir accidentel et voilà le mercenaire pourchassé de tous les côtés, provoquant encore plus de chaos que d’habitude. Gerry Duggan déclenche le bouquet final non seulement de la série mais en ce qui concerne sa propre ère du sieur Wilson.

Avant-Première VO: Review Despicable Deadpool #300Despicable Deadpool #300 [Marvel Comics]
Scénario de Gerry Duggan & Wade Wilson (si si)
Dessins de Scott Koblish, Matteo Lolli, Terry Pallot, Craig Yeung & Mike Hawkthorne
Parution aux USA le mercredi 9 mai 2018

Dans la catégorie adieu à un personnage, il y a de grandes références. Steve Englehart quittant Captain America/Noman, Steve Gerber s’invitant lui-même dans les pages de Man-Thing, la fin du run de Grant Morrison sur Animal Man, l’ultime épisode de Peter David lors de son premier passage sur Incredible Hulk, le Starman de Robinson ou la conclusion du Green Lantern de Geoff Johns. Non pas qu’il s’agisse ici de lister des œuvres marquantes (Watchmen, Miracleman, tout ça…) mais il y a des occasions où la séparation reste une expérience en soi, un peu comme deux potes de longue date qui s’en vont chacun de leur côté. En ce moment, c’est la saison des adieux chez Marvel, à mesure que l’on passe de l’ère Legacy et au Fresh Start. Bien qu’ayant roulé sa bosse sur Deadpool depuis des années, Gerry Duggan aurait donc toutes les chances d’être noyé dans la masse… si ce n’est qu’il est aux commandes d’une série polymorphe et qu’au bout de quelques pages on s’étonne qu’ils aient le droit de faire ça dans un comic-book. Car ce bouquet final a plutôt la forme d’une gerbe, Wade Wilson semblant désormais condamné à faire… vomir tout ceux qu’il croise. Soyez prévenu, toute la première partie tient bien de l’humour à la Cradots cher à Deadpool, tandis que les deux autres tiers, tout en restant cinglés, permettent de dire au revoir à la supporting team.

« Apology accepted, by the way. »

Deadpool ne sort pas fondamentalement changé de ce 300ème numéro. Ce n’est d’ailleurs pas le but. L’idée est presque de le réinitialiser avant de le transmettre à un auteur suivant, comme une mort symbolique au cours de laquelle Wade s’éloignerait des apports, des rajouts de ces dernières années. Disons que c’est un peu comme si le Docteur se regénérait et laissait derrière lui ses compagnons. Irrévérencieux avec les Uncanny Avengers ou les Champions, l’épisode sait se faire plus intime. C’est finalement un peu l’agent Emily qui personnifie ces dernières années et qui doit, elle aussi se trouver une nouvelle voie. Duggan tire sa révérence dans un numéro tenu par l’écriture, tandis que le dessin, lui, reste basique (il y avait des choses à faire avec le passage dans les souvenirs de Wade, par exemple dans un style façon Aco). Mais Duggan peut partir avec le sentiment d’une mission bien remplie.

[Xavier Fournier]