« Tiré des pages d’Hellboy » nous promet la couverture. Tu m’étonnes… S’il existe d’un côté des complétistes du Mignolaverse (qui guettent tout ce qui peut sortir de l’esprit de l’artiste) et de l’autre ceux qui n’ont d’yeux que pour les exploits d’Hellboy, qui se sont achevés en enfer il y a quelques temps, Mike Mignola et ses collaborateurs ont mis tout le monde d’accord en ouvrant une grande boite à la fin du numéro précédent. Reste à expliquer, à amorcer un virage, et cet épisode fait le nécessaire. On avait besoin d’un expert pour éviter les fins du monde ? Le voici.

B.P.R.D. - The Devil You Know #6B.P.R.D. – The Devil You Know #6 [Dark Horse Comics]
Scénario de Mike Mignola, Scott Allie
Dessins de Sebastian Fiumara et Mike Mignola
Parution aux USA le mercredi 9 mai 2018

Tuer un personnage pour le ramener plus tard n’est pas l’apanage des gros éditeurs. Ainsi les lecteurs ont eu la surprise, il y a quelques semaines, de voir les derniers vestiges du B.P.R.D. partir à la recherche d’une arme de la dernière chance, qu’une vague prédiction leur annonçait sous terre. Et sous la terre ? Un cercueil. Et dans le cercueil ? Regardez la couverture de ce numéro pour comprendre le véritable sens du titre de cette série. Mais Mignola et Allie nous avaient laissés sur notre faim. Parce qu’allez savoir de quoi il s’agissait vraiment et quelle était la portée de ce retour. Pour l’occasion, Mignola reprend le crayon pour quelques pages nous décrivant une scène dans l’au-delà mais le reste est joliment dessiné par Sebastian Fiumara. L’histoire, elle, jongle de manière brillante avec ce qui est centré sur le retour d’Hellboy, l’espoir qu’il génère mais aussi les forces obscures qui n’entendent pas perdre la partie. D’autant qu’elles restent en position dominante.

« The end… The real end… It’s very close now. »

C’est qu’Hellboy n’est pas revenu tambour battant. Au contraire, même. Mignola et Allie lorgnent même sur une figure de style de Whedon dans Buffy en donnant un portrait transformé, distancié, d’un Hellboy marqué par sa mort et son retour. A la grande consternation des agents du BPRD qui ne retrouvent pas franchement le grand guerrier qu’ils attendaient. Non, tuer un personnage pour le ramener plus tard n’est pas l’apanage des gros éditeurs. Mais dans un univers auto contenu, tout reste jouable. Même dans le cadre d’un retour, les deux scénaristes peuvent se permettre de ne pas forcément aller dans le sens où on les attend. Est-ce que le retour d’Hellboy c’est un retour à l’habitude, à ce qui existait avant ? Pas obligatoirement. En tout cas l’équipe créative se garde bien de trancher vite…

[Xavier Fournier]