Après la constitution-éclair du nouvel X-Factor, Leah Williams et David Baldeon reviennent pour une deuxième manche qui a l’avantage d’établir les bases du fonctionnement « habituel » de la nouvelle police des mutants, fonctionnement reposant sur une dynamique de groupe assez riche.

X-Factor #2X-Factor #2 (Marvel Comics)
Scénario de Leah Williams
Dessin de David Baldeon
Parution aux USA le mercredi 26 août 2020

A peine formée X-Factor reçoit, pratiquement sur le pas de la porte, une invitation à une nouvelle enquête qui va entraîner l’équipe du côté de Mojoworld. Ça, c’est pour la forme apparente car en dehors d’un discours sur les médias (anciennement la télévision et désormais plutôt les réseaux sociaux) inhérent à Mojo, X-Factor pourrait aussi bien être sur Asgard ou à Atlantis. Comprendre non pas que la scénarise ne caractérise pas Mojo et les autres. Non. Le travail est fait. Mais clairement ce n’est pas ce qui fait l’attrait d’X-Factor. La bizarrerie des enquêtes, des situations (sorte d’allusion thématique à ce que Peter David avait fait de son X-Factor il y a quelques années) n’est pas l’atout majeur du groupe ou de la série. C’est bien la dynamique totalement imprévisible qui fait que les personnages réagissent les uns aux autres. Rien que Norhstar et Daken assurent une bonne partie du show, au risque parfois d’éclipser un peu certains autres membres. Rachel/Prestige, par exemple, jusqu’ici se singularise surtout par le fait qu’elle a un bébé warwolve (et qu’il faut que quelqu’un lui garde quand elle part en mission). Alors qu’historiquement elle fait partie des mutants qui connaissent le mieux le Mojoworld, cet élément passe clairement à la trappe. Rachel est un peu à l’image du mutisme dont elle fait preuve dans la scène des « tests ». Peut-être que Leah Williams préfère installer d’abord des mutants qui ont connu moins d’occasion de connaître la lumière. Mais clairement cette nouvelle série conserve une grosse marge de progression concernant Rachel. Ironiquement la soeur de Northstar a plus d’espace alors qu’elle n’est qu’une observatrice.

« PLEASE USE YOUR INSIDE VOICES. »

Malgré cette remarque sur Rachel (et en même temps il faut bien dire que, mathématiquement, dans une équipe, il y aura forcément un ou deux membres « moins bien servis ») X-Factor continue sur l’élan du premier numéro, avec des réactions qui sont imprévisibles. Est-ce que Daken fait vraiment exprès de ne pas être sélectionné ? Est-il vraiment décidé à appliquer ses menaces ? Que peut-il arriver aux gens qui sont restés au Boneyard ? On peut dire ce qu’on veut mais ce n’est pas une simple décalcomanie d’un scénario-type des X-Men ou des Avengers. Ne serait-ce parce qu’en deux épisodes cette version d’X-Factor est devenue, peut-être, la série où les personnages parlent le plus ouvertement de leurs relations sentimentales (ça, ok, c’est courant) mais aussi de leur appétit sexuel. Là-dedans le dessinateur David Baldeon joue aussi un rôle puisqu’il donne aux personnages une palette d’expressions différentes. Il n’y a pas que colère, surprise ou joie. La sidération d’Aurora devant la TV, par exemple, est quelque chose de bien véhiculé. En fait l’un des atouts d’X-Factor est cette capacité à être étonné. Les personnages sont tout sauf blasé les envers les autres. Cela donne un sentiment de découverte de l’autre, qui passe aussi bien par la surprise que par l’anticipation (à l’évidence Northstar commence à assez bien saisir quand Daken prépare un sale coup). On a le sentiment que tout peut arriver, basculer, tout en replaçant les personnalités « au centre du village ».

[Xavier Fournier]