Jason Aaron arrive au dernier arc de son run massif sur Thor. Et quoi de plus normal pour sa conclusion que de se fixer sur le Thor vieillard qui a hanté ses écrits depuis l’époque de Thor: God of Thunder ? Avec un Esad Ribic aux dessins pour donner du poids à l’ensemble, aucun personnage n’est à l’abri.

King Thor #1King Thor #1 (Marvel Comics)
Scénario de Jason Aaron
Dessin d’Esad Ribic
Parution aux USA le mercredi 11 septembre 2019

Cela fait sept ans que Jason Aaron veille à la destinée de Thor, à travers différents volumes et différentes versions (Odinson, Jane Foster, le War Thor…). Mais en parallèle il nous a aussi raconté les exploits d’un Thor vieillissant, le « All-Father Thor », régnant sur un univers futur à deux doigts de l’extinction. Alors que la fin est en vue, c’est sur cette période crépusculaire que le scénariste se tourne, en jouant avec quelques éléments déjà introduits bien en amont (comme les trois sœurs Frigg, Ellisiv et Atli) ou tout dernièrement (la bataille commencée dans les derniers numéros de la précédente série de Thor). A ce sujet-là, certaines choses sont rapidement gérées et, même si l’on ne peut penser que le dernier mot est dit, certain(e)s protagonistes n’ont pas, ici, l’importance que l’on pouvait croire ces dernières semaines. Avec un arc intitulé Twilight of the Thunder God et la volonté affichée de boucler la boucle avec le premier volume sur lequel Aaron avait travaillé, on ne dira pas que la dernière page est une grosse surprise. On le sentait venir. Mais au fil de l’épisode Aaron nous montre qu’il est capable de disposer très vite de certains personnages et reste à savoir si le grand méchant apparent est bien celui qui va représenter la menace finale sur l’ensemble de la série.

« It’s about everything that has ever existed. »

Esad Ribic donne de la masse, de la pesanteur, à tout ça, mais avec un style peut-être un peu plus léger que sur Vs ou d’autres projets récents. Il y a quelque chose qu’on pourrait inscrire dans le sillage d’un Moebius ou d’un Arno, moins de matière que dans Secret Wars mais toujours cette gestion des corps où pas un protagoniste n’a le même gabarit que l’autre (ce qui est un bon point, chaque personnage ayant son propre langage corporel). Ribic donne du caractère à l’All-Father Thor, le rapprochant d’un Odin sans en faire pour autant une copie. Avec quelques états d’âmes du roi futur d’Asgard et la logique qu’Aaron a utilisé sur Legacy et Avengers, on se demande quand même si les épisodes à venir de King Thor ne nous réserve pas quelque chose qui serait un peu le pendant apocalyptique des Avengers d’un million d’années avant JC et si on ne croisera pas quelques « Avengers de la fin du monde » ou de la Nouvelle Terre, ce qui de cette série non-plus seulement le parachèvement du run d’Aaron mais aussi de toute son implication récente dans l’univers Marvel.

[Xavier Fournier]