Que faire de Doctor Doom ? Longtemps adversaire farouche des Fantastic Four ou de Squirrel Girl puis, à une époque, devenu l’Infamous Iron Man, ce cher Victor semble ces derniers temps être redevenu un tyran. Seulement voilà, Von Doom ne dit pas toujours que des bêtises. Et lorsqu’il prévient le monde d’une catastrophe imminente. Cantwell et Larroca s’occupent surtout de mettre l’un des plus grands vilains de Marvel dans une situation riche et intéressante.

Doctor Doom #1Doctor Doom #1 (Marvel Comics)
Scénario de Christopher Cantwell
Dessin de Salvador Larroca
Parution aux USA le mercredi 9 octobre 2019

Dans les années soixante-dix il y avait une série titré Marvel Super-Villains Team-Up dans laquelle les bad guys de Marvel (souvent Doom lui-même) s’affrontaient loin de la présence des super-héros. Avec cette série Doctor Doom, Christopher Cantwell retrouve un peu du parfum de cette époque. En effet, en gagnant sa propre série solo le tyran européen ne peut guère continuer à affronter les Fantastic Four (sinon cela ressemblerait aux aventures du quatuor). Alors, bien que s’inscrivant dans la suite directe des événements récents, Cantwell cherche surtout à enrichir le périmètre de Doom, en faisant appel à des choses récentes aussi bien qu’à de très anciens éléments de continuité (comme le visiteur qui vient boire un coup avec lui. Cantwell ne perd pas de temps à se demander qui est Victor, fermé dans son armure. il préfère au contraire l’installer dans un rôle défensif, d’une certaine manière dépassé par les événements. Qui peut prendre par surprise l’un des hommes les plus dangereux de la planète ? Le scénariste place ces pions, avec clairement des plans sur le long terme et une envie d’explorer l’univers Marvel (les deux héros secondaires qui affrontent Doom, par exemple).

« You interrupt me at your own peril, picnic ant! »

Après avoir longtemps dessiné les aventures de Darth Vader, Salvador Larroca illustre celles de son modèle. Mais à en juger par ce premier épisode, l’artiste espagnol a décidé de tourner le dos à son style le plus noir (encore utilisé récemment dans Uncanny X-Men) pour quelque chose qui se rapproche plus de ce qu’il faisait à l’époque où s’occupait des Fantastic avec Chris Claremont. Ce retour à un Doom plus « classique » et plus connu fait que le message de ce premier numéro passe beaucoup plus clairement. Doctor Doom, la série, n’est pas une série sur le seul docteur (ce qui était un peu plus le propos de Bendis et Maleev sur Infamous Iron Man) mais, nuance, un titre sur comment Doom réagit à l’univers Marvel et inversement. C’est plutôt prometteur, même s’il reste à voir si dans le contexte actuel le public existe pour une telle série et si elle va s’inscrire dans la durée. Mais en refermant le fascicule on se dit qu’on aimerait bien en prendre au moins pour deux ou trois ans…

[Xavier Fournier]