Black Widow est l’espionne par excellence de la communauté des héros Marvel. L’insaisissable, la mystérieuse… mais voilà un moment que Natasha n’a pas été un mystère pour ses amis ou même pour le lectorat. Kelly Thompson et Elena Casagrande relancent l’aventurière russe dans ses propres aventures solo en lui donnant, très précisément, une nouvelle vie. Quant à savoir ce qui se passe…

Avant-Première Comics VO: Black Widow #1Black Widow #1 (Marvel Comics)
Scénario de Kelly Thompson
Dessin d’Elena Casagrande
Parution aux USA le mercredi 2 septembre 2020

Quand des auteurs s’attaquent à Black Widow dans sa propre série, il y a une erreur courante. Bien que l’espionne rousse ait disposé de plumes plutôt renommées, il est courant qu’on la « limite » à son rôle d’espionne. Et d’ailleurs les premières de ce premier numéro sembleraient presque aller dans cette direction, Natasha étant utilisée par ses collègues Avengers pour des jobs qu’eux-mêmes se refusent à commettre. Mais à la vérité Black Widow est meilleure quand elle devient une sorte de puzzle insondable et qu’on se demande ce qui lui arrive ou ce qu’elle prépare. Devin Grayson et J.G. Jones l’avaient compris il y a presque un quart de siècle, en jouant sur le vol d’identité. Plus récemment Mark Waid et Chris Samnee l’ont compris en faisant d’elle une fugitive. Et Kelly Thompson, d’emblée, prend cet angle et le relance dans une autre direction, avec une ellipse bien trouvée. Quelque chose est arrivé à Black Widow (et on ne sait pas quoi), qui fait qu’on la retrouve dans un tout nouveau contexte où les règles du jeu semblent différentes. Natasha est-elle une sorte de prisonnière, de victime ? Ou bien s’est-elle acheté une sorte de conduite ? La curiosité est forcément piquée au bout de quelques pages et on comprend bien la scénariste peut nous entraîner sur quelques rebondissements « à tiroir » dans les mois à venir.

« NOW, IF I WAS SOMETHING IMPORTANT, WHERE WOULD I BE? »

Elena Casagrande se tire assez bien des différentes ambiances dictées par le scénario. Que ce soit la scène de bagarre dans le couloir ou de la nonchalance affichée par Natasha dans différentes scènes, on voit que la dessinatrice se pose la question de caractériser les scènes d’action (faire qu’elles ne soient pas interchangeables) sans rien perdre de l’intime dans des moments plus « quotidien ». La narration visuelle, assez vite, sort du tout-venant des récits super-héroïques. Il est difficile d’avoir un avis sur la série naissante tant qu’on ne sait pas précisément quelle est la nature de la « surprise » orchestrée par Thompson et Casagrande mais l’intérêt, clairement, se déclenche déjà…

[Xavier Fournier]