[FRENCH] Après les évènements cataclysmiques de la semaine dernière (qui, dans d’autres séries, auraient aussi pu bien servir de fin de saison), Rick fait face à sa manière tandis que les autres habitants de la prison s’organisent. De leur côté, Michonne et Andrea testent les limites du Governor et de ses ouailles.

La semaine dernière nous n’avons pas eu l’occasion de revenir sur les évènements du quatrième épisode, faute à une grippe carabinée. Mais en un sens ce n’était sans doute pas plus mal tant il aurait été délicat de résumer l’histoire et les rebondissements sans déflorer quoi que ce soit. Le groupe de Rick a été touché durement, avec plusieurs disparus dans des circonstances assez sanglantes. A la troisième saison, les producteurs ne font toujours pas mine de rentrer dans le politiquement correct. Non seulement le gore est au rendez-vous mais on joue aussi avec les codes. Finalement, ce qui restait à trouver dans la série c’est un Rick véritablement hanté, plongé en enfer. Et là, cette semaine, c’est bien ce qu’on nous donne. Un héros brisé qui descend au royaume des morts pour tenter de ramener le cadavre d’un être proche. Mais rien ne lui sera épargné et les spectateurs vont une nouvelle fois prendre la mesure des choses…

La troisième saison s’emballe et fait le ménage dans le casting. Au point d’ailleurs qu’on peut se demander si le feuilleton ne brule pas parfois la chandelle par les deux bouts, après les morts (plus rapides à TV que dans le comic-book) de Dale ou de Sophia. Les disparus de la semaine dernière ont encore accélèré cet effet mais l’hystérie de Rick, qui semble en découler, nous ramène bien plus près du côté sombre dont le personnage fait preuve dans les comics. Les scénaristes ont également évité l’erreur d’un épisode qui serait exclusivement consacré au « spleen » après le choc de la semaine dernière. Si Rick Grimes joue le deuil à sa manière, on alterne également avec d’autres ambiances, comme ce qui se passe au même moment dans la communauté du Governor.

S’il est encore un peu « beau gosse » pour passer pour son homologue de la BD, le leader du village utope commence lui aussi à se rapprocher de son modèle. Y compris au niveau de sa progéniture (je me demandais si le feuilleton oserait s’aventurer sur ce domaine). Michonne est de plus en plus nerveuse, désireuse de partir sans demander son reste… Mais cette andouille d’Andrea a un peu trop goûté au confort et à l’alcool du Governor pour voir le Mal. Un fossé va se creuser entre les deux jeunes femmes. Cet aspect est important car, encore une fois, il faut bien se souvenir qu’on nous en assez peu dit sur Michonne dans la série TV. Son opposition est donc une bonne manière de montrer sa forte tête, les réactions qu’elle provoque… et à quel point il ne faut pas chercher la dame au sabre.

Bien sûr, ce cinquième épisode n’est pas aussi explosif que celui qui a précédé. Mais il est loin de la jouer « calme » et ménage quelques passages acides (comme le sort final du corps recherché par Rick) ou encore la « séance de coiffure » du début. La fin est pour le moins surprenante et semble ouvrir une piste oblique. Une chose est sure, les forces du Governor et la population de la Prison sont sur des trajectoires qui finiront par se croiser. Et semaine après semaine on voit bien à quel point les héros sont poussés à bout, sont de moins en moins des héros. Oui, certaines choses vont beaucoup plus vite dans la version TV. Mais c’est aussi parce que la chronologie du support est différente. Pour l’instant le feuilleton ne donne pas l’impression de gacher des cartouches mais au contraire d’abattre de nouveaux pions, semaine après semaine…

[Xavier Fournier]