Batman et Wonder Woman regardent cet autre Superman comme une bête curieuse depuis qu’il a dévoilé son existence. Mais à un moment il va bien falloir qu’ils apprennent à se connaître. Et Lois Lane est là pour forcer la chose. La « trinité » de DC refait connaissance autour d’un repas en famille

Avant-Première VO: Review Trinity #1Trinity #1 [DC Comics]

Scénario de Francis Manapul

Dessins de Francis Manapul

Parution aux USA le mercredi 21 septembre 2016

Trinity remplace à la fois les titres Batman/Superman et Superman/Wonder Woman en réunissant le trio de tête de la Justice League. Si ce n’est que Bruce Wayne et Diana doivent s’habituer à un Superman venu d’un univers antérieur, qui sait des choses inattendues sur eux. En clair, il convient de reconstruire la complicité de Clark avec les deux autres et ce n’est pas gagné puisque bien entendu Batman et Wonder Woman se méfient d’un surhomme qui ressemble à leur ami mais qui est intérieurement différent, ne serait-ce que parce qu’il est plus humain, plus « famille ». Ce qui est surprenant, par contre, c’est que Superman se méfie autant d’eux, alors qu’il a connu une précédente « trinité » et que son réflexe naturel devrait être d’aller dans ce sens. C’est donc Lois Lane qui s’y colle pour ramener tout ce petit monde à la même table, histoire de tisser des liens. Concrètement Francis Manapul, aux manettes à la fois du scénario et des dessins, s’occupe de qui sont ces gens quand ils ne tapent pas sur des monstres extra-terrestres. Il y a le côté amical qui manque, pour l’instant, aux premiers épisodes de la nouvelle Justice League, qui est plutôt « boulot boulot »…

« A rainbow suite, Bruce ? »

Francis Manapul gère assez bien les angles des trois super-héros (encore qu’on aurait pu s’attendre à ce que Bruce préfère « masquer » sa tenue à la vision X du gamin, à plus forte raison s’il ne lui fait pas confiance). Superman et sa connaissance du monde pré-Crisis/pré-Flashpoint, Batman et sa vision parano des choses et enfin le sentiment perdu de Wonder Woman, assez raccord avec ce qui se passe à l’instant T dans sa propre série. C’est un démarrage très humain, une tranche de vie (c’est assez ironique que l’épisode paraisse la même semaine que Green Lanterns #7, qui a la même approche sociale). Par contre la série Trinity doit encore nous montrer quel sera son fil directeur, une fois ce démarrage dépassé. Est-ce qu’on ne risque pas de tomber dans le même piège que Batman/Superman et se retrouver à explorer les fantômes du passé ? C’est à voir. Mais ce premier numéro est sympathique et les personnages sont présentés de manière vivante.

 

[Xavier Fournier]