[FRENCH] Nous apprenons la disparition de l’artiste Jeffrey Catherine Jones (1944-2011) survenue hier. Jeff Jones se lance dans la BD au début des années 60, commençant par le milieu des fanzines américains (en 1964 il écrit et dessine par exemple The World of Ku!, paru dans les pages de Fantasy Illustrated #2). Assez vite son style très particulier, évoquant la peinture classique, lui faut une place chez l’éditeur Warren (Blazing Combat, Vampirella…) ou King Features (Mandrake, le Phantom…).

En 1972 il fait une entrée dans chez les éditeurs mainstream en produisant quelques couvertures de Wonder Woman. Mais il se tiendra en général à l’écart des super-héros, ses ambiances le prédisposant plutôt au Fantastique ou à l’Heroic Fantasy. Au début des années 70 l’artiste se fait graduellement illustrateur de couvertures de romans, domaine dans lequel Jones se distinguera également. A partir de 1975, il partage également un local (le mythique « Studio ») avec Bernie Wrightson, Mike Kaluta et Barry Windsor-Smith. Jones, qui sera également un fréquent collaborateur du magazine américain Heavy Metal dans les années 80, finira cependant par prendre de la distance avec la BD en tant que telle.

On verra bien son nom dans certaines collaborations épisodiques (comme le Vertigo: Winter’s Edge #2, où il illustre une courte histoire du Sandman de Neil Gaiman) mais son goût pour l’illustration et la peinture l’éloignera petit à petit de la BD (il ne sera plus, en tout cas, aussi productif que dans les années 60-80). A cette raison artistique s’ajoute une réflexion sur son identité, qui la poussera finalement à changer de sexe, signant alors à partir de ce moment du nom de Jeffrey Catherine Jones.

Suite à des problèmes personnels l’artiste sera victime d’une dépression et se retrouvera sans domicile pendant quelques années. Depuis le milieu des années 2000, ces problèmes réglés, elle avait repris la peinture et profitait en particulier des ressources d’internet (son site individuel mais aussi sa page Facebook) pour entretenir le lien avec ses fans et les collectionneurs. Les anglophiles pourront se reporter à une autobiographie assez détaillée de l’artiste, sur son site personnel : http://www.jeffreyjones-art.com/autobiography.html