Avant-Première VO: Review Wonder Woman '77 #1[FRENCH] Il y a un nouveau comic-book numérique de Wonder Woman et cette incarnation de l’amazone ressemble diablement à Lynda Carter. Normal: Wonder Woman ’77 se déroule dans le contexte de l’antique série télé, à la manière de Batman ’66. Encore que DC a choisi d’utiliser la seconde saison comme modèle…

Wonder Woman '77 #1Wonder Woman ’77 #1 [DC Comics] Scénario de Mark Andreyko
Dessins de Drew Johnson
Parution aux USA le mercredi 7 janvier 2015

Mark Andreyko est le scénariste malheureux de Batwoman, qui a hérité de la série et du cahier des charges de DC (le demi-tour total sur les perspectives de mariages de l’héroïne). Il est, en clair, devenu le fossoyeur de la série qui va bientôt s’arrêter. Cette tâche sur le CV pourrait le griller auprès de beaucoup de lecteurs qui ne connaissent que cela de lui. Et pourtant, en d’autres circonstances, Mark Andreyko a au contraire fait des choses formidables (comme sa série Manhunter). C’est loin d’être un mauvais et Wonder Woman ’77 semble destiné à le montrer à un certain public. Sortir un Wonder Woman ’77 était logique après les autres dérivés de séries TV sortis sur ce support. On s’étonnera même que Wonder Woman ait autant tardé et… que dans un premier temps ce ne soit annoncé que comme une sorte de minisérie.

Je dois dire que je suis surpris que DC ait opté de se fonder sur la deuxième saison de la série TV. En général le consensus du public se reporte plutôt vers la première saison, quand Wonder Woman opère dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale, que le côté kitsch se digère mieux et que l’on a en face, en prime, la menace des nazis. L’autre saison se déroule dans les années 70’s et, au demeurant, a beaucoup plus mal vieilli. Et pourtant c’est bien cet autre portrait de Wonder Woman qui a été choisi, Mark Andreyko et Drew Johnson prenant un malin plaisir à nous restituer une ambiance disco (il faut voir Steve Trevor en chemise à col pelle à tarte, largement ouverte sur son poitrail). On devine que le calcul de DC est double : d’abord toujours continuer dans cet effacement du Golden Age (un peu comme la désintégration de la JSA) et faire référence à une culture rétro typée et reconnaissable. Du coup, on a droit à des patineuses soviétiques ou au « Studio 52 » mais c’est assez plaisant et le ton utilisé fait que les choses ne paraissent pas trop dépassées. Mieux: en un sens Andreyko se moque de certaines caractéristiques de ces années-là, avec un recul que la série de l’époque ne risquait pas d’avoir. L’utilisation d’une ennemie célèbre de Wonder Woman dans ce contexte « glitter » est également assez bien vue. De son côté, Drew Johnson est obligé de ménager la chèvre et le chou. On sait qu’en ce genre d’occasion, il est très compliqué de dresser un portrait exact d’une actrice ou d’un acteur, pour des questions de droits à l’image. Mais l’artiste s’en tire cependant avec des détails comme des coupes de cheveux très caractéristiques. Si la Wonder Woman de la couverture est le portrait craché de Carter, celle de l’intérieur fait moins décalcomanie d’écran mais d’une certaine manière, elle fait mieux : à défaut d’être une photographie, elle restitue ses expressions, ses attitudes.

[Xavier Fournier]