Avant-Premire VO: Review Wonder Woman #37

17 décembre 2014 Non Par Comic Box

Wonder Woman #37[FRENCH] Wonder Woman est tiraille entre sa fonction (sa nature d’amazone) et le monde des hommes. Ses semblables comprennent de moins en moins qu’elle passe autant de temps en dehors de leur le. Mais pendant ce temps, l’mergence d’un autre personnage a de quoi surprendre. Dans ce deuxime pisode de son run, Meredith Finch montre mieux son angle sur cette srie.

Wonder Woman #37Wonder Woman #37 [DC Comics] Scnario de Meredith Finch
Dessin de David Finch
Parution aux USA le mercredi 17 Dcembre 2014

Il est difficile de parler sereinement de la Wonder Woman de Meredith et David Finch tant elle fait l’objet d’un dnigrement assez mcanique dans certains cercles. Le rflexe naturel serait donc d’aller dans l’autre sens car, les choses n’tant pas « pires » au point o certains bien-pensants veulent bien le dire, on pourrait tomber dans le pige de la contradiction, de n’en dire que du bien. Circulons au-del des vidences pour dire que la Wonder Woman des Finch a ses zones floues mais aussi ses points forts. Pour les flous, on se reportera plus particulirement vers le dessinateur. Non pas pour dire des choses ahurissantes telles que lon a pu en lire depuis sa nomination sur la srie. Oui, la Diana de Finch et ses amazones sont, dans l’ensemble, cambres et opulentes (ce n’est pas vraiment comme si les Amazones de DC avaient l’habitude de se trancher le sein). Mais enfin – au-del des gots et des couleurs – ce n’est pas plus « offensant » que la Wonder Woman d’Adam Hughes, de Phil Jimenez ou d’autres artistes encore. Depuis des dcennies les amazones sont moules de la sorte. On aime ou on naime pas. Mais on ne peut pas faire comme si David Finch tait le premier agir de la sorte. Dans le cadre de cet usage, de ce code visuel li Wonder Woman, ce n’est pas tant a qui me drange qu’une certaine difficult reprsenter les visages de faon continue. Cest--dire que Wonder Woman, elle-mme prend ou perd dix ans selin les cases. Au point que lorsqu’elle se prsente devant le conseil des amazones, je me suis mis chercher une indication du style « Then… » (« prcdemment… ») tant je pensais que lon nous montrait une scne de son adolescence. Le problme des visages se rpte aussi quand on croise l’homme avec qui Diana s’entrane. Et alors l je dois dire que j’ai pass quelques cases me demander formellement de qui il s’agissait. Superman ? Bruce Wayne ? Dick Grayson ? Un type brun, certes, mais reprsent de faon tellement gnrique qu’il tait difficilement identifiable avant qu’on le nomme dans le texte. C’est sur ce terrain, clairement, que le dessin doit voluer.

Celle avec qui la critique gnralise est particulirement injuste, mon sens, c’est la scnariste Meredith Finch quand certains affirment avec force qu’elle n’crit pas LA Wonder Woman. Et alors l, faisons une distinction importante. Oui, cette Wonder woman-l n’est pas celle qu’crivait Azzarello. Elle est plus dans l’motion (le moment o elle reconnat qu’avec tout ce qui est arriv ces derniers mois elle est au bord du gouffre, par exemple), en un sens plus humaine. Mais cela ne veut pas dire pour autant que Meredith Finch crit un personnage incompatible avec LA Wonder Woman emblmatique et classique. En un sens, je trouve qu’elle revient mme plus la source, avec une texture qui s’approche un peu de la WW des annes 70/80. Azzarello, lui, montrait les amazones massacrant les marins pour obtenir des filles, faon Spartes au fminin. Celles de Meredith Finch font preuve l aussi d’un peu plus d’motions. Certaines enragent, mais d’autres montrent, par exemple, un amour maternel ou filial. Franchement, ce n’est pas dshonorant et lon est loin de la platitude des Wonder Woman de Jodi Picoult il y a quelques annes, qui taient pourtant loin d’tre autant attaqus (peut-tre parce qu’il y avait moins de lecteurs ou lectrices ?). Et puis, bien sr, il y a la fin de l’pisode. Et s’il faut se garder de tirer des conclusions avant d’avoir une vue d’ensemble sur l’arc, l’apparition surprise de ce personnage (que je ne pensais pas revoir autrement que dans le futur « Convergence ») semble l aussi un gage que Meredith Finch vise un certain « canal historique » de Wonder Woman. Comme pour son mari, je pense que la critique aveugle et inconditionnelle ne frappe pas au bon endroit, ou pas sur le bon angle. Je n’ai pas lu ici une « trahison » de la princesse amazone. Par contre, le reproche que lon peut faire tient en la cadence des scnes. En fin de compte cet pisode se lit bien trop rapidement, comme s’il se rsumait quatre scnes. C’est l le vritable problme. Par quel miracle on voudrait nous montrer qu’Azzarello et ses amazones castratrices taient plus « fministes » que Meredith Finch, j’avoue que a me laisse perplexe. Il y a certainement des problmes de rythme dans l’histoire. Mais pour ce qui est du fond, je ne pense pas que la scnariste soit jeter « avec l’eau du bain ». En tout sa dernire page va faire natre bien des esprances et des questions. Elle a intrt ne pas louper la marche dans les pisodes venir…

[Xavier Fournier]