Avant-Premire VO: Review Where Monsters Dwell #3

18 juillet 2015 Non Par Comic Box

[FRENCH] Le spin-off le plus tonnant (et le plus extrieur ?) de Secret Wars continue : Peu de monstres cette fois-ci dans Where Monsters Dwell, alors qu’on s’intresse surtout la civilisation sur laquelle Phantom Eagle et sa compagne de voyage sont tombs la fin de l’pisode prcdent. Mais la situation du hros mle de service se dgrade.

Where Monsters Dwell #3Where Monsters Dwell #3 [Marvel Comics] Scnario de Garth Ennis
Dessins de Russ Braun
Parution aux USA le mercredi 15 juillet 2015

On continue donc avec cette minisrie qui n’a pour seul rapport avec Secret Wars qu’un macaron sur la couverture. Sorti de l, l’intrieur ne fait pas mention rellement de Battleworld, de son dieu, pas de « baron » ou encore de la muraille qui spare chaque secteur. En fait l’histoire crite par Garth Ennis aurait aussi bien pu se passer avant, racontant les aventures d’un aviateur du dbut du XX sicle ayant dcouvert par hasard la Savage Land (ou le Triangle des Bermudes faon Skull The Slayer). Ennis ne subit pas le crossover Secret Wars. Il s’en sert comme un cheval de Troie pour amener, on l’espre, plus de lecteurs lire cette histoire atypique, bien loigne des super-hros de la Marvel. Mme le Phantom Eagle, qui d’habitude est un aviateur costum de manire criarde, en devient un personnage beaucoup plus raliste (quand bien mme le contexte de ses aventures ne l’est pas). Dans des numros prcdents, il m’avait fait penser un peu l’actuel Star-Lord et sa mentalit de « slacker ». Mais, finalement, c’est autre chose…

Where Monsters Dwell, en fait, c’est du Indiana Jones. Mais l o Indiana Jones est connu pour se prendre le bec avec les femmes, le Phantom Eagle est plong dans un rcit o toutes les attentes lies sa masculinit (qu’il est LE sducteur mais aussi le plus fort…) sont systmatiquement remises en cause. De ce fait, Garth Ennis et Russ Braun, l’air de rien, nous donnent un rcit qui parle de la diversit et des rapports entre les sexes mais sans nous coller sous le nez une hrone principale idalise. C’est tout l’inverse. Le focus reste plac sur Karl Kaufmann, un personnage pas vraiment mchant, plutt « beauf » ( sa dcharge il ne fait pas preuve de prjug quand Clem lui explique qui elle est) et sr de son bon droit car les choses ont toujours fonctionn ainsi dans une socit patriarcale. C’est peu de dire qu’ chaque dtour de l’histoire son complexe tacite de supriorit est remis en cause. Du coup, et pour des raisons qui seront videntes la fin de l’pisode pour qui connat un peu la saga de Den, le colosse immortalis par Corben, l’criture d’Ennis me fait ici penser du Jan Strnad (le ton humoristique sur fond de guerre des sexes), au point que je me demande si ce n’est pas un hommage conscient. Reste savoir ce qui arrive Phantom Eagle dans l’pisode suivant, mais les perspectives semblent… rduites, en ce qui le concerne. Au moins, on ne peut pas reprocher Marvel de ne pas prendre de risque, avec cette srie trs diffrente de ce que lon attend dun spin-off .

[Xavier Fournier]