Avant-Première VO: Review Uncanny X-Men #25[FRENCH] Les deux factions des X-Men découvrent les noirs secrets de leur ancien mentor et… tombent des nues. Charles Xavier était donc adepte du système « faîtes comme je dis, ne dîtes pas ce que je fais ». Et il leur laisse sur les bras au moins un cadeau empoisonné. Un de plus, parce que au fil des années la réputation du télépathe en a pris un coup…

Uncanny X-Men #25Uncanny X-Men #25 [Marvel Comics] Scénario de Brian Michael Bendis
Dessin de Chris Bachalo
Parution aux USA le mercredi 3 Septembre 2014

Un jour, le Professeur X a trouvé un mutant trop puissant pour être géré par des moyens traditionnels et… il a mis ses principes de côté pour gérer la chose de manière plus pragmatique. Même si les moyens employés et l’atteinte à l’éthique sont ici différents, Brian Michael Bendis surfe ici sur des éléments qu’il avait déjà utilisés sur Ultimate X-Men (avec le mutant au pouvoir mortel). Le paradoxe, c’est que le Charles Xavier de la lignée Ultimate avait sans doute un cursus plus clean que celui de la continuité classique. Entre les transformations en Onslaught, les « Protocoles Xavier », le fait d’utiliser Tessa en espionne ou de reprogrammer Logan (avec son accord, mais finalement on n’est pas très loin de ce qui se passe ici), Xavier en a fait plus qu’à son tour. Si bien d’ailleurs que l’on peut comprendre, en un sens, que Bendis ne ressorte pas tout. On ne saurait pas par quel bout le prendre. Mais quand même. Même sans vouloir que tout élément de continuité soit continuellement ramené, le lien Xavier-Onslaught aurait sa place ici. Ne serait-ce que parce que cela servirait peut-être à Scott pour mieux faire comprendre sa position. Et puis comme, de toute manière, Onslaught semble être dans l’actu (entre Uncanny Avengers et Axis) ce ne serait pas si tiré par les cheveux que cela. Il me semble que Bendis passe un peu à côté d’un potentiel. Même chose pour Emma Frost, qui était bien utilisée dans l’épisode précédent comme commentatrice (finalement, c’est la seule qui ne croit pas au « rêve » de Xavier). Cette fois elle se fait plus discrète et c’est dommage. Par contre, le scénariste fait une bonne utilisation d’Iceman comme héritier de la voie classique. Maintenant que The Beast a lui aussi transgressé l’éthique (ne serait-ce qu’en voyageant dans le temps), il n’est plus la bonne personne pour s’indigner et Bobby le remplace plutôt bien.

Chris Bachalo se tire une nouvelle fois assez bien de cet épisode. Et c’est sans doute le meilleur dessinateur de cette série. Par contre, on s’habitue un peu à son interprétation des personnages et l’effet de surprise joue de moins en moins. Je me demande s’il ne serait pas temps de le transvaser sur un autre titre où, peut-être, il s’éclaterait plus. C’est efficace mais on l’a connu plus inventif, plus motivé, dans les compositions. Si l’on fait le bilan, tout cela s’équilibre quand même plutôt bien, si ce n’est une pirouette scénaristique un peu regrettable. Le coup de « allez, partez en mission, je vous dirai le reste plus tard » tombe quand même assez à plat. Je peux comprendre, dans un récit mythique, comment le vieux sorcier ne dira la suite que si on lui rapporte un talisman objet d’une quête intermédiaire. Mais dans le cas d’un testament enregistré, qui plus est quand il consiste, peut-être, à envoyer certains héros vers un danger mortel, c’est un peu trop caricatural. Et pour le coup, j’aurais voulu voir la réaction des jeunes X-Men originaux, concernant les actions du mentor. Ce n’est pas mauvais, loin s’en faut, mais se dégage une impression de « peut mieux faire ».

[Xavier Fournier]