[FRENCH] Avec une simplicité désarmante l’androïde Unit s’est invité sur Terre dans le but d’étudier l’humanité et les mutants. Y compris et surtout Hope. Un épisode où, bien que les Vengeurs n’aient qu’un rôle anecdotique, on comprend mieux un certain glissement des relations entre Cyclops et Captain America. Et d’une certaine manière un effritement des liens entre Cyclops… et le reste du monde ?

Uncanny X-Men #10 [Marvel Comics] Scénario de Kieron Gillen
Dessin de Carlos Pacheco, Paco Diaz
Sortie au USA: Mercredi 11 avril 2012

Au fur et à mesure qu’on avance dans les arcs, il devient de plus en plus évident que Kieron Gillen s’est lancé dans une véritable entreprise de déconstruction du rôle de Cyclops comme pilier incontournable des X-Men. Ses ordres sont contredis et ses principaux alliés ne peuvent que constater que de manière croissante son manque d’humanité (avec toute une dimension ironique quand on prend en compte la thématique de la série). La chose est peut-être encore plus apparente en prenant comme menace non pas un Sinister ou un Apocalypse mais un personnage comme Unit (type de création généralement limitée à des apparitions annexes) et en le transformant en danger réel. Du coup les X-Men sont à la peine, le combat n’a finalement rien de joué d’avance (encore que là aussi on peut parler d’ironie constatée dans les dernières pages du numéro). Le résultat est un combat contre un adversaire au demeurant mineur, il est vrai, mais qui au final n’a pas déjà perdu 36 fois en face des X-Men. Même les mutants n’y sont pas habitués, pas préparés… et l’épisode est du coup plus palpitant que d’habitude, instaurant Unit dans un rôle absolument plus secondaire.

Le petit plus, c’est aussi une certain dose d’humour, comme le running gag sur le côté chaud lapin de Namor. Arc après arc, Gillen continue de s’amuser avec ce trait de caractère du personnage (on se souviendra de ses contacts avec une reine non-humaine il y a peu). Cette fois Namor passe de la parole aux actes avec une de ses co-équipières… mais un peu « à l’insu de son plein gré ». L’idée a ceci d’intéressant qu’elle ne soulève pas les ressorts habituels et que le membre du trio amoureux qui n’est pas à la hauteur est, finalement, celui qui n’était pas dans la scène. Des ressorts intéressants, aussi, au niveau de l’auto-détestation de Colossus, dont on ne prend la mesure que sur la fin. Et puis, enfin, il y a cette esquisse de fossé entre les X-Men et les Avengers. L’arc se déroulant avant AvX, j’ai ouvert ce comic-book en me disant « bah ils ont loupé le coche et ne sont pas raccord avec le crossover ». Mais en fait si. Pas sur le plan chronologique mais thématique. Ce numéro nous montre que, déjà avant, les choses n’étaient si parfaites que ça et que, du coup, la manière dont tout bascule dans AvX trouve ici une certaine justification. Et, franchement, on referme le fascicule en se demandant bien ce que l’auteur va faire de cet Unit qu’il a si bien installé dans l’univers des mutants.

[Xavier Fournier]