Avant-Première VO: Review Superman Unchained #4[FRENCH] Tandis que Superman et son nouvel allié repoussent des armes pensées tout spécialement pour éliminer le dernier fils de Krypton, Jimmy Olsen et Lois Lane sont tous les deux (mais chacun de son côté) dans des positions très délicates. Et pendant ce temps-là Lex Luthor complote.

Avant-Première VO: Review Superman Unchained #4Superman Unchained #4 [DC Comics] Scénario de Scott Snyder
Dessin de Jim Lee
Parution aux USA le mercredi 6 novembre 2013

Scott Snyder et Jim Lee continuent d’insister sur le lien qui se forme entre Wraith et Superman. Une relation d’amitié et de rivalité où le plus expérimenté est aussi le plus mystérieux. Wraith est en mesure d’apprendre un ou deux nouveaux tours à Supie et ça forme une alchimie très spéciale, où chacun des deux personnages est souvent convaincu d’avoir raison. Wraith et Superman ont tous les deux un complexe de supériorité qui s’exprime de manière différente. Et dans le même temps, si Wraith cache son origine, il ne fait pas mystère de sa finalité. S’il le faut, un jour, c’est lui qui détruira Superman. Il se passe des choses intéressantes dans cette série mais elles sont souvent mises au second plan, au bénéfice de choses assez génériques (par exemple ici les drones qui attaquent les deux personnages principaux). Ca traine un peu vers le bas l’ambiance et ça tend à nous présenter l’épisode comme une énième bataille peu mémorable alors que tout se passe surtout dans les dialogues Wraith/Superman.

Il est certain qu’on commence à sentir la touche de Scott Snyder dans Superman Unchained et en particulier dans l’écriture de Lex Luthor, qui commence à sonner beaucoup comme le Joker de Death of the Family. Il y a du bon et du mauvais là-dedans : Luthor est un personnage sans doute plus compliqué à écrire qu’il y parait. Il est en un sens trop monolithique et – dans l’absolu – c’est plutôt une bonne chose que Snyder lui ait apporté quelques touches personnelles comme cette fascination pour l’origami. Après… la mise en œuvre de ce nouveau passe-temps semble assez peu crédible et bien souvent grotesque. On avait déjà vu que l’ennemi chauve de Superman s’amusait à « sculpter » des villes entières dans les pages des livres. Là, le petit jeu de « figurines » auquel il se livre devant Jimmy Olsen semble plus crédible. Ca, ce sont des méthodes à la Riddler ou à la Pingouin, c’est bon pour les adversaires de Batman. Mais pour « le » Luthor ? Ca semble dur à accepter. D’autant que (et ça ce n’est pas forcément la faute de Snyder) tout le monde à un peu tendance à écrire SON Luthor ces derniers temps chez DC. Si c’est toujours le propre d’un scénariste de marquer son empreinte et que le jeu des auteurs multiples sur un univers partagé encourage ce fait, c’est quand même un peu gros. On a connu le Luthor de Morrison (qui pouvait justifier sa différence parce que le personnage était plus jeune de cinq ans), le Luthor de Lobdell (essentiellement bagnard, avec une sorte de cicatrice) et puis en ce moment il y a le retour d’un Luthor homogène, à la fois homme d’affaires et porteur d’armure dans le Forever Evil de Geoff Johns. Celui de Snyder me semble prendre comme point de départ celui de Lodbell mais ça semble impossible de réconcilier le Luthor de Snyder et celui de Johns, ne serait-ce qu’en termes de chronologie, sans parler de l’approche. A ce petit jeu, c’est quand même le Luthor de Forever Evil qui me semble réellement parler avec la voix qui convient au personnage, tandis que celui d’Unchained est trop occupé à jouer avec ses pliages. Dommage.

[Xavier Fournier]