[FRENCH] En Amérique, ça craint pour les bad guys. Il y a presque un super-héros par quartier. Pas moyen de braquer une banque tranquille. Et au pire si vous y arrivez, vous vous ferez coincer avant d’avoir pu quitter la ville. Dans ces conditions, autant croupir en prison, tirer son temps en pensant à autre chose. C’est grillé pour les super-gangsters. Sauf évidemment si une raison particulière vous forçait à reformer le gang…

Avengers: Batman #7 [Marvel Comics/Icon] Scénario de Mark Millar
Dessin de Leinil Francis Yu
Sortie aux USA le mercredi 21 mars 2012

Largement annoncé par Millar comme étant le Ocean’s Eleven des super-villains, Supercrooks est… le Ocean’s Eleven des super-villains. Et c’est un peu le problème avec le buzz constant de Millar ces derniers temps, en général l’argument de vente résume tout ou presque dans le concept. Nemesis était annoncé comme un Batman du mal et c’est précisément ce que nous avons lu. Il n’en fut pas toujours ainsi. Par exemple relisez Wanted et vous verrez qu’on a beau savoir que le personnage est l’héritier d’un super-assassin, le reste de la série n’est pas pour autant déterminé par avance. Supercrooks c’est bien. Ce n’est pas mal fait. Mais c’est prévisible (en tout cas sur le premier numéro), un peu comme une formule exécutée en pilote automatique. Faut voir ce que ca donnera par la suite mais espérons que Millar ne se garde pas le twist pour les dernières pages de la série, comme c’est trop souvent le cas ces derniers temps.

Supercrooks c’est bien également parce que c’est caractérisé par le dessin de Leinil Francis Yu, la creative team de Superior se retrouvant sur ce coup-là. Il faut dire que le casting de l’artiste est important car, imaginez que J.G. Jones soit passé par là et cette histoire de super-voleur avec un vieux mentor et une copine sexy aurait pu pousser à la comparaison. Supercrooks c’est bien réalisé. Je ne peux pas dire qu’on s’ennuie. Mais clairement on attend plus que le côté « reformons le gang pour aller faire un dernier coup en Europe ». Peut-être que Millar démarre « piano » pour mieux instaurer les choses par la suite. Pour l’instant c’est bien mais… peut mieux faire…

[Xavier Fournier]