[FRENCH] Le quatrième épisode de Stan Lee’s The Traveler termine essentiellement ce qu’on peut considérer comme l’origine du personnage. Une expérience temporelle a lieu, un accident se produit… et la somme du tout reste assez prévisible. Où est la surprise là dedans ?

Stan Lee’s The Traveler #4 [Boom!] Scénario de Mark Waid
Dessins de Chard Hardin
Sorti aux USA le mercredi 23 février 2011

A force d’avoir exploité le filon, la chose la plus banale qu’on puisse écrire en termes de voyage dans le temps c’est un énième paradoxe temporel. Surtout quand on ne se donne pas la peine d’y mettre un tant soit peu de style ou de sentiment. Moyennant quoi, le lecteur de la série avait pu deviner dès le deuxième épisode qui était réellement Kronus et vers quoi la série convergeait. Au finish, c’est exactement ce qui se produit sans le moindre grain de fantaisie ou de mise en scène. Le côté « ubique » de la chose aurait pu prendre du relief si on l’avait pensé comme un roman de Philip K. Dick ou si on l’avait mis en images à la manière d’une réalisation de Christopher Nolan. Mais il n’y a décidément pas d’ambiance et on peine vraiment à ressentir de l’empathie pour le personnage, surtout quand page après page c’est cliché après cliché et que le sentiment qui prédomine reste « je l’avais vu venir à des kilomètres tellement tout est téléphoné ». Ce n’est décidément pas le Mark Waid d’Irredeemable…

Niveau dessin, Chard Hardin nous livre un épisode de la série qui, sur les quatre produits à ce jour est sans doute l’un des mieux dessinés. Ce qui en théorie est une bonne chose. Dans la pratique cependant, j’ai l’impression que le graphisme a connu des hauts et des bas depuis le lancement du titre. Ce qui en terme de TPB devrait donner un bien curieux résultat, avec des parties beaucoup moins inspirées que d’autres. Tous les titres estampillés « Stan Lee » chez Boom! ne sont clairement pas nés égaux et d’ailleurs parfois ce ne sont pas forcément les meilleurs pitches qui donnent le meilleur résultat. Fade car pas assez original, désagréable parce qu’irrégulier, The Traveler nous laisse, au terme de ce premier arc, sur notre faim et, sauf si un grand sursaut se produisait dans les mois à venir, sans réelle envie d’en savoir plus.

[Xavier Fournier]