Avant-Premire VO: Review Secret Wars #9

14 janvier 2016 Non Par Comic Box

[FRENCH] Secret Wars s’achve cette semaine aux Etats-Unis. Jonathan Hickman et Esad Ribic terminent sur un moment fort, reconstructeur a bien des gards et pas seulement au premier degr. Si tout n’est pas parfait, il y a une grande tendresse tangible envers les principaux personnages concerns. C’est sans doute l’un des lments qui font de ce Secret Wars moderne un crossover qui chappe aux effets de formule marvellienne et qui s’impose sans doute comme « l’event » ayant le plus de caractre depuis Civil War.

Secret Wars #9Secret Wars #9 [Marvel Comics] Scnario de Jonathan Hickman
Dessins d’Esad Ribic
Parution aux USA le mercredi 13janvier 2016

L’important, c’est la chute. Et nous y touchons avec cet ultime pisode de Secret Wars. Inexorablement, l’empire de Doom s’est effondr, les armes se sont neutralises les unes et les autres, menant une situation qui, au final, se dcide sur une poigne de protagonistes (trois ou quatre tout au plus). L’essentiel de l’pisode repose donc sur la succession de deux duels avant d’en arriver la rsolution proprement dite. C’est d’ailleurs peut-tre le reproche que je ferais cette dernire ligne droite : on oublie un peu un certain nombre de protagonistes perdus dans la foule, sans prendre la peine de leur donner eux aussi un sentiment de fin (par contre le clin d’il Miles Morales et l’explication de sa survie est assez bien gr). Pas forcment pour en faire des tonnes mais deux ou trois pages pour marquer le coup sur ce qui est arriv aux compagnons de route de T’Challa et Reed n’auraient pas t un mal. L’effet rciproque et contradictoire, cependant, c’est que du coup Hickman et Ribic disposent d’une certaine place pour faire briller les personnages restants, leur donner l’ampleur et l’attention ncessaire. Tandis que la blogosphre s’agitait cette dernire anne au sujet d’une suppose dtestation chez Marvel des Fantastiques, Hickman les regarde bel et bien avec beaucoup de tendresse, leur rendant un rang de « famille royale » de l’univers Marvel, avec quelques phrases de mtacommentaires sur leur condition.

« Because now I believe in expansion. I believe we endure. »

Tom Breevort s’tait un peu avanc en disant que la fin de Secret Wars n’tait pas spoilable. En fin de compte nous sommes dj fix depuis des mois via d’autres comics sur ce qui arrive certains des personnages. Et pourtant il n’avait pas totalement tort non plus, dans le sens o les dernires pages de Secret Wars ne se racontent pas, elles se ressentent, animes par un surprenant esprit positif. D’habitude, les crossovers, c’est plutt la morosit. On pleure Supergirl, Thor ou que sais-je encore. Allez mettons qu’ la fin de Blackest Night Johns ramenait plein de personnages, OK. Mais dans Secret Wars on est dans un autre registre. L, Hickman installe mieux qu’un happy end : un vrai regard vers l’avant. Il y a une vritable envie de l’univers Marvel mais, plus encore, une envie des Fantastiques, des personnages injustement disparus au fond du top des ventes depuis des annes et dont le prestige n’aura trs certainement pas t amlior par le « four » du film de l’t dernier. Hickman termine sur une note ascensionnelle, un point d’orgue. Et c’est l, aussi, o c’est trs diffrent de ces sagas o on escamote un hros dmod le temps de le faire oublier (mettons Hawkeye, Ant-Man, Jack of Heart, Vision dans Disassembled par exemple) pour le ramener plus tard en fanfare. Je prendrais mme un autre exemple : acteur principal d’Original Sin, Nick Fury Sr n’en finissait pas moins mconnaissable, presque dtruit et pas vraiment utilisable l’avenir sans passer par un cycle de pirouettes. L, Reed et ses proches, c’est tout le contraire. Hickman et Ribic convoquent la fanfare ds cet pisode, rinstallent ces hros sur le trne, leur rendent symboliquement une fonction qui tait la leur depuis 1961. C’est de la reconstruction, pas de la destruction. Justice leur est rendue. Il y a, peut-tre, l aussi une petite facilit sur la manire dont le sort de Ben et Johnny est dcid. Mais globalement c’est grand. Par moments c’est du Kirby, en d’autres c’est du Kubrick. Avec un air de clbration, le scnariste ouvre la voie royale un retour, un jour, des Fantastiques aux affaires. Clairement, Age of Ultron ou Convergence et autres Fear Itself peuvent aller se planquer…

[Xavier Fournier]