[FRENCH] Au lieu d’un retour pur et simple de son creator-owned phare, John Byrne met a mis en scène une véritable déconstruction des Next Men, les premiers numéros semblant les retrouver égarés à travers l’espace-temps ou dans des réalités différentes. Cette fois le scénariste/dessinateur comme à donner des éléments de réponse en morcelant l’équipe en l’espace de quelques pages, tout en faisant référence à un ou deux points liés à la continuité de son concept.

Next Men #4 [IDW] Scénario de John Byrne
Dessins de John Byrne
Sorti aux USA le mercredi 2 mars 2011

Comment le petit groupe soudé des Next Men s’est-il retrouvé séparé ? John Byrne montre ici que les choses peuvent se faire très vite, même si des couples existent, même s’ils ont des relations aussi fortes qu’une fratrie. Alors que Jack est de son plein gré en prison et déjà à l’écart des autres, le reste du groupe pourrait s’en trouver encore plus soudé. Il suffit d’un accident dans une installation industrielle pour mettre le feu aux poudres. Pour que la vie des Next Men bascule dans l’enfer… et d’ailleurs le mot « vie » est exagéré puisque tout le monde ne semble pas s’en sortir vivant. L’épisode est une bonne manière de remettre Bethany sur le devant de la scène. Ce personnage est souvent en retrait (ce qui est aussi un peu du à ses pouvoirs, donc en un sens c’est logique) et sans doute que les lecteurs la percoivent avant tout comme l’amoureuse de Nathan. La mésaventure qui lui arrive ce mois-ci la place dans un contexte radicalement différent, tout en commençant à donner quelques éclaircissements non seulement sur ce qui se passer depuis le début du présent volume (mais aussi dans les dernières scènes du précédent). Et Byrne en profite aussi pour redonner un peu de présence à un personnage encore plus en retrait : le sixième Next Men…

Le créateur de la série semble en grande forme et même retrouver un trait de caractère. Sur ses récents travaux comme Star Trek, il avait quelque chose d’assez atonal, tout en restant efficace. Sur Next Men, oeuvre plus personnelle, il est certain qu’il retrouve une certaine patate. Une chose cependant : ce numéro se lit clairement comme une tranche de TPB plus que comme un fascicule à part entière. La fin de l’épisode est un peu anti-spectaculaire (même si les fans de la série reconnaîtront le costume) là où il me semble que l’auteur avait les moyens de faire un cliffhanger plus péchu, qui n’aurait pas changé sa narration globale (libre à lui, après tout, de considérer le TPB comme le produit fini) mais aurait permis une impression de chapitrage plus agréable pour ceux qui ont choisi de suivre le titre en mensuel.

[Xavier Fournier]