Avant-Première VO : Review New Avengers #51[FRENCH] Un nouvel épisode, assez dense et… totalement schizophrène ! Sous la plume de Bendis, deux équipes graphiques se relaient pour, d’une part, marquer le retour de Dr. Strange dans la série. Privé de ses pouvoirs, ce dernier est maintenant à la recherche de son successeur en tant que Sorcier Suprême. Pendant ce temps, les New Avengers tentent de retrouver un semblant d’organisation dans la clandestinité. L’équipe s’est choisie un nouveau leader, et il n’est pas commode ! Spider-Man sera le premier à en faire les frais… même si le lecteur n’est pas épargné, au cours d’un segment poussif et trop tardif.

New Avengers #51 [Marvel]
Scénario de Brian Michael Bendis
Dessins de Chris Bachalo et Billy Tan
Sortie américaine le mercredi 25 mars 2009

New Avengers #51Alors voilà, comme annoncé en introduction, nous avons vraiment affaire à deux épisodes distincts au sein du même numéro. La bonne nouvelle, c’est que le segment consacré à Dr. Strange, dessiné par le duo Bachalo/Townsend, est tout simplement époustouflant ! Graphiquement, ça fait longtemps que l’on avait pas vu l’auteur de « Steampunk » dans une forme aussi olympique. Et, sur le plan du scénario, cette quête du nouveau Sorcier Suprême est pleine de promesses. Ici, le bon docteur a jeté son dévolu sur Wiccan, des Young Avengers, auquel il passe donner une petite leçon de vie dans un esprit un brin paternaliste, mais avec l’humilité du type qui a tout perdu récemment. Une storyline qui va permetter à Bendis de moissonner ce qu’il a semé dans les pages de la série, notamment concernant The Hood et son accord avec Dormammu. En effet, le nouveau chef de la pègre new-yorkaise fait partie des prétendants au titre. Bachalo est aussi à l’aise dans les pages « à effets spéciaux » que dans celles de « têtes parlantes », lors de la conversation entre Strange et Wiccan. Bref, on attend de voir où tout cela va aller avec une impatience non dissimulée ! Et puis, il y a le segment New Avengers, dessiné par Billy Tan. Et là, selon la formule consacrée, c’est le drame…

En deux mots, nos amis les Vengeurs clandestins décident de se réorganiser un peu suite à l’initiative de Clint Barton (Ronin), qui est allé « outé » publiquement Norman Osborn, révélant qu’il est le Green Goblin, et ce sans consulter personne. Du coup, il est temps de se choisir un leader, en sachant que personne n’a réellement envie de l’être, ou plutôt que tout le monde est capable de se trouver une bonne raison pour ne pas l’être. Jusqu’ici, c’est juste un peu creux. Et puis, tout à coup, on bascule dans le grand n’importe quoi. La raison ? L’équipe, sous l’impulsion de son nouveau chef, décide que Spider-Man doit se démasquer s’il veut rester. On pourra me rétorquer que, là encore, Bendis moissonne des éléments qu’il avait posés dans Alias. Certes, mais il aurait fallu le faire il y a trois ou quatre ans. Entre Civil War et One More Day, la scène était installée pour ce vaudeville super-héroïque, mais non, Bendis préfère nous sortir ça de son chapeau, d’un coup d’un seul. On notera que le prétexte du démasquage était lui aussi largement valide après Civil War, mais on n’en est plus à ça près. Bref, on a vraiment l’impression que le scénariste, en roue libre, nous ressort du tiroir toutes les idées qu’il avait lancées sans jamais avoir le temps de les faire retomber. Le segment sur les New Avengers n’est pas si mauvais (il a au moins le mérite de reposer sur des éléments existants), il a juste trois ans de retard !

[Antoine Maurel]