Avant-Première VO: Review Moon Knight #3[FRENCH] Moon Knight croise d’étranges spectres dans les rues de New York. Des spectres intangibles qui peuvent, par contre, le toucher lui. Un combat inégal s’engage et le chevalier de la vengeance est bon pour retourner chez lui la queue entre les jambes. A moins qu’il ait des options qu’il ne mesure pas encore…

Moon Knight #3Moon Knight #3 [Marvel Comics] Scénario de Warren Ellis
Dessin de Declan Shalvey
Parution aux USA le mercredi 7 mai 2014

On a bien souvent comparé Moon Knight a Batman. Ellis construit sa version de Marc Spector en partant du principe que, comme le justicier de Gotham, Moon Knight a tout un équipement spécialisé qui dépasse la voiture et l’aile volante. On avait pu le voir dès le premier numéro de la série, avec le « costume de ville » du héros. Voici un autre arnachement spécialisé. Finalement le Moon Knight d’Ellis et Shalvey tient aussi du Iron Man de Micheline et Layton, qui avait ses armures à « fonction ». La différence c’est que le scénariste prend soin de conserver la spécificité de son personnage, en équilibre entre le côté « vigilante » new-yorkais et le mysticisme égyptien. Cette fois il s’agit de donner du sens à tout le décorum, à ces salles remplies d’artefacts qui se révèlent non pas une décoration mais aussi un véritable arsenal.

Dans le contexte actuel où tout est prétexte à des arcs en longueur ou a des crossovers, l’approche « un épisode/une histoire » est presque abrupte tellement les conclusions tombent à froid. Mais à certains égards on reconnaît bien la logique de l’auteur de Global Frequency. Warren Ellis vient de nous livrer trois numéros plus fins que les apparences peuvent le laisser entendre. D’une certaine manière il élargit l’envergure du personnage en le faisant opérer là où les autres ne vont pas (ou si peu). Oui, il y a Batman et, oui, il y a Doctor Strange, mais le Chevalier de la Lune est multitache, capable d’en cumuler les facettes. Ellis ne révolutionne pas Moon Knight, il l’augmente, le renforce. Le tout avec une certaine économie d’effets… Bon le terme est peut-être mal choisi dans un épisode riche de spectres. Mais le scénariste reste sur un ton très égal, renforcé par l’inexistence d’une supporting cast. Envoutant.

[Xavier Fournier]