[FRENCH] Alan Gates a un cancer. Il est en phase terminale et dérouille. Perdu pour perdu, il finit par s’interposer lors d’une attaque à main armée. L’agresseur lui tire une balle en pleine tête. Alan est donc transporté aux urgences, où on ne donne pas cher de sa peau. Jusqu’à ce qu’on découvre que ce qu’il a dans la tête n’a rien d’une tumeur. C’est un parasite, dont la présence semble accompagnée de certains pouvoirs.

Malignant Man #1 [Boom]
Scénario de James Wan, Michael Alan Nelson
Dessins de Pitor Kowalski
Sorti aux USA le mercredi 20 avril 2011

Symbiote et cancer ? Soldats génétiquement augmentés ? En théorie Malignant Man devrait nous donner l’impression de passer après pas mal de monde (par exemple Anti-Venom ou Wolverine, griffes à l’appui). En théorie. Dans la pratique James Wan et Michael Alan Nelson ont choisi de ne pas faire d’Alan Gates un personnage magnifique. Au contraire il dérouille et souffre des effets secondaires de sa maladie. Sauf qu’il n’y a pas de maladie, bien sûr, mais le portrait d’un homme réellement diminué qui attend la mort sort, sous cette forme, de ce qu’on a l’habitude de voir dans les récits à super-pouvoirs. Après il y a bien quelques poncifs (comme la « sauveuse », à ce stade mi-Trinity échappée de Néo, mi-Fox de Wanted) mais la manière qu’on a de rencontrer le héros donne vraiment, d’emblée, une tonalité très différente (il sera intéressant de voir si l’effet tient mais comme on est dans le cadre d’une mini, cela ne devrait pas poser de problème).

Pour les dessins Pitor Kowalski a un style assez intéressant, qui m’évoque un peu certains traitements de Kelley Jones. Même si les couvertures (produites par d’autres artistes) semblent promettre un contenu très dynamique, un peu criard. En fait les pages intérieures la jouent beaucoup plus à l’économie (ce qui est là aussi bien vu). Le parasite, pour l’instant, n’a rien d’un symbiote spectaculaire, on l’aperçoit tout juste et c’est le mystère qui prédomine. Malignant Man arrive un peu comme une série qu’on attendait pas, mais c’est une bonne surprise.

[Xavier Fournier]