Avant-Première VO: Review Hyperion #1[FRENCH] Arrivé sur Terre à la faveur des Avengers de Jonathan Hickman et depuis devenu fondateur du nouveau Squadron Supreme, Hyperion vole de ses propres ailes. Une grande première pour cette version du personnage. Mais peut-on réellement lancer une série sur un personnage qui, à la base, est avant tout un pastiche de Superman ? Chuck Wending et Nik Virella semblent bien décidés à montrer que oui…

Avant-Première VO: Review Hyperion #1Hyperion #1 [Marvel Comics] Scénario de Chuck Wending
Dessins de Nik Virella
Parution aux USA le mercredi 23 mars 2016

Bon, disons-le tout de suite, commercialement parlant, je ne donne pas cher de la peau de cette série illimitée sur le long terme, parce qu’en un sens il aurait fallu la lancer un peu plus tôt, à l’époque où Hyperion était un membre des Avengers d’Hickman et un pote de Thor. La réception laborieuse de Squadron Supreme (pourtant par ailleurs une assez bonne série) fait que je pense que le public va le prendre comme un spin-off du Squadron. Surtout que le personnage, à l’exception de deux épisodes centrés sur lui dans Avengers, reste relativement une énigme et donc quelqu’un avec qui une partie du public aura du mal à avoir de l’empathie. Chuck Wending répond à cette problématique en la contournant, en ne bâtissant pas l’histoire autour d’Hyperion. D’ailleurs est-ce vraiment lui ou quelqu’un qu’on prend pour lui ? Une bonne partie de l’épisode creuse cette direction. En fait, Wending et Virella ne font pas un récit de super-héros mais une histoire d’horreur (façon « la Colline a des yeux ») dans laquelle le héros-titre est une figure en retrait. Les auteurs décident donc clairement de ne pas subir le moule surhumain, de ne pas faire d’Hyperion le protagoniste mais le témoin (en tout cas à ce stade).

« I’ve been looking for you. I heard stories. »

Le style de Nik Virella a quelque chose de très différent des habitudes Marvel (encore que cette classification n’est sans doute plus de mise ces dernières années avec l’arrivée de beaucoup d’auteurs aux inspirations diverses). C’est plus une proposition graphique qu’on attendrait d’Image, avec peu de place laissée aux jeux de muscles mais une ambiance alternant entre le minimaliste et le baroque. En fait, à la lecture, ce que font Wending et Virella me fait furieusement penser – sur ce premier numéro, faudra voir sur la longueur – à ce que faisait en d’autres temps un scénariste comme Steve Gerber sur Man-Thing ou surtout sur Omega The Unknow (à plus forte raison parce que celui-ci aussi découlait de Superman), c’est à dire des créatures surhumaines qui, malgré leur caractère hors-normes, ne sont pas le pilier de l’histoire. Typiquement, ce cirque-là, on aurait pu le voir dans une série de Gerber. Pour les raisons expliquées plus haut, je ne prévois pas une longue carrière à la série, mais pour le temps qu’elle durera, elle semble vouloir adopter une structure peu vue chez Marvel (ou DC) ces derniers temps.

[Xavier Fournier]