Avant-Première VO: Review Harley Quinn And Power Girl #1[FRENCH] Dans la série Harley Quinn, il y a quelques mois, le personnage éponyme manipulait une pauvre Power Girl amnésique, convaincue que toutes les deux elles formaient un duo super-héroïque. Et, là-dedans, les auteurs avaient ménagé un trou, une aventure mystérieuse d’Harley et PG dans un autre monde. Cette minisérie a pour but de résoudre ce trou chronologique…

Harley Quinn And Power Girl #1Harley Quinn And Power Girl #1 [DC Comics] Scénario de Justin Gray, Jimmy Palmiotti, Amanda Conner
Dessins de Stéphane Roux
Parution aux USA le mercredi 17 juin 2015

Harley Quinn s’est acharnée quelques mois sur Power Girl… alors pourquoi jouer les prolongations, mettre une rallonge à une saga déjà close ? Parce que, quand on aime, on ne compte pas ! Et très clairement Harley Quinn And Power Girl #1 démarre sans l’impression que l’on tire à la ligne pour en rajouter. Au contraire, les auteurs de l’actuelle série Harley Quinn… sont aussi ceux de l’ancienne série Power Girl d’avant 2011 et dégagent un plaisir communicatif de la confrontation entre deux personnages fétiches. Mieux, Gray, Palmiotti et Conner font comme s’ils n’avaient pas reçu le mémo, comme s’il était toujours permis de puiser dans les ressources pré-2011. Et revoici donc l’univers de Vartox et de ses sujets, qui se souviennent très bien, eux, de l’ancienne Power Girl. En clair, les trois scénaristes jouent à fond sur le folklore de leur série précédente, se moquent des convenances et nous donnent quelque chose de pratiquement psychédélique et délirant, pas seulement parce qu’Harley Quinn est de la partie.

Aux dessins, on retrouve le trop rare Stéphane Roux, dans une prestation qui lui permet de montrer l’étendue de ses talents. Dessiner de jolies filles ? C’est un fait établi depuis des années. Mais le ton caricatural de l’histoire lui demande d’adopter des figures plus caricaturales, plus cartoonesques par endroits. C’est un exercice moins courant dans sa production, en tout pas de la manière dont c’est livré dans ce numéro mais il s’en tire à merveille. Le combo scénario/dessin fonctionnant à plein régime, on ne peut que déjà regretter que ce soit seulement une minisérie. Et même mieux : les scénaristes sont parfaits pour jouer avec une Power Girl paumée, rattrapée par un univers qui n’est pas tout à fait le sien, pilotée par un personnage plus cynique. Et en lisant cela, je me dis que les deux années passées à tourner en rond avec le Worlds Finest de Paul Levitz auraient été avantageusement remplacées si l’on avait confié à Gray, Palmiotti et Conner les mésaventures de Kara et d’Helena Wayne sur Terre. Ou bien alors il faut sérieusement penser à concevoir une série Power Girl à la fin de cette mini pour la donner aux mêmes auteurs. Harley Quinn And Power Girl débute comme une bonne dose de fun…

[Xavier Fournier]