Avant-Premire VO: Review Green Arrow: Rebirth #1

4 juin 2016 Non Par Comic Box

[FRENCH] Oliver Queen continue de protger Seattle. Cette fois, quelqu’un s’en prend aux laisss pour compte de la socit. Les SDF, les anonymes, disparaissent les uns aprs les autres. Il n’y a gure que Green Arrow pour s’en proccuper. Mais tiens, non, il y a aussi cette autre justicire rcemment arrive en ville, cette Black Canary qu’il connait peine. Un petit coup de Rebirth et les choses pourraient bien changer…

Green Arrow: Rebirth #1 [DC Comics] Scnario de Benjamin Percy
Dessins d’Otto Schmidt
Parution aux USA le mercredi 1er juin 2016

Benjamin Percy et Otto Schmidt reprennent en main le destin d’Oliver Queen et nous montrent, en quelques pages, tout ce qui fait que ce personnage, malgr les apparences, n’est pas Batman mais n’est pas non plus Hawkeye. Le voici donc sur la piste d’une organisation qui s’attaque aux pauvres et qui, en cours de route, croise le chemin d’une Black Canary qu’il connait peine. Celle-ci devient alors une vritable observatrice, un peu l’il du lecteur dans cette histoire, puisqu’elle fait vritablement connaissance avec Green Arrow. Et celui-ci, de manire subtile, montre ce qui le distingue de la plupart de ses collgues. Fini le type obsd par la gloire, tel qu’on le montrait dans les premiers « New 52 ». Oliver est quelqu’un qui se proccupe, qui s’il le faut passe lui-mme le shampoing, de faon paternelle, un enfant dmuni. Ce n’est pas Batman, qui aurait dlgu a Alfred. La faiblesse de ce numro, s’il faut en chercher une, elle vient peut-tre d’une tendance insrer les personnages dans une histoire un peu la Snyder/Cour des Hiboux : la ville est corrompue par une organisation avec des gens masqus, en lieu et place des Talons on a des cratures gristres sans grand charisme… Mais dans le mme temps ce n’est qu’une bauche et on sent que les auteurs cherchent avant tout mettre l’accent sur les liens (re)naissants entre Green Arrow et Black Canary…

« It’s all right. We’ve only met once before. »

Etre ractionnaire, c’est bien souvent ragir au prsent en s’enfermant dans le « c’tait mieux » avant. Le lectorat des comics collectionne souvent depuis des annes et on peut le caricaturer comme rfractaire au changement. Mais ce n’est pas forcment vrai et l’histoire du genre est au contraire faite d’volutions. Prenez le Green Arrow des annes 40 et voyez, par exemple, comment Bob Haney et Neal Adams l’ont transform en 1969. De playboy/Boy-scout, il tait pass un activiste fort en gueule, avec un tout nouveau look et une barbiche caractristique. C’tait une avance. Ce n’est donc pas le problme que les New 52 aient chang les choses mais bien que, dans bien des cas, ces choses nouvelles n’arrivaient pas la hauteur de ce qui prcdait. Tout n’tait pas jeter dans les 52 prcdents numros de Green Arrow, Jeff Lemire, en particulier s’est boug pour donner du relief au personnage. Et Andrew Kreisberg et Ben Sokolowski ont import Felicity de la version TV, ce qui faisait sens. Mais le personnage rsultant n’tait pas ce justicier unique au caractre bien tremp. Sans parler de la btise de lui couper toute attache, tout lien, avec Black Canary alors que pourtant le grand public les retrouvait sur le petit cran. Ce constat, DC l’a finalement fait. Et dans la droite ligne du DC Universe Rebirth Special de la semaine dernire, qui officialisait ce manque, Green Arrow: Rebirth puise dans le patrimoine pour en ramener d’urgence ce qui donnait le charme de l’archer vert : sa conscience sociale, son ct grande gueule, sa barbiche et enfin son alchimie bien particulire avec Black Canary. Et tout a en un pisode. Niveau dessin, Otto Schmidt nous donnent des pages pas toujours trs rgulires ou inspires la mme hauteur mais qui se rapprochent parfois, sur certains effets, d’un Sean Gordon Murphy, ce qui n’est donn tout le monde. On verra ce que donnera la srie rgulire Green Arrow une fois relance. Mais en tout cas ce numro-l nous rend le vrai Green Arrow (c’est un peu plus dlicat dire sur Black Canary, qui se dfinit moins pour l’instant), ses motivations et son caractre.

[Xavier Fournier]