Avant-Premire VO: Review Dark Knight III The Master Race #3

25 février 2016 Non Par Comic Box

[FRENCH] On ne peut pas tuer une ide. Le concept de Batman demeure, mais l’homme qui l’incarne est rattrap par le temps, trahi par son corps, plus la hauteur du symbole. Aussi quand un danger menace toute la plante, Bruce Wayne ne peut pas simplement se rfugier derrire le « totem » du Dark Knight. Il lui faut demander de l’aide… A quelqu’un qui n’est peut-tre pas en tat de la donner. Dark Knight III The Master Race revient vers les marottes de Miller depuis le 9/11, savoir l’Occident face au fondamentalisme.

Dark Knight III The Master Race #3 [DC Comics] Scnario de Frank Miller et Brian Azzarello
Dessins dAndy Kubert, John Romita Jr et Frank Miller
Parution aux USA le mercredi 24 fvrier 2016

La race matresse est l. Elle est non seulement kryptonnienne (c’est dire surpuissante) mais aussi anime par un fanatisme religieux qui fait que les surhommes sont capables de se sacrifier pour dtruire des cits entires. Mme si on commence par se dire que les kryptonniens utiliss ici font penser ceux de Zack Snyder dans Man of Steel, le propos religieux se prcise vite. La parabole devient on ne peut plus explicite. Pourtant, il faut bien dire que Frank Miller et Brian Azzarello reviennent des fondamentaux du rcit millerien, savoir le taillage en pice des figures conservatrices (mme Trump est gratign au passage) et l’utilisation de certaines figures narratives. Les « fous de dieu » kryptonniens tiennent ainsi, un certain niveau, du Nuke de « Born Again » en mode « gimme a red ». En un sens, Dark Knight III voque aussi des figures la Ellis (Superman sur son trne de glace = The High dans Stormwatch ou encore les super-terroristes d’Authority et ceux vus dans DKIII). Non pas qu’il s’agisse de dire que Miller et Azzarello suivraient Ellis mais plutt qu’entretemps un certain hritage de Dark Knight s’est dj dispers dans les comics, avec des solutions scnaristiques similaires. Pour autant que Dark Knight III The Master Race puisse sembler basique, il y a deux histoires en une. Celle qui voque la menace globale et l’autre, plus centre sur Wayne, qui finalement en revient un point trs proche du premier Dark Knight. Son corps ne suit plus, il n’est plus Batman et va devoir le redevenir s’il veut semer la peur parmi ses ennemis. Ce qui fera, la fin de la srie, sa russite ou pas, c’est sans doute le choix des scnaristes de faire pencher la balance plus du ct de l’odysse personnelle (Bruce et ses allis) ou de l’identification un peu lourde des adversaires.

« This mean you’re not dead anymore, boss ? »

Aux dessins, Andy Kubert retrouve des accents du style de son pre, en particulier ds qu’il s’agit de montrer un Bruce Wayne rid, marqu par l’ge. L o les deux premiers pisodes semblaient se sentir obligs de marquer un lien avec les cadrages et les ambiances la Miller, Kubert arrive un passage plus naturel pour lui, peut-tre parce que les personnages non-prsents dans les deux premires sagas se multiplient. Mais pas seulement non plus, puisqu’ l’vidence son Superman est plus une version classique du surhomme que celle de Miller. A l’inverse, dans le supplment consacr Green Lantern, le mlange John Romita Jr./Frank Miller dvore en l’espace de quelques cases la personnalit de Romita, pour tourner la caricature de son compre. Et comme en plus cette histoire-l est loin d’tre subtile (le harem du mchant rodant autour du Sphinx…) et qu’en plus on voit venir des kilomtres ce qui va arriver un Green Lantern crit comme Jordan avait le Q.I. d’un enfant en bas-ge, ce supplment est bien mal servi et en tout cas pas la hauteur de l’pisode principal.

[Xavier Fournier]